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Prête-moi à lui
Après cinq ans de mariage, ma femme était enfin enceinte. Ma mère et moi étions sur un petit nuage, impatients d'accueillir ce bébé. Jamais, même dans mes pires cauchemars, je n'aurais imaginé que dès mon départ en mission à l'étranger, elle irait avorter en cachette. Son motif ? Aider son amour de jeunesse à calmer sa famille qui le harcelait pour qu'il se marie. Fou de rage et le cœur brisé, j'ai pris le premier vol de nuit. En poussant la porte de mon propre appartement, je suis tombé sur lui, sortant de ma salle de bain avec une simple serviette autour de la taille. Léa a paru surprise de me voir. « Qu'est-ce que tu fais là ? Ne te fais pas d'idées bizarres. Sa famille est de passage en ville, Maxime avait juste besoin qu'on lui dépanne l'appartement pour deux jours. » En entendant ça, j'ai esquissé un vague sourire. J'ai pris sa main pour la déposer directement dans la sienne. « Dans ce cas, pourquoi je ne te prêterais pas à lui, toi aussi ? » Après cinq ans de mariage, ma femme était enfin enceinte. Ma mère et moi étions sur un petit nuage, impatients d'accueillir ce bébé. Jamais, même dans mes pires cauchemars, je n'aurais imaginé que dès mon départ en mission à l'étranger, elle irait avorter en cachette. Son motif ? Aider son amour de jeunesse à calmer sa famille qui le harcelait pour qu'il se marie. Fou de rage et le cœur brisé, j'ai pris le premier vol de nuit. En poussant la porte de mon propre appartement, je suis tombé sur lui, sortant de ma salle de bain avec une simple serviette autour de la taille. Léa a paru surprise de me voir. « Qu'est-ce que tu fais là ? Ne te fais pas d'idées bizarres. Sa famille est de passage en ville, Maxime avait juste besoin qu'on lui dépanne l'appartement pour deux jours. » En entendant ça, j'ai esquissé un vague sourire. J'ai pris sa main pour la déposer directement dans la sienne. « Dans ce cas, pourquoi je ne te prêterais pas à lui, toi aussi ? » Léa s'est figée. Elle m'a dévisagé, totalement incrédule, avant de serrer les dents. « Nathan, mais qu'est-ce que tu racontes ? » « Je suis ta femme ! Comment tu peux dire un truc pareil, proposer de me prêter à un autre mec ? » J'ai lâché un rire amer. Ce contrat professionnel m'avait vidé : six mois harassants à l'autre bout du monde. Mais la prime était énorme. Au départ, je refusais de partir. Et puis Léa était tombée enceinte. Pour offrir la meilleure vie possible à notre enfant, j'avais ravalé mes doutes et accepté le job. Alors que le chantier touchait à sa fin, je suis tombé sur un post sur le profil de Maxime. Léa était pendue à son bras, jouant officiellement le rôle de sa petite amie sous les félicitations enthousiastes de toute la belle-famille. Et pire encore : elle avait avorté de notre bébé. Voir ça a pulvérisé mon existence. J'ai réservé le premier vol de nuit et j'ai foncé droit chez moi. Et qu'est-ce que j'ai trouvé ? Maxime, déambulant à moitié à poil en sortant de ma propre salle de bain. À cette seconde précise, chaque miette d'amour que j'éprouvais pour elle est morte net. J'ai ricané. « Je vous donne simplement ma bénédiction, à toi et Maxime. » « Après tout, tu viens bien de proclamer haut et fort devant tout le monde que tu es sa copine, non ? » Léa a froncé les sourcils, la colère montant d'un coup. « Nathan ! Tu ne comprends vraiment rien ? Ses parents n'arrêtent pas de lui mettre la pression pour qu'il se case. Il était au bout du rouleau, je lui ai juste rendu service. » « Tu pourrais pas te comporter en homme pour une fois ? Pourquoi tu es toujours aussi mesquin et jaloux ? » En la voyant prendre sa défense, Maxime a baissé la tête d'un air misérable et blessé. « Nathan, si ça te blesse, je peux tout expliquer à mes parents. S'il te plaît, ne te dispute pas avec Léa à cause de moi. » « Même si ma mère me renie ou me massacre, j'assumerai. » Léa s'est aussitôt attendrie pour lui. « Laisse tomber, Maxime ! Il a toujours eu l'esprit étroit. Il n'est bon à rien à part faire des crises de jalousie pitoyables à longueur de journée. » Elle s'est retournée vers moi, l'œil noir. « Nathan, si tu continues ton cirque, pousse pas le bouchon trop loin ! » J'ai explosé de rire devant tant de culot. Pendant nos cinq années de mariage, je l'avais suppliée des dizaines de fois de m'accompagner dans ma région natale. Elle avait toujours refusé sous mille prétextes, prenant des airs dégoûtés sous prétexte que ma famille venait d'un petit coin de campagne sans intérêt. Et pourtant, la voilà qui traversait le pays sans l'ombre d'une hésitation pour aller chez les parents de Maxime. C'était une mauvaise blague. Mon regard est devenu glacial. « Très bien. Oublions tout ça deux secondes. Réponds juste à une question : où est notre bébé ? » « Léa ! Pourquoi tu as tué notre enfant dans mon dos ?! Tu savais à quel point je voulais ce bébé ! » Cinq ans de mariage sans réussir à concevoir. J'avais enchaîné les cliniques de fertilité, les examens invasifs et tous les protocoles médicaux les plus lourds. J'avais tout enduré sans broncher, mais rien ne marchait. Les ragots et les messes basses me collaient à la peau partout où j'allais. À chaque fête de famille, les proches me cuisinaient avec un mélange de pitié et de jugement, au point que j'en venais à redouter la moindre réunion familiale. Ce n'est que cette année, quand Léa était enfin tombée enceinte, que mon honneur avait été lavé. J'avais déjà dépensé une fortune en cours prénataux. J'avais réservé la meilleure clinique privée pour le séjour post-partum et retenu les meilleures nourrices un an à l'avance. Je ne voulais qu'une chose : offrir ce que le monde a de mieux à notre enfant. Ma mère avait même mis sa propre vie entre parenthèses, faisant ses valises pour venir s'installer chez nous et s'occuper de Léa. Léa savait mieux que quiconque ce que ce bébé représentait pour moi. Et elle avait avorté. Le visage de Léa a légèrement pâli. « Nathan, on pourra toujours en faire un autre plus tard. C'était juste beaucoup trop de pression pour nous en ce moment. » Trop de pression ? Quelle excuse lamentable ! En cinq ans de mariage, je ne l'avais jamais laissée lever le petit doigt. Chaque centime que je gagnais allait droit sur son compte. Peu importe à quel point le travail m'éreintait ou me brisait, je n'avais jamais rapporté mon stress à la maison. Elle n'avait pas l'ombre d'une pression. Ce n'était qu'un mensonge éhonté ! Une lueur de mépris a traversé le regard de Maxime, même si sa voix restait douce et contrite. « Nathan, n'en veux pas à Léa. C'est entièrement ma faute. » « Mes parents poussaient tellement. J'ai supplié Léa de m'aider, et elle a fait ça uniquement pour éviter que mes parents se posent des questions si elle débarquait enceinte. » Ces mots m'ont fait bouillir le sang. J'ai décoché mon poing droit en plein dans la mâchoire de Maxime. « Éviter que tes parents se posent des questions ?! Vous avez tué mon bébé pour une raison aussi stupide ?! » J'ai braqué mon regard vers Léa. « Léa, tu as une âme, bordel ? Tu sais très bien que ma mère a le cœur fragile et que son unique souhait était de voir son petit-enfant ! Même si tu n'en voulais pas, tu aurais au moins pu me le dire ! » Folle de rage, Léa m'a repoussé violemment. « Ce n'était qu'un fœtus ! C'est fait, c'est fait ! Pourquoi tu t'en prends à Maxime ?! » Elle s'est précipitée vers lui, inspectant son visage avec une inquiétude paniquée. « Excuse-toi auprès de lui immédiatement ! » « Moi ? M'excuser auprès de lui ?! » Je n'en croyais pas mes oreilles. J'ai serré les poings à m'en faire craquer les phalanges. « Il ne mérite même pas que je respire dans sa direction, alors des excuses, tu peux courir ! » « Vous avez vu ça ? Mon fils s'est acheté ce superbe penthouse entièrement tout seul ! » La voix d'une femme d'âge mûr a résonné alors que la mère de Maxime ouvrait la porte d'entrée, plastronnant bruyamment devant la famille qui la suivait. Dès qu'elle a franchi le seuil et aperçu l'hématome sur la joue de son fils, elle a hurlé : « Qui a fait ça ?! Comment ose-t-on lever la main sur mon fils chez lui ?! » J'ai baissé les bras, sidéré. « De quoi vous parlez, chez lui ? C'est mon appartement. » La mère de Maxime m'a toisé avec un dédain absolu. « Cet endroit appartient à mon fils, Maxime ! Ma belle-fille est juste là. Tu te prends pour qui, toi ? » « Attends... c'est toi, le voyou qui a frappé mon fils, c'est ça ?! » Sa voix est devenue stridente tandis qu'elle me plantait son index sous le nez. Je n'ai même pas pris la peine de lui répondre. J'ai fixé Léa, la voix tremblante de fureur. « Léa. Dis-leur à qui appartient cet appartement. » Léa s'est pétrifiée. Un éclair de culpabilité a traversé ses yeux, et elle est restée là, sans voix. Maxime a ostensiblement exhibé sa mâchoire rougie et a passé un bras possessif autour de la taille de Léa. « Si c'est pas à moi, ce serait à toi, peut-être ? » Sur ces mots, Léa m'a regardé d'un œil de marbre. « Bien sûr que cet appartement est à Maxime. » La mère de Maxime a éclaté d'un rire triomphant. « Vous avez entendu ? Ça sort tout droit de la bouche de ma belle-fille ! » Les proches ont enchaîné, couvrant Maxime d'éloges : « Maxime a vraiment réussi sa vie ! Un penthouse pareil, avec une femme aussi sublime ! » « La prochaine étape, c'est un bébé, hein ? N'oubliez pas de nous inviter pour fêter ça ! » J'étais sur le point d'exploser. Mes poings tremblaient tellement je serrais fort. Voyant mon regard noir, la mère de Maxime m'a pointé du doigt en braillant : « Toi ! C'est toi qui as agressé mon fils ! » « S'introduire chez les gens et les frapper ? Il y a des lois dans ce pays ! » Les yeux injectés de sang, j'ai rugi : « Je suis chez moi ! Les seuls qui doivent dégager d'ici, c'est vous ! » Elle a mis les poings sur les hanches, glapissant comme une furie. « Il est complètement timbré ! » « Qu'est-ce que vous attendez, vous autres ? Foutez ce fou furieux dehors ! » Aussitôt, les hommes de la famille ont avancé, me dévisageant avec hostilité. « Dégage ! Rapproche-toi encore de chez Maxime et on te brise les jambes ! » « Tu oses lever la main sur Maxime ? On va te donner une bonne leçon avant de te jeter sur le trottoir ! »C'est à cet instant précis que ma mère est apparue sur le pas de la porte. Devant ce capharnaüm, elle s'est arrêtée net. « Mais... qu'est-ce qui se passe ici ? » La mère de Maxime lui a sauté à la gorge immédiatement, l'air mauvais. « Vous êtes qui, vous ? C'est l'appartement de mon fils. De quel droit vous entrez comme chez vous ? » Ma mère m'a regardé, totalement désorientée. « Nathan, ce n'est pas chez toi ici ? Comment ça pourrait appartenir à quelqu'un d'autre ? » En voyant leur agressivité, ma mère s'est imaginé le pire. Ses yeux se sont embués de larmes. « Est-ce que... est-ce que tu as perdu l'appartement au jeu ? » Ravalant la fureur amère qui me brûlait la gorge, j'ai esquissé un sourire crispé. « Maman, tu sais bien que je ne joue jamais. C'est compliqué. Je t'expliquerai tout à l'heure. » Ma mère s'est alors tournée vers Léa, d'une voix suppliante : « Léa, dis-moi la vérité. Qu'est-ce qui arrive ? Nathan s'est ruiné dans les paris ? » La mère de Maxime a aboyé : « Vieille folle, qui est-ce que tu appelles ta belle-fille ? C'est la mienne ! » « Ça y est, j'ai compris. Vous êtes venus ensemble pour foutre le bordel ! » « Léa, ma chérie, dis à cette folle à quelle famille tu appartiens ! » Rongeant mon frein jusqu'à l'extrême, j'ai planté mes yeux dans ceux de Léa. « Léa. Est-ce que l'ego de Maxime compte vraiment plus pour toi que ma mère et moi ?! » Léa a hésité. Remarquant son trouble, Maxime a glissé d'une voix feutrée : « Léa, ma mère a le cœur faible. Elle ne supportera pas un choc... » À ces mots, Léa a détourné la tête et a lâché froidement : « Vous êtes complètement malades tous les deux. Je ne sais même pas qui vous êtes. » La mère de Maxime a gonflé la poitrine d'un air suffisant. « Vous entendez ? C'est bien ma fille, ça ! » « Une vieille cinglée et son fils de barjot. Ne venez pas nous pourrir la vie ici. Jetez-les dehors ! » Sur son ordre, les proches nous ont empoignés, ma mère et moi, nous poussant sans ménagement vers le palier. Prise de panique, ma mère se débattait : « Mais enfin, qu'est-ce qui vous prend ?! » « C'est la maison de mon fils ! Et c'est la femme de mon fils ! » *Baffe !* La mère de Maxime a giflé ma mère d'une violence inouïe. « Vieille folle sans gêne ! Il faut t'apprendre les bonnes manières ! » Sous l'impact du coup, ma mère a heurté le mur de plein fouet avant de s'effondrer au sol, inconsciente.« MAMAN !!! » J'ai totalement disjoncté et me suis jeté en avant. Le groupe a reculé d'un coup, sous le choc. La mère de Maxime a blêmi, bafouillant : « On y est pour rien ! Elle est tombée dans les pommes toute seule ! » « N'essayez même pas de porter plainte contre nous pour ça ! » D'une bourrade brutale, elle nous a repoussés dans le couloir et a fait claquer la lourde porte blindée. Mes poings tremblaient, une rage incandescente coulant dans mes veines. Mais je n'avais pas le temps de me venger. J'ai ramassé ma mère dans mes bras et j'ai foncé aux urgences. Le médecin m'a annoncé que son état était critique. Je suis resté assis à son chevet pendant trois heures d'angoisse interminables avant qu'elle n'ouvre enfin les yeux. Je suis sorti quelques minutes pour lui acheter un bouillon chaud, mais à mon retour, Léa et Maxime pénétraient dans la chambre avec une corbeille. Ma voix s'est faite tranchante comme une lame. « Foutez le camp. J'ai pas besoin de votre pitié hypocrite. » Léa m'a foudroyé du regard. « Tu n'as vraiment aucune honte ? » « Si tu n'avais pas mêlé ta mère à tout ça, est-ce que ça aurait dégénéré comme ça ? Je suis venue m'excuser. Que tu acceptes ou pas, c'est ton problème ! » La fureur a explosé dans ma poitrine. « T'excuser ? En apportant des fleurs de deuil et du lait périmé ?! » « Léa, tu ne veux pas t'excuser, tu veux voir ma mère crever ! » Maxime a immédiatement repris son éternelle tête de chien battu. « Nathan, s'il te plaît, n'en veux pas à Léa. On est vraiment venus pour arranger les choses. » « C'est entièrement ma faute. Si Léa n'avait pas accepté de m'aider, elle n'aurait jamais avorté. » Allongée sur le lit, ma mère s'est figée net. Il lui a fallu de longues secondes avant de réussir à articuler, d'une voix tremblotante. « Qu'est-ce que... qu'est-ce que tu viens de dire ? Mon petit-fils n'est plus là ? » « Comment c'est possible ? J'avais déjà acheté des vêtements pour tous les âges... J'avais fait graver une gourmette en argent... et toi... vous... » Avant de pouvoir finir sa phrase, ma mère a plaqué une main contre sa poitrine dans une souffrance aiguë, son visage virant au blanc cadavérique. Le moniteur cardiaque à côté du lit s'est mis à hurler, déclenchant une alarme stridente. Une terreur absolue m'a percuté de plein fouet. « Maman ! Un médecin ! À l'aide ! » Les larmes brouillant ma vue, j'ai hurlé en me précipitant vers la porte. Une lueur de délectation a brillé dans les yeux de Maxime, mais il s'est planté pile devant moi pour me barrer le passage. « Nathan, je suis tellement désolé ! Je ne voulais pas ! Je ne savais pas que ta mère réagirait comme ça ! » « Dégage ! » ai-je rugi, les yeux rouges d'angoisse et de haine. « S'il arrive quoi que ce soit à ma mère, je te jure que je te détruis ! » Léa a froncé les sourcils pour me faire la morale : « Maxime essaie sincèrement de s'excuser. Pourquoi tu es toujours obligé d'être aussi infect ?! » Tout mon corps vibrait de rage. « Dégagez de mon passage ! J'ai pas de temps à perdre avec vos conneries ! » Voyant ma détresse, un sourire narquois a effleuré les lèvres de Maxime. D'un coup, il s'est laissé tomber à genoux devant moi, pleurnichant avec un sens théâtral écœurant. « Nathan, si tu ne me pardonnes pas, je ne me relèverai pas ! » « Je resterai à genoux jusqu'à ce que mort s'ensuive s'il le faut ! » Le cœur de Léa s'est brisé pour lui et elle s'est empressée de le relever. « Maxime, pourquoi tu te mets à genoux devant lui ? Lève-toi ! » Elle s'est ensuite retournée pour me fustiger du regard. « Nathan, tu as poussé Maxime à se mettre à genoux ! Qu'est-ce qu'il te faut de plus ?! » J'ai serré les mâchoires à m'en fendre les dents. « J'ai pas le temps pour votre cirque. Ma mère est en train de mourir ! » J'ai repoussé Maxime pour passer. J'y avais à peine mis de la force, mais Maxime s'est jeté au sol de manière spectaculaire, s'écrasant bruyamment par terre. Léa a pété un câble et m'a attrapé par le col pour me retenir. « Nathan, espèce de sale ingrat ! Comment tu oses le frapper ?! » « Demande pardon à Maxime tout de suite, sinon c'est le divorce ! » À cet instant précis, le bip saccadé du moniteur s'est transformé en une ligne continue, un son long et assourdissant. Le corps de ma mère a lâché prise, inerte. Sa respiration venait de s'arrêter net. Je suis resté pétrifié une fraction de seconde avant de m'arracher à son étreinte pour me jeter sur le lit de ma mère. « Léa ! Non seulement on va divorcer, mais je vais faire payer chacun d'entre vous pour ce que vous avez fait à ma mère !! »C'est alors que l'équipe médicale a défoncé la porte, alertée par les alarmes. Nous avons été expulsés manu militari dans le couloir. Ce n'est qu'à ce moment-là que le visage de Léa a perdu ses couleurs, me fixant avec stupeur. « Qu'est-ce que tu viens de dire ? » « Tu veux divorcer ? » Une lueur malveillante scintillait dans les yeux de Maxime, mais il a fait un pas en avant en prenant des airs de médiateur bienveillant. « Nathan, je me dois d'intervenir. Vous êtes mariés depuis cinq ans. C'est juste un malentendu. » « Tu ne peux pas divorcer de Léa juste parce qu'elle a interrompu une grossesse. Est-ce qu'un bébé qui n'existe même pas compte plus pour toi que ta propre femme ? Ce n'est pas ta couveuse personnelle. » Léa s'est immédiatement emportée à nouveau et m'a bousculé l'épaule sans ménagement. « Nathan, Maxime a raison ! Quel divorce ? Tu essaies juste de me faire du chantage pour que je porte un autre gosse pour toi ! Je ne suis rien d'autre qu'une pondeuse pour ta famille, c'est ça ? » « Laisse-moi te dire un truc : tes menaces ne me font ni chaud ni froid. Mon corps, mon choix ! Si je n'ai pas envie de mener une grossesse à terme, j'avorterai quand ça me chantera ! » J'ai laissé échapper un rire vide, dénué de toute joie. Pendant cinq ans, peu importe la douleur que j'avais endurée ou les rumeurs humiliantes qui avaient circulé sur ma fertilité, je ne l'avais jamais laissée essuyer le moindre reproche. Mes bilans médicaux avaient toujours été impeccables. Ma mère m'avait supplié de faire tester Léa, mais pour préserver sa dignité, j'avais tout endossé. J'avais porté l'étiquette de l'homme « stérile » pendant un demi-décennie. J'avais encaissé les regards réprobateurs et les messes basses moqueuses des amis et de la famille. Tout ça pour protéger ma femme. Et aujourd'hui, elle osait me traiter de monstre qui la considérait comme une vulgaire couveuse. Tout ce que j'avais fait pour elle ne faisait de moi que le plus grand bouffon de la terre. « Bien sûr. C'est ton corps. Avoir un enfant, ne pas en avoir... c'est ton choix. Je m'en fous complètement maintenant. » « Après tout, tu es la meuf de Maxime maintenant, plus ma femme. » Je l'ai fixée avec un regard vide, éteint. La poitrine de Léa se soulevait sous l'effet de la rage, son doigt tremblant pointé droit sur moi. Je venais de lui renvoyer ses propres mots en plein visage, la laissant sans voix. Voyant cela, Maxime est intervenu avec son hypocrisie habituelle. « Nathan, on ne te l'a pas déjà expliqué cent fois ? C'était juste une mise en scène pour mes parents. S'il te plaît, ne sois pas en colère. » « En plus, ta mère a failli y passer rien qu'en apprenant l'avortement. Si elle découvre que vous divorcez, ça ne risque pas de l'achever sur le coup ? » Je n'ai pas pu me retenir plus longtemps. J'ai balancé mon poing en plein milieu de sa figure. Maxime a lâché un cri aigu avant de s'écrouler sur le carrelage. Léa s'est précipitée sur lui, prenant sa joue meurtrie entre ses mains, me hurlant dessus comme une possédée. « Nathan, tu as perdu la tête ou quoi ?! Si tu touches encore à Maxime, ta sale vie ne suffira même pas à réparer ça ! » « J'ai pas le temps pour tes crises de jalousie puériles. Présente-lui des excuses, tout de suite ! Sa mère nous attend à l'appartement ! » Elle protégeait Maxime derrière son dos, le visage déformé par la fureur. Derrière son épaule, Maxime m'a adressé un sourire en coin, narquois et triomphant. J'ai baissé les yeux en laissant échapper un petit rire glacial. « Merci de me le rappeler. Cette bande de parasites squatte toujours mon penthouse. » « J'appelle la police à la seconde pour les faire expulser et porter plainte pour violation de domicile et dégradation. » Les yeux de Léa se sont écarquillés d'effroi et de rage. « Nathan, ose seulement ! Si tu fais ça, je ne te le pardonnerai jamais de toute ma vie ! » Sans ajouter un seul mot, j'ai sorti mon téléphone et composé le 17.