Elle m'a largué dans ma propre Lamborghini

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J'étais en train de distribuer des flyers dans la rue quand j'ai aperçu ma copine, Inès, en train d'embrasser Maxence, le playboy du campus, dans une sportive ultra voyante. Ses vêtements étaient froissés, et la scène ne laissait aucune place au doute. J'ai toqué à la vitre. Maxence a jeté un œil à Inès et a demandé : — C'est qui, lui ? Inès, toujours blottie contre lui, a ricané : — Juste un pauvre raté. Si tu veux, je le jette tout de suite. Elle l'a embrassé une dernière fois, est sortie de la voiture sans même m'accorder un regard, et s'est éloignée d'un pas hautain. Maxence s'est passé la langue sur les lèvres — là où Inès venait de poser les siennes — et m'a toisé d'un air méprisant : — Casse-toi, mec. Une bombe pareille, c'est fait pour les vrais mecs qui ont les moyens de l'entretenir. Je suis resté d'un calme olympien. — Mon ex, je m'en fous complètement. Par contre, dis-moi… pourquoi t'es assis au volant de ma caisse ? Son sourire arrogant s'est volatilisé d'un coup. Il m'a fixé, totalement dérouté : — Qu'est-ce que tu racontes ? Ta caisse ? J'ai tendu le bras, ouvert la boîte à gants et sorti la carte grise. — Tu vois ça ? Il y a mon nom dessus. Alors, qu'est-ce que tu fous là-dedans ? Tu comptais me la voler ? Je préviens la police tout de suite ou tu préfères sortir ? Le visage de Maxence est devenu écarlate. Il s'est extirpé de la bagnole en trébuchant et s'est mis à bégayer : — Non, non, s'il te plaît, appelle pas les flics ! Mon père est proprio d'un garage auto. J'ai vu cette caisse garée à l'atelier, je l'ai trouvée trop stylée… Je l'ai juste empruntée pour faire un tour. Pitié, porte pas plainte ! J'ai haussé le ton : — Empruntée ? Ça s'appelle un vol ! Depuis quand un garagiste prête les bolides de ses clients à son gamin pour qu'il aille faire le kéké ? Il a baissé les yeux, penaud : — Je suis désolé, mec… vraiment. J'ai lâché un soupir en essayant de garder mon sang-froid : — On va d'abord inspecter la carrosserie. Pendant que je faisais le tour, il n'osait plus ouvrir la bouche. Et là, évidemment : un bel enfoncement sur le capot avant. Je l'ai foudroyé du regard : — Et ça, c'est quoi ? En panique totale, il a tout déballé : — C'est pas moi, je te jure ! C'est ta copine ! Elle a voulu s'asseoir sur le capot pour faire des stories et des photos Insta. Elle a tout posté sur ses réseaux, tu peux vérifier, c'est elle ! J'ai dégainé mon téléphone pour regarder son compte, mais impossible de voir ses publications. Maxence m'a tendu son propre écran : — Elle t'a bloqué. Regarde sur mon fil. Effectivement, les photos étaient bien là : Inès prenant la pose de manière aguicheuse sur mon capot, avec des légendes pleines d'emojis provocants. J'ai esquissé un sourire amer : — Parfait. Ça me fera une excellente preuve pour l'assurance et la justice. Préparez-vous tous les deux à recevoir une assignation. Maxence a blêmi : — Ça… ça va coûter combien ? J'ai haussé les épaules : — Facilement 15 000 euros. Sa mâchoire s'est décrochée. — Mais c'est elle qui a tout bousillé ! Pourquoi c'est moi qui devrais payer ? J'ai levé les yeux au ciel : — T'as des notions de responsabilité légale ou bien ? Tu lui as filé les clés de ma bagnole sans autorisation, vous êtes complices tous les deux. J'ai bien peur que le garage de ton daron ne fasse aucun bénéfice cette année. Le soi-disant séducteur du campus s'est littéralement effondré en larmes : — Mais quelle c*nne ! Je lui avais pourtant dit que le capot était en fibre de carbone ! Sur ce genre de supercar, faut attendre que ça refroidisse avant de s'asseoir dessus ! Mais non, fallait absolument que Madame fasse ses photos de m*rde ! Mes parents triment jour et nuit, et moi je plonge à cause d'elle ! Je me suis installé au volant et j'ai composé le numéro d'un expert pour constater les dégâts. Je n'avais pas le temps de l'écouter chialer. Alors que je remontais la vitre, il a couiné entre deux sanglots : — Mais pourquoi c'est toi qui as du fric ? Inès m'a dit que t'étais juste un smicard en galère qui distribuait des prospectus dans la rue ! Je l'ai toisé : — Je ne distribuais pas ces flyers pour un patron. Les restos et boutiques de la rue principale ? Ils sont à moi. Je faisais la promo de mes propres affaires. Il est resté sans voix. J'ai fermé la vitre, coupant net ses lamentations.À la seconde où je démarrais, j'ai reçu un message d'Inès : *« Puisque tu as tout vu, c'est terminé entre nous. Ne m'en veux pas : c'est pas de ma faute si tes parents ne peuvent pas t'offrir une vraie vie. Je préfère pleurer dans une Lamborghini que rire sur ton vieux vélo ! »* J'ai buggé deux secondes. Sachant que je possède à la fois la Lamborghini et le vélo, elle est censée pleurer ou rigoler ? J'ai voulu lui répondre : *« On se voit au tribunal. »* Mais le message ne partait pas. Elle venait de me bloquer sur WhatsApp. Sérieusement ? Elle me bloque après avoir ruiné ma bagnole ? Quel culot. Elle me doit au moins 10 000 balles de réparations. Hors de moi, j'ai filé direct à sa résidence étudiante. Rien à foutre que ce soit le bâtiment des filles : je venais récupérer ce qui m'appartenait. C'était le milieu de la matinée, la plupart des étudiants étaient en cours. Les couloirs étaient déserts. Arrivé devant sa porte, au moment où je levais la main pour frapper, j'ai entendu des éclats de voix à l'intérieur. — T'as vraiment fait ce que je t'ai dit ? demandait une voix de fille. Inès a répondu : — Ouais. Je lui ai fait croire que je prenais la pilule. L'autre fille semblait surexcitée : — Trop bien ! J'ai surveillé ta période d'ovulation, c'est le timing parfait. Si tu tombes enceinte, t'assures ton avenir avec lui. Une fois le gosse en route, il aura plus le choix : tu feras officiellement partie d'une famille blindée ! Inès a hésité : — Et s'il me force à avorter ? L'autre a ricané : — T'inquiète pas pour ça. Dès que le test est positif, on lui met la pression pour qu'il assume. T'as quand même largué ton mec pour lui, il osera jamais refuser ! Je suis resté pétrifié devant la porte. Inès ne se contentait pas d'être infidèle. Elle avait carrément manigancé un piège à bébé pour s'incruster chez des bourges. Est-ce qu'elle sera toujours aussi fière de son plan foireux quand elle découvrira que la bagnole appartenait au « pauvre type » qu'elle venait de jeter ? J'ai toqué sèchement. Quand Inès a ouvert et m'a vu, son visage s'est décomposé d'agacement : — On a rompu. Tu fous quoi ici ? Écoute-moi bien : être fauché, c'est une chose, mais être fauché et s'accrocher comme une sangsue, c'est juste pathétique. Elle était persuadée que je venais la supplier à genoux. Ses deux colocs se sont postées derrière elle. Parmi elles, j'ai reconnu sa meilleure amie, Ambre, celle-là même qui montait le complot à l'instant. Elle me fusillait du regard. Avant même que j'en place une, Ambre a aboyé : — Arrête de te mettre en travers du bonheur d'Inès ! Laisse-la vivre sa meilleure vie avec un vrai mec ! Je les ai dévisagées, incrédule. Depuis quand tromper son mec sur le capot de la caisse d'un autre, ça s'appelle « chercher le bonheur » ? Quand on avait commencé à sortir ensemble, Inès me balançait tout le temps des remarques passives-agressives du genre : *« L'amour d'un homme se mesure à ce qu'il est prêt à dépenser pour sa femme. »* Et Ambre en rajoutait constamment une couche. Influencé par leurs discours toxiques, j'avais claqué pas mal de fric pour elle : restos, fringues, cadeaux… Mais aujourd'hui, je n'étais pas là pour la reconquérir. J'étais là pour récupérer mes affaires. J'ai dit calmement : — Très bien, on rompt. Mais le smartphone que tu tiens dans la main ? C'est moi qui l'ai payé. Rends-le-moi. Je n'ai volontairement pas mentionné la Lamborghini. Connaissant Inès, elle se remettrait à ramper à mes pieds si elle savait que la voiture m'appartenait. Pour l'instant, je voulais juste solder les comptes. Inès a froncé les sourcils, d'un ton glacial : — Franchement, t'es tombé bien bas pour être aussi radin. Tu peux pas penser à mes sentiments deux minutes ? Je suis resté sans voix face à tant d'hypocrisie.Parler de sentiments alors qu'elle venait de me trahir ? Quelle blague. Ambre a soudain éclaté de rire en se cachant la bouche : — Inès, tu captes pas son manège ? Il en a rien à faire de ton téléphone ! C'est juste un prétexte bidon pour que tu culpabilises et que tu restes avec lui. Inès a esquissé un sourire supérieur : — Ah, mais oui, je comprends mieux ! Tu crois que je vais renoncer à rompre juste pour garder un stupide portable ? Laisse-moi te rappeler un détail : je suis avec quelqu'un de riche, maintenant. Ton téléphone, je m'en fous royalement ! Elle a levé le menton avec fierté. Ambre a surenchéri : — Grave ! Te laisse pas intimider par ce loser. J'ai regardé le prix de la Lamborghini de Maxence sur le net : elle vaut des centaines de milliers d'euros. T'acheter le dernier modèle, ce sera de l'argent de poche pour lui ! Inès a gloussé : — Très bien, je te le rends, ton pauvre portable. Mais avant, laisse-moi passer un dernier appel. Je vais te montrer devant qui tu t'écrases. Je me doutais qu'elle parlait de Maxence. C'était plutôt comique : quand j'avais déposé ma caisse au garage de son père, le daron se plaignait justement de ne plus pouvoir payer son loyer d'atelier. Inès a composé le numéro, et Ambre l'a encouragée : — Mets le haut-parleur ! Qu'il entende bien la différence entre un vrai bonhomme et un crevard ! Inès a hoché la tête, toute contente de son effet, et a activé le haut-parleur. Dès que la tonalité s'est arrêtée, la voix d'Inès s'est faite sirupeuse et mielleuse : — Bébé ? Mon ex est dans ma chambre, il me force à lui rendre le téléphone qu'il m'a offert… Sans téléphone, comment je vais faire pour te contacter ? Mais au lieu des mots doux attendus, un rugissement a jailli du haut-parleur : — ESPÈCE DE TARÉE ! Ose encore m'appeler et je te jure que je te défonce ! Si je te recroise sur le campus, je te massacre ! *Bip. Bip. Bip.* La ligne s'est coupée. Inès et Ambre sont restées figées sur place, bouche bée. Pendant de longues secondes, un silence de mort a régné dans la piaule. C'est Ambre qui s'est reprise la première. Hors d'elle, elle a attrapé un livre sur son lit et me l'a jeté à la figure : — C'est de ta faute ! T'as forcément été baver sur elle dans son dos ! Le visage d'Inès est monté en température, rouge d'humiliation et de rage : — Mais oui ! Il m'a jamais parlé sur ce ton avant ! Qu'est-ce que tu lui as raconté sur moi, espèce de malade ? T'es répugnant ! J'ai soupiré, à bout de patience : — J'ai pas dit un mot sur toi. Rends-moi mes affaires et j'arrache. Inès s'est mise à hurler : — Si t'as rien dit, pourquoi il me traite comme ça ?! J'ai levé les yeux au ciel. Pas besoin d'avoir fait Polytechnique pour comprendre. Ses séances photos sur mon capot avaient causé des milliers d'euros de casse. Maxence, qui avait « emprunté » la sportive de son père en douce, se retrouvait endetté jusqu'au cou. Forcément qu'il avait la haine contre elle. Ambre a craché son venin : — Tu vois, Inès ? C'est exactement pour ça que je t'ai dit de foncer avec Maxence. Je savais que ce type était un lâche sans couilles, capable de frapper que par-derrière. Pathétique ! Je me suis tourné vers elle : — Ah, donc tu reconnais que tu l'as poussée à me tromper ? Ambre a haussé les épaules d'un air dédaigneux : — Tromper ? Arrête tes grands mots. J'ai juste aidé ma pote à sortir d'une impasse. Quelle amie digne de ce nom la laisserait gâcher sa vie avec un pauvre type comme toi ? Elle me remerciera plus tard. Inès a croisé les bras avec impatience : — C'est bon, prends-le, ton foutu téléphone ! Mais à une condition : tu vas t'excuser auprès de Maxence. Tu lui dis que t'as menti sur moi et tu rétablis ma réputation. Ambre a renchéri : — Exactement. Même si tu dois te mettre à genoux pour supplier, tu dois des excuses à Inès ! J'ai arraché le téléphone de la main d'Inès en déclarant : — Je m'excuse pas pour des trucs que j'ai pas faits. Et c'est pas fini : je veux récupérer chaque centime que tu me dois. Je suis entré dans la chambre, je me suis assis à son bureau et j'ai sorti un carnet pour faire les comptes : cadeaux, virements pour ses virées shopping… tout ce que j'avais avancé pendant notre relation. Inès s'est mise à crier : — Mes amies sont là ! T'es vraiment obligé de m'afficher comme ça ? On s'est aimés, bordel, tu peux pas me laisser un minimum de dignité ?! Ignorant ses jérémiades, j'ai continué d'aligner les chiffres. Ambre a dégainé son smartphone, a pris une photo de moi et a ricané : — J'ai jamais vu un mec aussi misérable de ma vie. Je balance ça tout de suite en story pour que tout le monde voie à quel point t'es toxique. Je croyais qu'elle bluffait, jusqu'à ce que mon propre téléphone vibre. Elle venait bel et bien de poster ma tête avec la légende : *« Les filles, méfiez-vous des mecs fauchés. Plus ils sont pauvres, plus ils sont aigris. L'ex de ma meilleure pote est en train de la harceler dans notre chambre, trop flippant ! »*J'ai froncé les sourcils : — Pourquoi tu ramènes constamment tout à l'argent dans une histoire qui nous regarde que tous les deux ? Tu ferais mieux de te faire tatouer « michto » sur le front, ça t'éviterait de perdre du temps. Ambre a ricané sans honte : — Et alors ? Je suis vénale, et après ? Tu crois que t'as le droit de me juger ? Si t'étais plein aux as, c'est toi qui ferais la morale, pas l'inverse ! Mais regarde-toi : t'as accompli quoi dans ta vie, sérieux ? Elle s'est excitée toute seule et s'est plantée devant la fenêtre en désignant le parking : — Les vrais hommes roulent en Lambo à plusieurs centaines de milliers d'euros, ils ont de l'ambition, une carrière ! Pendant ce temps, les gros ratés dans ton genre s'assoient sur une chaise pour faire des additions à deux balles et dégoûter les filles qui ont eu le malheur de les aimer ! La troisième colocataire, jusque-là restée dans son coin, a fini par intervenir, mal à l'aise : — Inès… tu devrais peut-être juste lui rembourser ce que tu lui dois. T'es quand même en tort dans l'histoire. Le regard d'Inès s'est assombri instantanément : — Pardon ? Tu prends son parti, maintenant ? Ambre a sauté sur l'occasion, le ton dégoulinant de mépris : — Oh, mais c'est tellement évident ! Madame est jalouse. Inès s'est trouvé un mec blindé en Lamborghini et toi tu supportes pas de voir les autres réussir, alors tu cherches à la descendre ! La coloc est devenue toute rouge : — Mais n'importe quoi ! C'est faux ! Je connaissais cette fille : elle s'appelait Manon. Elle venait d'un milieu très modeste et ne s'en sortait qu'à coups de bourses au mérite et de petits boulots. Je me souvenais d'elle parce qu'un jour, Inès m'avait demandé d'acheter des pâtisseries hors de prix pour toute la chambre afin d'en mettre plein la vue. Manon avait été la seule à refuser poliment, disant qu'elle n'acceptait rien qu'elle n'avait pas mérité. Ça m'avait marqué. Inès a poussé un soupir théâtral : — Manon, je sais que ta vie est pas facile avec tes prêts étudiants et tes bourses. Je comprends que tu aies la haine contre les gens riches. Mais tu sais ce qui compte plus que les bonnes notes ? La classe, la dignité. Manon a écarquillé les yeux : — Tu oses dire que je n'ai pas de dignité ? J'ai cligné des yeux, sidéré. Manon était l'une des personnes les plus bosseuses et respectables que je connaisse. Et Inès ? Inès venait de se faire sauter sur le capot de ma caisse alors qu'on était encore officiellement ensemble. Et c'était Manon qui manquait de dignité ? Ambre a ricané de plus belle : — Je connais les filles comme toi par cœur, Manon. Tu sais qu'Inès vient de le larguer, alors tu joues la sainte-nitouche pour te faire bien voir. Tu vises même pas haut : tu sais très bien que t'arriveras jamais à choper un mec en sportive de luxe, alors tu te rabats sur le distributeur de flyers et son pauvre SMIC ! Manon s'est levée d'un bond, les poings serrés, la voix tremblante de fureur contenue : — Je donne des cours particuliers le soir et je gagne 2 000 euros par mois toute seule ! J'ai pas besoin de m'abaisser à vos conneries ! Ambre a levé les yeux au ciel : — Mais oui, cause toujours. Pour les miséreuses dans ton genre, la moindre miette est un festin. Crois pas que je t'ai pas vue hier ramasser un grain de riz tombé sur la table pour le manger ! Vous êtes tellement pathétiques que vous avez même plus d'amour-propre. Les larmes sont montées aux yeux de Manon : — C'était tombé sur la table propre, pas par terre ! En quoi c'est pathétique de ne pas gaspiller la nourriture ?!

Chapters (4)

第1章

J'étais en train de distribuer des flyers dans la rue quand j'ai aperçu ma copine, Inès, en train d'embrasser Maxence, le playboy du campus, dans une sportive ultra voyante. Ses vêtements étaient froissés, et la scène ne laissait aucune place au doute. J'ai toqué à la vitre. Maxence a jeté un œil à Inès et a demandé : — C'est qui, lui ? Inès, toujours blottie contre lui, a ricané : — Juste un pauvre raté. Si tu veux, je le jette tout de suite. Elle l'a embrassé une dernière fois, est sortie de la voiture sans même m'accorder un regard, et s'est éloignée d'un pas hautain. Maxence s'est passé la langue sur les lèvres — là où Inès venait de poser les siennes — et m'a toisé d'un air méprisant : — Casse-toi, mec. Une bombe pareille, c'est fait pour les vrais mecs qui ont les moyens de l'entretenir. Je suis resté d'un calme olympien. — Mon ex, je m'en fous complètement. Par contre, dis-moi… pourquoi t'es assis au volant de ma caisse ? Son sourire arrogant s'est volatilisé d'un coup. Il m'a fixé, totalement dérouté : — Qu'est-ce que tu racontes ? Ta caisse ? J'ai tendu le bras, ouvert la boîte à gants et sorti la carte grise. — Tu vois ça ? Il y a mon nom dessus. Alors, qu'est-ce que tu fous là-dedans ? Tu comptais me la voler ? Je préviens la police tout de suite ou tu préfères sortir ? Le visage de Maxence est devenu écarlate. Il s'est extirpé de la bagnole en trébuchant et s'est mis à bégayer : — Non, non, s'il te plaît, appelle pas les flics ! Mon père est proprio d'un garage auto. J'ai vu cette caisse garée à l'atelier, je l'ai trouvée trop stylée… Je l'ai juste empruntée pour faire un tour. Pitié, porte pas plainte ! J'ai haussé le ton : — Empruntée ? Ça s'appelle un vol ! Depuis quand un garagiste prête les bolides de ses clients à son gamin pour qu'il aille faire le kéké ? Il a baissé les yeux, penaud : — Je suis désolé, mec… vraiment. J'ai lâché un soupir en essayant de garder mon sang-froid : — On va d'abord inspecter la carrosserie. Pendant que je faisais le tour, il n'osait plus ouvrir la bouche. Et là, évidemment : un bel enfoncement sur le capot avant. Je l'ai foudroyé du regard : — Et ça, c'est quoi ? En panique totale, il a tout déballé : — C'est pas moi, je te jure ! C'est ta copine ! Elle a voulu s'asseoir sur le capot pour faire des stories et des photos Insta. Elle a tout posté sur ses réseaux, tu peux vérifier, c'est elle ! J'ai dégainé mon téléphone pour regarder son compte, mais impossible de voir ses publications. Maxence m'a tendu son propre écran : — Elle t'a bloqué. Regarde sur mon fil. Effectivement, les photos étaient bien là : Inès prenant la pose de manière aguicheuse sur mon capot, avec des légendes pleines d'emojis provocants. J'ai esquissé un sourire amer : — Parfait. Ça me fera une excellente preuve pour l'assurance et la justice. Préparez-vous tous les deux à recevoir une assignation. Maxence a blêmi : — Ça… ça va coûter combien ? J'ai haussé les épaules : — Facilement 15 000 euros. Sa mâchoire s'est décrochée. — Mais c'est elle qui a tout bousillé ! Pourquoi c'est moi qui devrais payer ? J'ai levé les yeux au ciel : — T'as des notions de responsabilité légale ou bien ? Tu lui as filé les clés de ma bagnole sans autorisation, vous êtes complices tous les deux. J'ai bien peur que le garage de ton daron ne fasse aucun bénéfice cette année. Le soi-disant séducteur du campus s'est littéralement effondré en larmes : — Mais quelle c*nne ! Je lui avais pourtant dit que le capot était en fibre de carbone ! Sur ce genre de supercar, faut attendre que ça refroidisse avant de s'asseoir dessus ! Mais non, fallait absolument que Madame fasse ses photos de m*rde ! Mes parents triment jour et nuit, et moi je plonge à cause d'elle ! Je me suis installé au volant et j'ai composé le numéro d'un expert pour constater les dégâts. Je n'avais pas le temps de l'écouter chialer. Alors que je remontais la vitre, il a couiné entre deux sanglots : — Mais pourquoi c'est toi qui as du fric ? Inès m'a dit que t'étais juste un smicard en galère qui distribuait des prospectus dans la rue ! Je l'ai toisé : — Je ne distribuais pas ces flyers pour un patron. Les restos et boutiques de la rue principale ? Ils sont à moi. Je faisais la promo de mes propres affaires. Il est resté sans voix. J'ai fermé la vitre, coupant net ses lamentations.

第2章

À la seconde où je démarrais, j'ai reçu un message d'Inès : *« Puisque tu as tout vu, c'est terminé entre nous. Ne m'en veux pas : c'est pas de ma faute si tes parents ne peuvent pas t'offrir une vraie vie. Je préfère pleurer dans une Lamborghini que rire sur ton vieux vélo ! »* J'ai buggé deux secondes. Sachant que je possède à la fois la Lamborghini et le vélo, elle est censée pleurer ou rigoler ? J'ai voulu lui répondre : *« On se voit au tribunal. »* Mais le message ne partait pas. Elle venait de me bloquer sur WhatsApp. Sérieusement ? Elle me bloque après avoir ruiné ma bagnole ? Quel culot. Elle me doit au moins 10 000 balles de réparations. Hors de moi, j'ai filé direct à sa résidence étudiante. Rien à foutre que ce soit le bâtiment des filles : je venais récupérer ce qui m'appartenait. C'était le milieu de la matinée, la plupart des étudiants étaient en cours. Les couloirs étaient déserts. Arrivé devant sa porte, au moment où je levais la main pour frapper, j'ai entendu des éclats de voix à l'intérieur. — T'as vraiment fait ce que je t'ai dit ? demandait une voix de fille. Inès a répondu : — Ouais. Je lui ai fait croire que je prenais la pilule. L'autre fille semblait surexcitée : — Trop bien ! J'ai surveillé ta période d'ovulation, c'est le timing parfait. Si tu tombes enceinte, t'assures ton avenir avec lui. Une fois le gosse en route, il aura plus le choix : tu feras officiellement partie d'une famille blindée ! Inès a hésité : — Et s'il me force à avorter ? L'autre a ricané : — T'inquiète pas pour ça. Dès que le test est positif, on lui met la pression pour qu'il assume. T'as quand même largué ton mec pour lui, il osera jamais refuser ! Je suis resté pétrifié devant la porte. Inès ne se contentait pas d'être infidèle. Elle avait carrément manigancé un piège à bébé pour s'incruster chez des bourges. Est-ce qu'elle sera toujours aussi fière de son plan foireux quand elle découvrira que la bagnole appartenait au « pauvre type » qu'elle venait de jeter ? J'ai toqué sèchement. Quand Inès a ouvert et m'a vu, son visage s'est décomposé d'agacement : — On a rompu. Tu fous quoi ici ? Écoute-moi bien : être fauché, c'est une chose, mais être fauché et s'accrocher comme une sangsue, c'est juste pathétique. Elle était persuadée que je venais la supplier à genoux. Ses deux colocs se sont postées derrière elle. Parmi elles, j'ai reconnu sa meilleure amie, Ambre, celle-là même qui montait le complot à l'instant. Elle me fusillait du regard. Avant même que j'en place une, Ambre a aboyé : — Arrête de te mettre en travers du bonheur d'Inès ! Laisse-la vivre sa meilleure vie avec un vrai mec ! Je les ai dévisagées, incrédule. Depuis quand tromper son mec sur le capot de la caisse d'un autre, ça s'appelle « chercher le bonheur » ? Quand on avait commencé à sortir ensemble, Inès me balançait tout le temps des remarques passives-agressives du genre : *« L'amour d'un homme se mesure à ce qu'il est prêt à dépenser pour sa femme. »* Et Ambre en rajoutait constamment une couche. Influencé par leurs discours toxiques, j'avais claqué pas mal de fric pour elle : restos, fringues, cadeaux… Mais aujourd'hui, je n'étais pas là pour la reconquérir. J'étais là pour récupérer mes affaires. J'ai dit calmement : — Très bien, on rompt. Mais le smartphone que tu tiens dans la main ? C'est moi qui l'ai payé. Rends-le-moi. Je n'ai volontairement pas mentionné la Lamborghini. Connaissant Inès, elle se remettrait à ramper à mes pieds si elle savait que la voiture m'appartenait. Pour l'instant, je voulais juste solder les comptes. Inès a froncé les sourcils, d'un ton glacial : — Franchement, t'es tombé bien bas pour être aussi radin. Tu peux pas penser à mes sentiments deux minutes ? Je suis resté sans voix face à tant d'hypocrisie.

第3章

Parler de sentiments alors qu'elle venait de me trahir ? Quelle blague. Ambre a soudain éclaté de rire en se cachant la bouche : — Inès, tu captes pas son manège ? Il en a rien à faire de ton téléphone ! C'est juste un prétexte bidon pour que tu culpabilises et que tu restes avec lui. Inès a esquissé un sourire supérieur : — Ah, mais oui, je comprends mieux ! Tu crois que je vais renoncer à rompre juste pour garder un stupide portable ? Laisse-moi te rappeler un détail : je suis avec quelqu'un de riche, maintenant. Ton téléphone, je m'en fous royalement ! Elle a levé le menton avec fierté. Ambre a surenchéri : — Grave ! Te laisse pas intimider par ce loser. J'ai regardé le prix de la Lamborghini de Maxence sur le net : elle vaut des centaines de milliers d'euros. T'acheter le dernier modèle, ce sera de l'argent de poche pour lui ! Inès a gloussé : — Très bien, je te le rends, ton pauvre portable. Mais avant, laisse-moi passer un dernier appel. Je vais te montrer devant qui tu t'écrases. Je me doutais qu'elle parlait de Maxence. C'était plutôt comique : quand j'avais déposé ma caisse au garage de son père, le daron se plaignait justement de ne plus pouvoir payer son loyer d'atelier. Inès a composé le numéro, et Ambre l'a encouragée : — Mets le haut-parleur ! Qu'il entende bien la différence entre un vrai bonhomme et un crevard ! Inès a hoché la tête, toute contente de son effet, et a activé le haut-parleur. Dès que la tonalité s'est arrêtée, la voix d'Inès s'est faite sirupeuse et mielleuse : — Bébé ? Mon ex est dans ma chambre, il me force à lui rendre le téléphone qu'il m'a offert… Sans téléphone, comment je vais faire pour te contacter ? Mais au lieu des mots doux attendus, un rugissement a jailli du haut-parleur : — ESPÈCE DE TARÉE ! Ose encore m'appeler et je te jure que je te défonce ! Si je te recroise sur le campus, je te massacre ! *Bip. Bip. Bip.* La ligne s'est coupée. Inès et Ambre sont restées figées sur place, bouche bée. Pendant de longues secondes, un silence de mort a régné dans la piaule. C'est Ambre qui s'est reprise la première. Hors d'elle, elle a attrapé un livre sur son lit et me l'a jeté à la figure : — C'est de ta faute ! T'as forcément été baver sur elle dans son dos ! Le visage d'Inès est monté en température, rouge d'humiliation et de rage : — Mais oui ! Il m'a jamais parlé sur ce ton avant ! Qu'est-ce que tu lui as raconté sur moi, espèce de malade ? T'es répugnant ! J'ai soupiré, à bout de patience : — J'ai pas dit un mot sur toi. Rends-moi mes affaires et j'arrache. Inès s'est mise à hurler : — Si t'as rien dit, pourquoi il me traite comme ça ?! J'ai levé les yeux au ciel. Pas besoin d'avoir fait Polytechnique pour comprendre. Ses séances photos sur mon capot avaient causé des milliers d'euros de casse. Maxence, qui avait « emprunté » la sportive de son père en douce, se retrouvait endetté jusqu'au cou. Forcément qu'il avait la haine contre elle. Ambre a craché son venin : — Tu vois, Inès ? C'est exactement pour ça que je t'ai dit de foncer avec Maxence. Je savais que ce type était un lâche sans couilles, capable de frapper que par-derrière. Pathétique ! Je me suis tourné vers elle : — Ah, donc tu reconnais que tu l'as poussée à me tromper ? Ambre a haussé les épaules d'un air dédaigneux : — Tromper ? Arrête tes grands mots. J'ai juste aidé ma pote à sortir d'une impasse. Quelle amie digne de ce nom la laisserait gâcher sa vie avec un pauvre type comme toi ? Elle me remerciera plus tard. Inès a croisé les bras avec impatience : — C'est bon, prends-le, ton foutu téléphone ! Mais à une condition : tu vas t'excuser auprès de Maxence. Tu lui dis que t'as menti sur moi et tu rétablis ma réputation. Ambre a renchéri : — Exactement. Même si tu dois te mettre à genoux pour supplier, tu dois des excuses à Inès ! J'ai arraché le téléphone de la main d'Inès en déclarant : — Je m'excuse pas pour des trucs que j'ai pas faits. Et c'est pas fini : je veux récupérer chaque centime que tu me dois. Je suis entré dans la chambre, je me suis assis à son bureau et j'ai sorti un carnet pour faire les comptes : cadeaux, virements pour ses virées shopping… tout ce que j'avais avancé pendant notre relation. Inès s'est mise à crier : — Mes amies sont là ! T'es vraiment obligé de m'afficher comme ça ? On s'est aimés, bordel, tu peux pas me laisser un minimum de dignité ?! Ignorant ses jérémiades, j'ai continué d'aligner les chiffres. Ambre a dégainé son smartphone, a pris une photo de moi et a ricané : — J'ai jamais vu un mec aussi misérable de ma vie. Je balance ça tout de suite en story pour que tout le monde voie à quel point t'es toxique. Je croyais qu'elle bluffait, jusqu'à ce que mon propre téléphone vibre. Elle venait bel et bien de poster ma tête avec la légende : *« Les filles, méfiez-vous des mecs fauchés. Plus ils sont pauvres, plus ils sont aigris. L'ex de ma meilleure pote est en train de la harceler dans notre chambre, trop flippant ! »*

第4章

J'ai froncé les sourcils : — Pourquoi tu ramènes constamment tout à l'argent dans une histoire qui nous regarde que tous les deux ? Tu ferais mieux de te faire tatouer « michto » sur le front, ça t'éviterait de perdre du temps. Ambre a ricané sans honte : — Et alors ? Je suis vénale, et après ? Tu crois que t'as le droit de me juger ? Si t'étais plein aux as, c'est toi qui ferais la morale, pas l'inverse ! Mais regarde-toi : t'as accompli quoi dans ta vie, sérieux ? Elle s'est excitée toute seule et s'est plantée devant la fenêtre en désignant le parking : — Les vrais hommes roulent en Lambo à plusieurs centaines de milliers d'euros, ils ont de l'ambition, une carrière ! Pendant ce temps, les gros ratés dans ton genre s'assoient sur une chaise pour faire des additions à deux balles et dégoûter les filles qui ont eu le malheur de les aimer ! La troisième colocataire, jusque-là restée dans son coin, a fini par intervenir, mal à l'aise : — Inès… tu devrais peut-être juste lui rembourser ce que tu lui dois. T'es quand même en tort dans l'histoire. Le regard d'Inès s'est assombri instantanément : — Pardon ? Tu prends son parti, maintenant ? Ambre a sauté sur l'occasion, le ton dégoulinant de mépris : — Oh, mais c'est tellement évident ! Madame est jalouse. Inès s'est trouvé un mec blindé en Lamborghini et toi tu supportes pas de voir les autres réussir, alors tu cherches à la descendre ! La coloc est devenue toute rouge : — Mais n'importe quoi ! C'est faux ! Je connaissais cette fille : elle s'appelait Manon. Elle venait d'un milieu très modeste et ne s'en sortait qu'à coups de bourses au mérite et de petits boulots. Je me souvenais d'elle parce qu'un jour, Inès m'avait demandé d'acheter des pâtisseries hors de prix pour toute la chambre afin d'en mettre plein la vue. Manon avait été la seule à refuser poliment, disant qu'elle n'acceptait rien qu'elle n'avait pas mérité. Ça m'avait marqué. Inès a poussé un soupir théâtral : — Manon, je sais que ta vie est pas facile avec tes prêts étudiants et tes bourses. Je comprends que tu aies la haine contre les gens riches. Mais tu sais ce qui compte plus que les bonnes notes ? La classe, la dignité. Manon a écarquillé les yeux : — Tu oses dire que je n'ai pas de dignité ? J'ai cligné des yeux, sidéré. Manon était l'une des personnes les plus bosseuses et respectables que je connaisse. Et Inès ? Inès venait de se faire sauter sur le capot de ma caisse alors qu'on était encore officiellement ensemble. Et c'était Manon qui manquait de dignité ? Ambre a ricané de plus belle : — Je connais les filles comme toi par cœur, Manon. Tu sais qu'Inès vient de le larguer, alors tu joues la sainte-nitouche pour te faire bien voir. Tu vises même pas haut : tu sais très bien que t'arriveras jamais à choper un mec en sportive de luxe, alors tu te rabats sur le distributeur de flyers et son pauvre SMIC ! Manon s'est levée d'un bond, les poings serrés, la voix tremblante de fureur contenue : — Je donne des cours particuliers le soir et je gagne 2 000 euros par mois toute seule ! J'ai pas besoin de m'abaisser à vos conneries ! Ambre a levé les yeux au ciel : — Mais oui, cause toujours. Pour les miséreuses dans ton genre, la moindre miette est un festin. Crois pas que je t'ai pas vue hier ramasser un grain de riz tombé sur la table pour le manger ! Vous êtes tellement pathétiques que vous avez même plus d'amour-propre. Les larmes sont montées aux yeux de Manon : — C'était tombé sur la table propre, pas par terre ! En quoi c'est pathétique de ne pas gaspiller la nourriture ?!

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