Chassée de mon propre penthouse, je les détruis tous

NovelMaster Terminé
Romance 现实主义-Realistic重生-Reborn

Mon petit ami venait de couler sa boîte. Il n’avait même plus de quoi payer son loyer. Quand il est venu pleurer dans mes bras, il a posé les yeux sur mon penthouse de luxe. Son regard a brillé d'une cupidité écœurante. Ni une, ni deux, il a ordonné à toute sa famille de débarquer. Ses parents ont accouru depuis leur province. Ils vivaient à mes crochets, vidaient mon frigo et claquaient mon argent. Mais au lieu de me remercier, ils me traitaient de panier percé. Tout ça parce que j’avais osé m’acheter un petit cupcake artisanal, ses parents m’ont enfermée dehors, sur le palier. Ils exigeaient que je reste à genoux toute la nuit pour « réfléchir à mes fautes ». « Ton fric ? Mais ma fille, même toi tu appartiens à mon fils ! File droit ou on va te dresser ! » Je me suis défendue. Dans la bousculade, mon copain m’a poussée dans les escaliers. Ma tête a heurté le marbre de plein fouet. Je suis morte dans une mare de sang, les yeux écarquillés d'horreur. Quand j’ai rouvert les yeux, j'étais revenue pile au moment où sa mère me collait une gifle pour ce foutu cupcake. Face à son air arrogant, je n'ai pas hésité une seconde. J’ai composé le 17, rameuté mes gardes du corps et je les ai fait dégager un par un. « Vous me preniez pour une proie facile ? Vous vouliez saigner mon compte en banque ? » « Vous avez trois jours. Vous allez me recracher jusqu’au dernier centime ! » « Mais t'as perdu la tête ? Qui t'a permis de claquer huit euros dans un cupcake ? Tu sais combien de boîtes d’œufs on achète avec huit euros ?! » Une voix aiguë et stridente me vrillait les tympans. Ma vue était encore trouble. La mégère continuait d'aboyer : « Tu jettes par les fenêtres l’argent que mon fils gagne à la sueur de son front ! Espèce d'incapable, je vais t'apprendre à filer doux ! » J'ai cligné des yeux, l'esprit encore embrumé, avant de réaliser : j'étais bien chez moi, dans mon appartement. Monique Meunier, la mère de mon petit ami, me fusillait du regard. Ses joues épaisses tremblaient de rage, et ses yeux semblaient vouloir me carboniser sur place. Mes doigts se sont crispés sur le sac de la boulangerie, écrasant le gâteau à l'intérieur. En voyant mon geste, Monique est devenue hystérique. Elle a levé la main et m'a flanqué une violente gifle. « Tu oses me défier du regard ?! Sale traînée, je vais t'apprendre le respect ! » « Regarde ce que tu as fait, tu as bousillé un gâteau tout neuf ! Aujourd'hui, je te remets les idées en place ! » La brûlure sur ma joue m'a brutalement reconnectée à la réalité. J’avais bel et bien recommencé ma vie. Les humiliations et le calvaire de mon ancienne existence étaient encore gravés au fer rouge dans ma mémoire. Face à cette femme bouffie d'orgueil, une flamme sombre et glaciale s'est allumée au fond de moi. Après deux ans de relation sur les bancs de la fac, Bastien et moi venions d’obtenir notre diplôme. J'avais directement rejoint le groupe familial pour préparer ma succession à la tête de l'entreprise. Bastien, lui, voulait partir de zéro pour bâtir son empire. Pendant des mois, je lui avais injecté des centaines de milliers d’euros en sous-main, espérant le voir réussir. Le problème, c'est qu'il n'avait aucune fibre d'entrepreneur. En six mois à jouer au grand patron, il avait dilapidé chaque euro. Il était tellement fauché qu'il ne pouvait même plus payer sa chambre de bonne. Un soir, en rentrant du boulot, je l'avais trouvé en bas de mon immeuble, sa valise cabine à la main, l'air d'un chien battu. Il m'avait fixé avec des yeux de toutou suppliant. « Valentine, tu es la seule personne sur qui je peux compter dans cette ville... » Il était séduisant. En le voyant ravaler sa fierté pour me supplier, je n'avais pas eu le cœur de le rejeter. Je l'avais fait monter. Comment aurais-je pu deviner qu'en franchissant le seuil de mon duplex de trois cents mètres carrés, ses yeux brilleraient d'une cupidité sans borne ? Il avait dégainé son smartphone pour appeler ses parents au fin fond de leur cambrousse. « Maman, Papa ! J'ai dégoté un palace incroyable en plein centre-ville ! Ramenez-vous tout de suite ! » Ses parents n’avaient pas traîné. Dès le lendemain, ils s’étaient pointés sur mon palier avec des sacs énormes et s'étaient installés sans la moindre gêne. Sans même me demander mon avis, ils avaient annexé ma suite parentale. Bastien s’était calé dans la chambre d’amis, et moi, la véritable propriétaire des lieux, j'avais été reléguée dans la minuscule chambre de service. Quand j'avais dit à Bastien que la situation était totalement absurde, il m’avait balayé d'un revers de main impatient : « Mes parents ont tréché toute leur vie à la campagne. Quel est le problème s'ils veulent profiter un peu du confort maintenant ? » « Valentine, tu disais aimer ma famille. C'est comme ça que tu le prouves ? Si mes parents entendent ça, tu vas leur briser le cœur. »Devant sa tirade, je n'avais pas voulu passer pour la fille superficielle. J'avais pris sur moi et j'avais fait de mon mieux pour les accueillir. Pendant des semaines, ils ont vécu comme des pachas à mes frais. Sa mère utilisait ma crème La Mer à cinq cents euros pour s'hydrater les talons. Son père écrasait ses cigares bon marché directement sur mon canapé en cuir pleine fleur. Ils exigeaient même que je m'agenouille tous les soirs pour frotter les chaussettes de sport de Bastien à la main et lui masser les pieds. Selon eux, c'était un « entraînement » pour devenir une épouse dévouée. Chaque fois que j'essayais de me rebeller, Bastien me coupait l'herbe sous le pied à coups de « valeurs familiales » et de « respect des anciens ». J’étouffais complètement, mais prisonnière de son chantage affectif, j’avalais mes larmes sans oser répliquer. Puis, un soir en rentrant, j'avais aperçu cette pâtisserie artisanale et j'avais craqué pour un cupcake. Mon quotidien était tellement toxique que j'avais juste besoin d'une bouchée de douceur. Mais à peine arrivée devant ma porte, Monique m’avait bloqué le passage, les poings sur les hanches. Elle m’avait planté son doigt boudiné entre les deux yeux, lorgnant le sac avec un mépris écœurant. « Qui t'a donné la permission d’acheter ces cochonneries hors de prix ? Combien t'as gaspillé là-dedans ?! » « C'était pas cher. Juste huit euros. » J'étais épuisée, je ne voulais pas faire de scandale dans les parties communes, alors j'avais répondu doucement. Mais ma réponse l’avait fait vriller. Elle s'était jetée sur moi pour m'enchaîner plusieurs baffes d'affilée. D'une main, elle m'avait tirée par les cheveux pour me fracasser la tête contre le mur. Avec sa force de campagnarde habituée aux travaux physiques, impossible de me dégager. J'avais des vertiges, les oreilles qui sifflaient. Puis Monique m'avait balancé un coup de pied derrière les genoux pour me forcer à m'écrouler au sol. « Espèce de panier percé ! Tu vas rester à genoux dehors toute la nuit pour comprendre la leçon ! » Même avec toute la patience du monde, c'était la goutte de trop. Je m'étais relevée d'un bond et j'avais hurlé. Le vacarme avait fait sortir Bastien et son père. Après avoir écouté la version délirante et mensongère de Monique, ils m'avaient toisée avec des regards noirs. « Les Meunier n'ont pas besoin d'une femme insolente comme toi. À genoux. Tout de suite. » J'étais au bord de la folie. J'avais cherché le regard de Bastien, espérant une once de lucidité. « Bastien ! Tu te rappelles à qui appartient cet appartement ?! » « Toute ta famille vit sur mon dos ! J'achète un gâteau et ta mère me traite comme une criminelle ! Qui est en tort ici, bordel ?! » Mais Bastien s'était avancé, m'avait attrapée par le col, et avait lâché avec une arrogance répugnante : « Dès l'instant où tu entres dans ma famille, ton fric m’appartient, et toi aussi ! Si tu refuses de plier, on te brisera. » J'avais été pétrifiée par son venin. Dès que j'avais repris mes esprits, j'avais hurlé de toutes mes forces : « Va crever en enfer ! C’est fini, toi et moi ! Jamais de la vie je ne t'épouserai ! » « Valentine Rochefort, tu vas la fermer ! » Emporté par la rage, Bastien avait perdu le contrôle. Il m'avait poussée violemment. J'avais perdu l'équilibre, basculant en arrière dans la cage d'escalier. Mon crâne avait explosé contre les marches de pierre. Une marée de sang tiède s'était répandue autour de moi. Juste avant de sombrer dans le noir, j'avais levé les yeux vers lui avec peine. Bastien se tenait en haut des marches. Pas de panique dans son regard, aucun regret. Juste de la froideur, et un sourire narquois. « Une femme rebelle mérite ce qui lui arrive. » En repensant à cette scène, j'ai fixé Monique, qui savourait encore sa gifle. Un rictus glacial a étiré mes lèvres. Dans ma vie d'avant, ma gentillesse m'avait coûté la vie. Dans celle-ci, vous allez tout me rembourser au centuple. J’ai immédiatement envoyé un message urgent sur mon groupe WhatsApp à mes gardes du corps pour qu’ils montent. Puis, sous le regard médusé de Monique, j’ai composé le 17. « Bonjour la police ? Je signale une violation de domicile avec violences en cours. »Mes agents de sécurité étaient postés au rez-de-chaussée 24h/24. Quelques secondes après mon message, six colosses bâtis comme des armoires à glace ont surgi dans les escaliers, encerclant le clan Meunier. Quand j'y repense, j'avais été tellement naïve dans mon ancienne vie. Pour ménager l'ego minuscule de Bastien, j'avais renvoyé la garde rapprochée engagée par mon père. Une erreur qui lui avait permis de me pousser dans le vide. L'amour rend vraiment aveugle. Même un zombie aurait refusé de goûter à mon cerveau tellement j'avais été bête. Mes six gardes faisaient tous plus d'un mètre quatre-vingt-dix. Imposants, silencieux, ils dégageaient une aura intimidante. La vision a instantanément calmé Bastien. Ses yeux se sont écarquillés de terreur. Il a pointé un doigt tremblant vers les colosses, complètement déboussolé. « Valentine... c'est quoi ce délire ? Tu as engagé ces gars-là ?! » Sa réaction était prévisible. Pour ne pas froisser son orgueil de mâle blessé, je ne lui avais jamais étalé la fortune réelle de ma famille. Sous le regard d'acier des agents, le ton rogue de Bastien s’est volatilisé. Fini les insultes, sa voix est devenue toute mielleuse. « Valentine... » Le voir changer de masque avec une telle hypocrisie me donnait envie de vomir de rire. Comment avais-je pu gâcher deux ans de mon existence avec un type pareil ? Comme je ne répondais rien, Bastien a fait un pas hésitant vers moi, tentant d'attraper ma manche. « Valentine, ma mère voulait juste te conseiller... Ce n'est pas la peine d'en faire tout un plat. » « Et puis... je t'ai entendue parler de violation de domicile à la police. Tu ne parlais pas de nous, hein ? » J'ai esquissé un sourire glaçant et j'ai reculé pour laisser mes gardes faire rempart. Je voulais qu'il comprenne qu'il ne me toucherait plus jamais. « Et de qui d'autre, à ton avis, espèce de parasite ? » « Vous squattez mon duplex, vous bouffez sur mon compte, vous claquez mon fric. Je vous ai accueillis comme des invités, et vous vous comportez comme des bêtes sauvages ! » « Je vous donne exactement trente minutes. Ramassez vos fripes et dégagez de chez moi ! » Mes mots ont fait virer Bastien au rouge pivoine. Il me dévisageait avec stupeur. « Valentine Rochefort ! Je suis ton mec ! Tu n'as pas le droit de me traiter comme ça ! » « Tu cherches à ce que je te quitte, c'est ça ?! » Monique a fini par sortir de sa torpeur. En entendant son fils, elle a relevé le menton, gonflé la poitrine et m'a toisée avec un mépris total. « Tu as entendu mon fils ? Présente-moi des excuses immédiatement, sinon il te jette ! » « Tu as beau avoir du fric, tu n'es qu'une fille d'occasion ! » « Dès qu'il t'aura larguée, aucun homme digne de ce nom ne voudra de toi ! » J'ai failli éclater de rire devant tant d'ignorance crasse. J'étais blindée, j'avais un poste en or et une famille surpuissante derrière moi. Elle s'imaginait sérieusement que son rejeton était un trophée ? Si Bastien ne m'avait pas suppliée à genoux pendant des mois à la fac, je ne lui aurais même pas accordé un regard. Avant qu'elle ne finisse son laïus moyenâgeux, je l'ai coupée net : « Vous croyez vraiment que votre fils est une pépite ? Pour moi, c'est juste un étron au milieu du trottoir. » « Faites vos valises et cassez-vous. J'ai pas de temps à perdre avec des minables. » À la seconde où j'ai terminé ma phrase, mes six gardes du corps ont avancé d'un pas synchrone, toisant les Meunier de toute leur hauteur. Gérard Meunier, qui n'avait pas ouvert la bouche, a tapoté la cendre de son vieux cigare avant de lâcher d'une voix rauque : « Valentine, toi et Bastien, ça fait deux ans. Une demoiselle bien élevée ne devrait pas se montrer si ingrate. » « On va partir. Mais on ne peut pas trouver où dormir ce soir dans une grande ville pareille. Laisse-nous juste deux jours. » En l'écoutant, je n'ai pas manqué la lueur sournoise qui brillait au fond de ses yeux. Vous voulez jouer au plus fin avec moi ? J'ai souri. « Très bien. Vous avez deux jours. » Sur ce, j'ai fendu le passage avec mes gardes et j'ai appelé une société de nettoyage de luxe pour désinfecter ma suite de fond en comble. En voyant leurs fringues bon marché et leurs vieilles godasses être balancées sans ménagement dans le salon, Monique a trépigné de rage : « Espèce de sale petite peste... » Dès qu'elle a commencé à m'insulter, six regards meurtriers se sont abattus sur elle. Elle a ravalé sa salive d'un coup sec. « Traîner avec autant d'hommes... quelle honte », a-t-elle marmonné entre ses dents, tout en lorgnant avidement les objets d'art et le mobilier de créateur dans le séjour. J'ai capté ses regards de rapace et j'ai jubilé intérieurement. Allez-y, creusez votre propre tombe. Plus elle sera profonde, mieux ce sera.Le lendemain matin, j'ai délibérément renvoyé mes gardes du corps, laissant la famille Meunier seule dans les lieux pendant que je partais au bureau. Quand je suis rentrée le soir et que j'ai déverrouillé la porte, j'ai trouvé l'appartement complètement saccagé, comme si une équipe de cambrioleurs professionnels l'avait nettoyé de fond en comble. J’ai jeté un coup d'œil discret à la caméra Ring dissimulée dans l'entrée. Feignant la panique, j'ai couru d'une pièce à l'autre pour constater le désastre. Mes gardes du corps, prévenus par message, ont déoulé pour m'aider à faire l'inventaire des disparitions. Le temps de lister le butin manquant, les Meunier étaient introuvables. J'ai frappé du poing sur la table, jouant la fureur absolue : « C'est Bastien, c'est sûr ! Ils m'ont tout volé ! » À peine avais-je prononcé ces mots que Bastien et ses parents ont franchi le seuil, l'air de rien. En voyant le bazar dans le salon, une étincelle de triomphe a traversé le regard de Bastien. Mais il a aussitôt dégainé une mine catastrophée. « Valentine ! Mais qu'est-ce qui s'est passé ? On a été cambriolés ?! » J'ai hoché la tête, le visage sombre. « Tu vois bien. Des voleurs ont raflé tous les objets de valeur. » Monique a poussé un hurlement strident et s'est précipitée vers la chambre d'amis. Elle s'est mise à glapir de manière théâtrale avant de revenir dans la pièce à vivre en me pointant du doigt : « Valentine Rochefort ! Tu vas nous rembourser ! Nos affaires aussi ont disparu ! » Même si je savais pertinemment qu'ils avaient tout manigancé, voir Monique jouer les saintes nitouches m'a foutu la rage. Si je n'avais pas visionné les flux vidéo en direct sur mon téléphone quelques heures plus tôt — à les regarder charger mes sacs de créateurs et mes bijoux dans des cartons —, son jeu d'actrice aurait presque pu faire illusion. Ces gens n'avaient pas une once de conscience. Quand la boîte de Bastien avait fait faillite, je l'avais accueilli par pure gentillesse, et j'avais fait entrer une portée de vipères sous mon toit. Ils avaient tenté la culpabilisation, les menaces, et même la violence physique. Mais dès que mes gardes étaient intervenus, leurs combines avaient échoué. Ne pouvant plus me saigner à blanc, ils avaient tout simplement décidé de me dépouiller pour revendre mes affaires au marché noir. Comme dit le proverbe : « La faim chasse le loup hors du bois. » J'avais sous les yeux l'incarnation même de la cupidité humaine. Tout ce grabuge n'a pas tardé à alerter l'immeuble. Les résidents des étages ont commencé à s'amasser sur le palier, chuchotant et tendant le cou. Voyant le public s'agrandir, Monique a senti le coup parfait. Elle s'est assise par terre, s'est frappé les cuisses et a poussé des cris d'orfraie : « Quelle tragédie ! C'est le mauvais œil ! » « On vivait tranquillement ici sans la moindre histoire. Dès qu'elle veut nous chasser, on se fait cambrioler ! » « C'est le Bon Dieu qui la punit pour avoir traité sa future belle-famille comme des chiens ! » Son numéro d'actrice de foire a provoqué des murmures dans le couloir. Une dame d'un certain âge, vêtue d'un tailleur impeccable, s'est avancée pour comprendre. Monique l'a aussitôt prise à partie en me désignant : « Cette peste veut nous mettre dehors, mon mari et moi ! Elle veut larguer mon fils ! » « Je lui donnais juste des conseils de mère pour qu'elle arrête de flamber ! Et elle, elle pique une crise, insulte mon fils et paye des gorilles pour nous casser la figure ! » Après avoir déversé son venin, Monique a relevé le menton, attendant que l'assemblée me lapide du regard. Mais la vague d'indignation espérée n'est jamais venue. Au contraire, les voisins la regardaient comme si elle venait d'atterrir d'une autre planète. Monique s'est décomposée, la voix hésitante : « Mais... pourquoi vous ne lui dites rien ? » « Elle n'obéit pas à son homme et manque de respect aux aînés ! Comment vous pouvez laisser une fille pareille faire sa loi ?! » Un rictus froid a étiré mes lèvres. Nous étions dans l'une des résidences les plus cotées de la ville. Les gens qui vivaient ici faisaient tous partie de la haute bourgeoisie. Dans ce milieu, les familles n'avaient souvent qu'un seul enfant. Les filles y étaient élevées comme des princesses, choyées par leurs parents et leurs grands-parents. Sur les réseaux, on appelait ça les *filles uniques privilégiées*. Tenter d'écraser une héritière locale devant un parterre de bourgeoises habituées à choyer leurs enfants ? Monique venait de foncer droit dans un mur de béton.

Chapitres (4)

第1章

Mon petit ami venait de couler sa boîte. Il n’avait même plus de quoi payer son loyer. Quand il est venu pleurer dans mes bras, il a posé les yeux sur mon penthouse de luxe. Son regard a brillé d'une cupidité écœurante. Ni une, ni deux, il a ordonné à toute sa famille de débarquer. Ses parents ont accouru depuis leur province. Ils vivaient à mes crochets, vidaient mon frigo et claquaient mon argent. Mais au lieu de me remercier, ils me traitaient de panier percé. Tout ça parce que j’avais osé m’acheter un petit cupcake artisanal, ses parents m’ont enfermée dehors, sur le palier. Ils exigeaient que je reste à genoux toute la nuit pour « réfléchir à mes fautes ». « Ton fric ? Mais ma fille, même toi tu appartiens à mon fils ! File droit ou on va te dresser ! » Je me suis défendue. Dans la bousculade, mon copain m’a poussée dans les escaliers. Ma tête a heurté le marbre de plein fouet. Je suis morte dans une mare de sang, les yeux écarquillés d'horreur. Quand j’ai rouvert les yeux, j'étais revenue pile au moment où sa mère me collait une gifle pour ce foutu cupcake. Face à son air arrogant, je n'ai pas hésité une seconde. J’ai composé le 17, rameuté mes gardes du corps et je les ai fait dégager un par un. « Vous me preniez pour une proie facile ? Vous vouliez saigner mon compte en banque ? » « Vous avez trois jours. Vous allez me recracher jusqu’au dernier centime ! » « Mais t'as perdu la tête ? Qui t'a permis de claquer huit euros dans un cupcake ? Tu sais combien de boîtes d’œufs on achète avec huit euros ?! » Une voix aiguë et stridente me vrillait les tympans. Ma vue était encore trouble. La mégère continuait d'aboyer : « Tu jettes par les fenêtres l’argent que mon fils gagne à la sueur de son front ! Espèce d'incapable, je vais t'apprendre à filer doux ! » J'ai cligné des yeux, l'esprit encore embrumé, avant de réaliser : j'étais bien chez moi, dans mon appartement. Monique Meunier, la mère de mon petit ami, me fusillait du regard. Ses joues épaisses tremblaient de rage, et ses yeux semblaient vouloir me carboniser sur place. Mes doigts se sont crispés sur le sac de la boulangerie, écrasant le gâteau à l'intérieur. En voyant mon geste, Monique est devenue hystérique. Elle a levé la main et m'a flanqué une violente gifle. « Tu oses me défier du regard ?! Sale traînée, je vais t'apprendre le respect ! » « Regarde ce que tu as fait, tu as bousillé un gâteau tout neuf ! Aujourd'hui, je te remets les idées en place ! » La brûlure sur ma joue m'a brutalement reconnectée à la réalité. J’avais bel et bien recommencé ma vie. Les humiliations et le calvaire de mon ancienne existence étaient encore gravés au fer rouge dans ma mémoire. Face à cette femme bouffie d'orgueil, une flamme sombre et glaciale s'est allumée au fond de moi. Après deux ans de relation sur les bancs de la fac, Bastien et moi venions d’obtenir notre diplôme. J'avais directement rejoint le groupe familial pour préparer ma succession à la tête de l'entreprise. Bastien, lui, voulait partir de zéro pour bâtir son empire. Pendant des mois, je lui avais injecté des centaines de milliers d’euros en sous-main, espérant le voir réussir. Le problème, c'est qu'il n'avait aucune fibre d'entrepreneur. En six mois à jouer au grand patron, il avait dilapidé chaque euro. Il était tellement fauché qu'il ne pouvait même plus payer sa chambre de bonne. Un soir, en rentrant du boulot, je l'avais trouvé en bas de mon immeuble, sa valise cabine à la main, l'air d'un chien battu. Il m'avait fixé avec des yeux de toutou suppliant. « Valentine, tu es la seule personne sur qui je peux compter dans cette ville... » Il était séduisant. En le voyant ravaler sa fierté pour me supplier, je n'avais pas eu le cœur de le rejeter. Je l'avais fait monter. Comment aurais-je pu deviner qu'en franchissant le seuil de mon duplex de trois cents mètres carrés, ses yeux brilleraient d'une cupidité sans borne ? Il avait dégainé son smartphone pour appeler ses parents au fin fond de leur cambrousse. « Maman, Papa ! J'ai dégoté un palace incroyable en plein centre-ville ! Ramenez-vous tout de suite ! » Ses parents n’avaient pas traîné. Dès le lendemain, ils s’étaient pointés sur mon palier avec des sacs énormes et s'étaient installés sans la moindre gêne. Sans même me demander mon avis, ils avaient annexé ma suite parentale. Bastien s’était calé dans la chambre d’amis, et moi, la véritable propriétaire des lieux, j'avais été reléguée dans la minuscule chambre de service. Quand j'avais dit à Bastien que la situation était totalement absurde, il m’avait balayé d'un revers de main impatient : « Mes parents ont tréché toute leur vie à la campagne. Quel est le problème s'ils veulent profiter un peu du confort maintenant ? » « Valentine, tu disais aimer ma famille. C'est comme ça que tu le prouves ? Si mes parents entendent ça, tu vas leur briser le cœur. »

第2章

Devant sa tirade, je n'avais pas voulu passer pour la fille superficielle. J'avais pris sur moi et j'avais fait de mon mieux pour les accueillir. Pendant des semaines, ils ont vécu comme des pachas à mes frais. Sa mère utilisait ma crème La Mer à cinq cents euros pour s'hydrater les talons. Son père écrasait ses cigares bon marché directement sur mon canapé en cuir pleine fleur. Ils exigeaient même que je m'agenouille tous les soirs pour frotter les chaussettes de sport de Bastien à la main et lui masser les pieds. Selon eux, c'était un « entraînement » pour devenir une épouse dévouée. Chaque fois que j'essayais de me rebeller, Bastien me coupait l'herbe sous le pied à coups de « valeurs familiales » et de « respect des anciens ». J’étouffais complètement, mais prisonnière de son chantage affectif, j’avalais mes larmes sans oser répliquer. Puis, un soir en rentrant, j'avais aperçu cette pâtisserie artisanale et j'avais craqué pour un cupcake. Mon quotidien était tellement toxique que j'avais juste besoin d'une bouchée de douceur. Mais à peine arrivée devant ma porte, Monique m’avait bloqué le passage, les poings sur les hanches. Elle m’avait planté son doigt boudiné entre les deux yeux, lorgnant le sac avec un mépris écœurant. « Qui t'a donné la permission d’acheter ces cochonneries hors de prix ? Combien t'as gaspillé là-dedans ?! » « C'était pas cher. Juste huit euros. » J'étais épuisée, je ne voulais pas faire de scandale dans les parties communes, alors j'avais répondu doucement. Mais ma réponse l’avait fait vriller. Elle s'était jetée sur moi pour m'enchaîner plusieurs baffes d'affilée. D'une main, elle m'avait tirée par les cheveux pour me fracasser la tête contre le mur. Avec sa force de campagnarde habituée aux travaux physiques, impossible de me dégager. J'avais des vertiges, les oreilles qui sifflaient. Puis Monique m'avait balancé un coup de pied derrière les genoux pour me forcer à m'écrouler au sol. « Espèce de panier percé ! Tu vas rester à genoux dehors toute la nuit pour comprendre la leçon ! » Même avec toute la patience du monde, c'était la goutte de trop. Je m'étais relevée d'un bond et j'avais hurlé. Le vacarme avait fait sortir Bastien et son père. Après avoir écouté la version délirante et mensongère de Monique, ils m'avaient toisée avec des regards noirs. « Les Meunier n'ont pas besoin d'une femme insolente comme toi. À genoux. Tout de suite. » J'étais au bord de la folie. J'avais cherché le regard de Bastien, espérant une once de lucidité. « Bastien ! Tu te rappelles à qui appartient cet appartement ?! » « Toute ta famille vit sur mon dos ! J'achète un gâteau et ta mère me traite comme une criminelle ! Qui est en tort ici, bordel ?! » Mais Bastien s'était avancé, m'avait attrapée par le col, et avait lâché avec une arrogance répugnante : « Dès l'instant où tu entres dans ma famille, ton fric m’appartient, et toi aussi ! Si tu refuses de plier, on te brisera. » J'avais été pétrifiée par son venin. Dès que j'avais repris mes esprits, j'avais hurlé de toutes mes forces : « Va crever en enfer ! C’est fini, toi et moi ! Jamais de la vie je ne t'épouserai ! » « Valentine Rochefort, tu vas la fermer ! » Emporté par la rage, Bastien avait perdu le contrôle. Il m'avait poussée violemment. J'avais perdu l'équilibre, basculant en arrière dans la cage d'escalier. Mon crâne avait explosé contre les marches de pierre. Une marée de sang tiède s'était répandue autour de moi. Juste avant de sombrer dans le noir, j'avais levé les yeux vers lui avec peine. Bastien se tenait en haut des marches. Pas de panique dans son regard, aucun regret. Juste de la froideur, et un sourire narquois. « Une femme rebelle mérite ce qui lui arrive. » En repensant à cette scène, j'ai fixé Monique, qui savourait encore sa gifle. Un rictus glacial a étiré mes lèvres. Dans ma vie d'avant, ma gentillesse m'avait coûté la vie. Dans celle-ci, vous allez tout me rembourser au centuple. J’ai immédiatement envoyé un message urgent sur mon groupe WhatsApp à mes gardes du corps pour qu’ils montent. Puis, sous le regard médusé de Monique, j’ai composé le 17. « Bonjour la police ? Je signale une violation de domicile avec violences en cours. »

第3章

Mes agents de sécurité étaient postés au rez-de-chaussée 24h/24. Quelques secondes après mon message, six colosses bâtis comme des armoires à glace ont surgi dans les escaliers, encerclant le clan Meunier. Quand j'y repense, j'avais été tellement naïve dans mon ancienne vie. Pour ménager l'ego minuscule de Bastien, j'avais renvoyé la garde rapprochée engagée par mon père. Une erreur qui lui avait permis de me pousser dans le vide. L'amour rend vraiment aveugle. Même un zombie aurait refusé de goûter à mon cerveau tellement j'avais été bête. Mes six gardes faisaient tous plus d'un mètre quatre-vingt-dix. Imposants, silencieux, ils dégageaient une aura intimidante. La vision a instantanément calmé Bastien. Ses yeux se sont écarquillés de terreur. Il a pointé un doigt tremblant vers les colosses, complètement déboussolé. « Valentine... c'est quoi ce délire ? Tu as engagé ces gars-là ?! » Sa réaction était prévisible. Pour ne pas froisser son orgueil de mâle blessé, je ne lui avais jamais étalé la fortune réelle de ma famille. Sous le regard d'acier des agents, le ton rogue de Bastien s’est volatilisé. Fini les insultes, sa voix est devenue toute mielleuse. « Valentine... » Le voir changer de masque avec une telle hypocrisie me donnait envie de vomir de rire. Comment avais-je pu gâcher deux ans de mon existence avec un type pareil ? Comme je ne répondais rien, Bastien a fait un pas hésitant vers moi, tentant d'attraper ma manche. « Valentine, ma mère voulait juste te conseiller... Ce n'est pas la peine d'en faire tout un plat. » « Et puis... je t'ai entendue parler de violation de domicile à la police. Tu ne parlais pas de nous, hein ? » J'ai esquissé un sourire glaçant et j'ai reculé pour laisser mes gardes faire rempart. Je voulais qu'il comprenne qu'il ne me toucherait plus jamais. « Et de qui d'autre, à ton avis, espèce de parasite ? » « Vous squattez mon duplex, vous bouffez sur mon compte, vous claquez mon fric. Je vous ai accueillis comme des invités, et vous vous comportez comme des bêtes sauvages ! » « Je vous donne exactement trente minutes. Ramassez vos fripes et dégagez de chez moi ! » Mes mots ont fait virer Bastien au rouge pivoine. Il me dévisageait avec stupeur. « Valentine Rochefort ! Je suis ton mec ! Tu n'as pas le droit de me traiter comme ça ! » « Tu cherches à ce que je te quitte, c'est ça ?! » Monique a fini par sortir de sa torpeur. En entendant son fils, elle a relevé le menton, gonflé la poitrine et m'a toisée avec un mépris total. « Tu as entendu mon fils ? Présente-moi des excuses immédiatement, sinon il te jette ! » « Tu as beau avoir du fric, tu n'es qu'une fille d'occasion ! » « Dès qu'il t'aura larguée, aucun homme digne de ce nom ne voudra de toi ! » J'ai failli éclater de rire devant tant d'ignorance crasse. J'étais blindée, j'avais un poste en or et une famille surpuissante derrière moi. Elle s'imaginait sérieusement que son rejeton était un trophée ? Si Bastien ne m'avait pas suppliée à genoux pendant des mois à la fac, je ne lui aurais même pas accordé un regard. Avant qu'elle ne finisse son laïus moyenâgeux, je l'ai coupée net : « Vous croyez vraiment que votre fils est une pépite ? Pour moi, c'est juste un étron au milieu du trottoir. » « Faites vos valises et cassez-vous. J'ai pas de temps à perdre avec des minables. » À la seconde où j'ai terminé ma phrase, mes six gardes du corps ont avancé d'un pas synchrone, toisant les Meunier de toute leur hauteur. Gérard Meunier, qui n'avait pas ouvert la bouche, a tapoté la cendre de son vieux cigare avant de lâcher d'une voix rauque : « Valentine, toi et Bastien, ça fait deux ans. Une demoiselle bien élevée ne devrait pas se montrer si ingrate. » « On va partir. Mais on ne peut pas trouver où dormir ce soir dans une grande ville pareille. Laisse-nous juste deux jours. » En l'écoutant, je n'ai pas manqué la lueur sournoise qui brillait au fond de ses yeux. Vous voulez jouer au plus fin avec moi ? J'ai souri. « Très bien. Vous avez deux jours. » Sur ce, j'ai fendu le passage avec mes gardes et j'ai appelé une société de nettoyage de luxe pour désinfecter ma suite de fond en comble. En voyant leurs fringues bon marché et leurs vieilles godasses être balancées sans ménagement dans le salon, Monique a trépigné de rage : « Espèce de sale petite peste... » Dès qu'elle a commencé à m'insulter, six regards meurtriers se sont abattus sur elle. Elle a ravalé sa salive d'un coup sec. « Traîner avec autant d'hommes... quelle honte », a-t-elle marmonné entre ses dents, tout en lorgnant avidement les objets d'art et le mobilier de créateur dans le séjour. J'ai capté ses regards de rapace et j'ai jubilé intérieurement. Allez-y, creusez votre propre tombe. Plus elle sera profonde, mieux ce sera.

第4章

Le lendemain matin, j'ai délibérément renvoyé mes gardes du corps, laissant la famille Meunier seule dans les lieux pendant que je partais au bureau. Quand je suis rentrée le soir et que j'ai déverrouillé la porte, j'ai trouvé l'appartement complètement saccagé, comme si une équipe de cambrioleurs professionnels l'avait nettoyé de fond en comble. J’ai jeté un coup d'œil discret à la caméra Ring dissimulée dans l'entrée. Feignant la panique, j'ai couru d'une pièce à l'autre pour constater le désastre. Mes gardes du corps, prévenus par message, ont déoulé pour m'aider à faire l'inventaire des disparitions. Le temps de lister le butin manquant, les Meunier étaient introuvables. J'ai frappé du poing sur la table, jouant la fureur absolue : « C'est Bastien, c'est sûr ! Ils m'ont tout volé ! » À peine avais-je prononcé ces mots que Bastien et ses parents ont franchi le seuil, l'air de rien. En voyant le bazar dans le salon, une étincelle de triomphe a traversé le regard de Bastien. Mais il a aussitôt dégainé une mine catastrophée. « Valentine ! Mais qu'est-ce qui s'est passé ? On a été cambriolés ?! » J'ai hoché la tête, le visage sombre. « Tu vois bien. Des voleurs ont raflé tous les objets de valeur. » Monique a poussé un hurlement strident et s'est précipitée vers la chambre d'amis. Elle s'est mise à glapir de manière théâtrale avant de revenir dans la pièce à vivre en me pointant du doigt : « Valentine Rochefort ! Tu vas nous rembourser ! Nos affaires aussi ont disparu ! » Même si je savais pertinemment qu'ils avaient tout manigancé, voir Monique jouer les saintes nitouches m'a foutu la rage. Si je n'avais pas visionné les flux vidéo en direct sur mon téléphone quelques heures plus tôt — à les regarder charger mes sacs de créateurs et mes bijoux dans des cartons —, son jeu d'actrice aurait presque pu faire illusion. Ces gens n'avaient pas une once de conscience. Quand la boîte de Bastien avait fait faillite, je l'avais accueilli par pure gentillesse, et j'avais fait entrer une portée de vipères sous mon toit. Ils avaient tenté la culpabilisation, les menaces, et même la violence physique. Mais dès que mes gardes étaient intervenus, leurs combines avaient échoué. Ne pouvant plus me saigner à blanc, ils avaient tout simplement décidé de me dépouiller pour revendre mes affaires au marché noir. Comme dit le proverbe : « La faim chasse le loup hors du bois. » J'avais sous les yeux l'incarnation même de la cupidité humaine. Tout ce grabuge n'a pas tardé à alerter l'immeuble. Les résidents des étages ont commencé à s'amasser sur le palier, chuchotant et tendant le cou. Voyant le public s'agrandir, Monique a senti le coup parfait. Elle s'est assise par terre, s'est frappé les cuisses et a poussé des cris d'orfraie : « Quelle tragédie ! C'est le mauvais œil ! » « On vivait tranquillement ici sans la moindre histoire. Dès qu'elle veut nous chasser, on se fait cambrioler ! » « C'est le Bon Dieu qui la punit pour avoir traité sa future belle-famille comme des chiens ! » Son numéro d'actrice de foire a provoqué des murmures dans le couloir. Une dame d'un certain âge, vêtue d'un tailleur impeccable, s'est avancée pour comprendre. Monique l'a aussitôt prise à partie en me désignant : « Cette peste veut nous mettre dehors, mon mari et moi ! Elle veut larguer mon fils ! » « Je lui donnais juste des conseils de mère pour qu'elle arrête de flamber ! Et elle, elle pique une crise, insulte mon fils et paye des gorilles pour nous casser la figure ! » Après avoir déversé son venin, Monique a relevé le menton, attendant que l'assemblée me lapide du regard. Mais la vague d'indignation espérée n'est jamais venue. Au contraire, les voisins la regardaient comme si elle venait d'atterrir d'une autre planète. Monique s'est décomposée, la voix hésitante : « Mais... pourquoi vous ne lui dites rien ? » « Elle n'obéit pas à son homme et manque de respect aux aînés ! Comment vous pouvez laisser une fille pareille faire sa loi ?! » Un rictus froid a étiré mes lèvres. Nous étions dans l'une des résidences les plus cotées de la ville. Les gens qui vivaient ici faisaient tous partie de la haute bourgeoisie. Dans ce milieu, les familles n'avaient souvent qu'un seul enfant. Les filles y étaient élevées comme des princesses, choyées par leurs parents et leurs grands-parents. Sur les réseaux, on appelait ça les *filles uniques privilégiées*. Tenter d'écraser une héritière locale devant un parterre de bourgeoises habituées à choyer leurs enfants ? Monique venait de foncer droit dans un mur de béton.

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