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Ma sœur voulait mon mec je lui ai offert son pire cauchemar
Depuis qu'on est gamines, ma sœur, Manon, adore me voler mes affaires. De ma petite barrette à cheveux jusqu'à l'amour de nos parents. Aujourd'hui, elle m'a surprise en train de tenir la main de Maxence Vance, le golden boy du campus, dans une allée isolée derrière la bibliothèque. Ce soir-là, dans ma chambre, Manon a plissé les yeux avec un sourire en coin : « Clara, tu sors en cachette avec Maxence ? Il est tellement canon. » « Ne dis rien à Papa et Maman », ai-je répondu en serrant nerveusement le bas de mon t-shirt. « Et ne t'avise même pas d'essayer de me le piquer ! » Manon a ricané. « Pourquoi je ferais ça ? » En voyant son regard déterminé, j'ai poussé un soupir de soulagement en mon for intérieur. Enfin. J'allais enfin pouvoir refourguer ce monstre violent et psychopathe à quelqu'un d'autre. ...... Mon cauchemar a commencé il y a trois mois. Maxence m'a fait une déclaration devant toute la fac. Des roses et des ballons partout sur le terrain de sport. C'était le mec parfait, celui dont toutes les filles rêvaient. Je suis devenue la « petite chanceuse » que tout le monde enviait. Mais personne ne savait que, derrière les portes closes, sa douceur n'était qu'un tissu de mensonges. Dans un coin désert de la bibliothèque, ses doigts effleuraient ma joue, mais sa poigne s'est resserrée jusqu'à me broyer la mâchoire. « Bébé, tu as dit combien de mots à ce mec aujourd'hui, hein ? » « Je... je lui ai juste demandé les devoirs », j'ai bafouillé, tremblante de terreur. Il a souri tendrement. Mais la seconde d'après, il m'a attrapée à la gorge et m'a plaquée violemment contre le mur. « Je ne t'ai pas déjà dit que j'ai horreur que d'autres mecs posent les yeux sur ce qui m'appartient ? » Étouffant sous la douleur, j'ai fixé ses yeux fous et obsessionnels en griffant désespérément son bras. Au moment où j'ai cru mourir, il a soudain relâché sa prise. Il a relevé mon menton et a essuyé mes larmes avec son pouce. « Clara, n'aie pas peur. C'est juste que je t'aime trop. » Il s'est penché et a embrassé mon front. « Sois bien sage. Reste loin des autres mecs, et je ne me fâcherai plus. » À cet instant précis, j'ai voulu fuir. Mais c'était impossible. Heureusement, Manon a été encore plus rapide que ce que j'espérais. Au dîner, elle a enroulé ses pâtes autour de sa fourchette avant de lâcher l'air de rien : « Maman, je trouve que Clara est bizarre ces derniers temps. » « Elle s'enferme tout le temps dans sa chambre pour passer des appels FaceTime. Je ne sais pas avec qui elle parle, mais elle a un sourire niais collé au visage. » Maman s'est figée, braquant immédiatement un regard inquisiteur sur moi. « Clara, tu as un copain ? » Ma poitrine s'est serrée. J'ai fait exprès de baisser la tête, feignant la panique. « Non, arrête de raconter n'importe quoi. » Plus je faisais semblant de résister, plus Maman en était persuadée. Manon a ricané, jetant de l'huile sur le feu. « Je l'ai vu, le mec. C'est Maxence Vance, pas vrai ? Il est incroyablement beau gosse, et sa famille est blindée de thunes ! Les meufs qui lui courent après font la queue jusqu'au bout du quartier. » « C'est vrai ? » Les yeux de Maman se sont illuminés d'un coup. Cette nuit-là, Manon s'est faufilée dans ma chambre. Elle a grimpé sur mon lit et a approché sa bouche de mon oreille, la voix vibrante d'excitation. « Clara, ton mec a un côté tellement sauvage. Je vous ai vus aujourd'hui. » Elle plissait les yeux comme un chat qui vient de voler de la crème. « Il est tellement mieux que les losers qui me tournent autour. » « Il... il est à moi », ai-je lâché en agrippant mon t-shirt. « Ne t'avise pas de me le voler ! » « Pourquoi je ferais ça ? » a-t-elle ri, avec cet air faussement innocent mais vicieux. « Je trouve juste qu'un mec aussi bien, c'est du gâchis avec toi. » En voyant son expression avide, j'ai poussé un soupir de soulagement intérieur. Parfait. Le poisson avait enfin mordu à l'hameçon.Le lendemain matin, avant même que je puisse sortir, Maman m'a barré le passage. « Donne-moi ton téléphone ! » a-t-elle exigé sèchement. « Non ! C'est ma vie privée ! » J'ai tout de suite serré mon téléphone contre ma poitrine, jouant la comédie d'une lutte acharnée. Plus je « résistais », plus elle devenait agressive. Ma chambre s'est retrouvée sans dessus dessous en quelques secondes. Des livres au sol, ma lampe de bureau renversée. Telle une folle furieuse, elle m'a arraché le téléphone des mains. J'ai fait mine de verrouiller l'écran dans la précipitation, mais j'ai « accidentellement » laissé apparaître l'historique Snapchat entre Maxence et moi. Maman a cliqué dessus sans la moindre hésitation. Ces conversations, je les avais minutieusement fabriquées de toutes pièces pendant deux jours entiers. Chaque phrase n'était que promesses d'amour mielleuses et écœurantes. [Bébé, j'ai encore rêvé de toi cette nuit.] [J'ai envie de t'offrir la terre entière.] Il y avait même des captures d'écran de virements que Maxence m'aurait soi-disant envoyés — chacun dépassant les dix mille euros. Bien sûr, je n'avais pas précisé qu'il me forçait toujours à lui reverser cet argent immédiatement sous divers prétextes. Manon s'est penchée pour assister au spectacle, les yeux brillants d'envie. « Waouh, Clara, ton copain est tellement romantique et généreux ! » a-t-elle dit en haussant la voix. « Il est tellement au-dessus du mec qui essayait de me draguer le mois dernier. Ce rat m'a acheté un sac de marque et a passé des semaines à se plaindre du prix. » Le doigt de Maman s'est arrêté de scroller. Elle venait de tomber sur la prétendue fortune familiale de Maxence, que j'avais « négligemment » glissée dans les messages. [Bébé, mes parents partent en Suisse la semaine prochaine pour affaires. Je serai tout seul à la villa, c'est d'un ennui mortel.] [Mon père m'a encore filé une carte noire pour mes dépenses. Le code, c'est ta date d'anniversaire.] La colère sur le visage de Maman s'est évaporée net. Elle m'a tirée hors de la pièce et m'a chuchoté sur un ton d'avertissement : « Garde ça pour toi pour l'instant. Ton père et moi, on doit d'abord se renseigner sur ce garçon. » Elle a marqué une pause, avant d'ajouter le plus naturellement du monde : « S'il est vraiment aussi bien, on ne peut pas laisser ta sœur passer à côté d'une chance pareille. » Je suis restée plantée là, les larmes me montant instantanément aux yeux. Même si j'avais tout planifié, l'entendre de sa bouche m'a quand même transpercé le cœur. « Pourquoi ?! » ai-je crié de toutes mes forces, ma voix se brisant dans un sanglot. « Maman, depuis qu'on est petites, vous avez toujours tout donné à Manon ! Les jouets, les fringues neuves, votre attention... et maintenant vous voulez aussi m'enlever le seul petit ami que j'ai jamais eu ?! » Plus je pleurais fort, plus j'avais l'air désespérée, plus cela leur prouvait que Maxence était un trésor inestimable. Maman a d'abord sursauté en m'entendant crier, mais le dégoût a vite repris le dessus sur son visage. « Arrête de brailler ! Ce n'est qu'un mec ! Ça vaut vraiment tout ce cirque ? » « Ta sœur est plus jolie que toi, plus sociable, tout le monde l'adore. Qu'est-ce qu'il y a de mal à ce qu'elle ait un mec bien ? » « Si tu aimais un tant soit peu ta sœur, tu t'effacerais ! Comporte-toi en grande sœur pour une fois ! » Ses mots étaient comme une lame empoisonnée plantée en plein cœur. Je me suis couvert le visage, j'ai couru dans ma chambre et j'ai fermé à clé. Dehors, Maman continuait de m'insulter. « Quelle sale ingrate. On l'a nourrie pendant des années et elle n'en a rien à faire de cette famille. » « Exactement. Si Manon épouse un héritier Vance, on sera tous à l'abri du besoin jusqu'à la fin de nos jours. Elle est tellement égoïste, à ne penser qu'à sa petite personne. » C'était la voix de Papa. En écoutant ces phrases glaçantes, mes larmes ont lentement séché. J'ai levé les yeux vers mon reflet aux yeux gonflés dans le miroir. Parfait, Clara. Ton jeu d'actrice s'améliore de jour en jour. Ce soir-là, j'ai fait exprès d'oublier une des vestes de Maxence sur le canapé du salon. Elle était imprégnée de son parfum boisé favori. Comme prévu, en plein milieu de la nuit, quand tout était silencieux, Manon s'est glissée hors de sa chambre, a ramassé la veste et a pris une longue inspiration avide. Ensuite, elle l'a enfilée, a couru devant le grand miroir et a pris la pose. Puis, elle a dégainé son téléphone, ouvert son compte Instagram secret — celui qu'elle utilisait pour aguicher les mecs — et a posté quelques selfies. La légende disait : « J'aime tellement cette odeur. C'est comme un câlin tout chaud... [emoji qui rougit] » Allongée dans mon lit, j'ai vu sa publication et j'ai silencieusement liké. Ma très chère sœur, à chaque pas que tu feras vers le gouffre, je serai là pour immortaliser ta chute.Le post Instagram a rapidement fait des vagues. Le lendemain, à peine arrivée à la fac, on m'a violemment attrapé le poignet. Maxence m'a traînée dans un coin désert derrière le bâtiment des sciences. Il avait un regard noir, à faire froid dans le dos. « Je n'aime pas qu'on touche aux affaires que je te prête. Tu as compris ? » Il m'a bloquée contre le mur, les yeux pleins d'une lueur carnassière. J'ai tout de suite joué la victime terrorisée, les yeux embués de larmes. « Non, ce n'est pas ce que tu crois ! » ai-je sangloté, lui expliquant que la veste venait d'être lavée, qu'elle était restée là et que ma sœur l'avait prise sans rien demander. J'ai ajouté qu'elle était jeune et aimait juste frimer, le suppliant de ne pas s'énerver. Ma soumission et ma panique ont flatté son besoin malade de contrôle. Ses traits se sont adoucis, et il a passé une main dans mes cheveux. « Surveille mieux ta sœur la prochaine fois. » J'ai hoché la tête précipitamment. Profitant de l'ouverture, j'ai « innocemment » lâché une remarque : « Manon... elle est pourrie gâtée par nos parents. Elle a toujours adoré me voler mes trucs. » « Hier, elle m'a même demandé si tu étais vraiment aussi attentionné. Elle a dit qu'elle n'avait jamais rencontré un mec aussi beau et classe que toi. » J'observais attentivement sa réaction pendant que je parlais. Comme prévu, une étincelle de vanité satisfaite a traversé son regard. Aucun homme ne résiste à l'adulation d'une jolie fille, encore moins un prédateur arrogant comme Maxence. Et Manon était canon, populaire, toujours entourée de mecs sur le campus. La conquérir allait nourrir son ego bien plus que de dominer une fille banale comme moi. « Ah ouais ? » a-t-il lâché en haussant un sourcil. « Ta sœur a bon goût. » À partir de ce jour-là, Manon est passée à l'attaque. Elle s'arrangeait toujours pour croiser « par hasard » le chemin de Maxence. Parfois au café du campus, d'autres fois entre les rayons de la bibliothèque. Elle montrait ma photo aux étudiants qui passaient en demandant : « Vous n'avez pas vu ma sœur ? Son copain la cherche partout. » À chaque fois, elle était apprêtée à la perfection — le parfait mélange d'innocence et de provocation. Et moi, je débarquais comme par magie pile pendant ces petits tête-à-tête. Puis, je jouais la copine jalouse et hystérique. « Manon ! Qu'est-ce que tu fais encore là ?! » hurlais-je, attirant les regards de tout le monde. « Clara, j'essayais juste de t'aider à retrouver Maxence », répondait-elle en battant des cils d'un air outré. « Pourquoi tu es aussi parano ? Tu pètes un câble dès que je lui adresse la parole ! » Nos disputes publiques ont rendu ce « triangle amoureux » plus vrai que nature. Sur les groupes d'étudiants, les ragots ont flambé. [Scoop ! Le beau gosse Maxence Vance au cœur d'une guerre entre sœurs !] [Franchement, Manon lui correspond tellement mieux. Clara fait toujours la gueule et passe son temps à dramatiser.] [Grave ! Manon est fraîche et drôle. Qui choisirait l'autre ?] L'opinion générale a totalement pris le parti de Manon. Et l'attitude de mes parents a changé elle aussi. Fini les cris : ils sont passés à un chantage affectif bien plus gerbant. « Manon est tellement mignonne, elle essaie juste d'aider ton couple. Et regarde-toi, toujours à faire des caprices », m'a lâché Maman pendant le dîner, en évitant délibérément de me servir. « La famille de Maxence est richissime. Tu ferais mieux de prendre soin de lui au lieu d'agir comme une enfant gâtée avant qu'il ne s'en aille. » « Tout à fait. Ne te crois pas sortie de la cuisse de Jupiter juste parce que tu as un copain », a renchéri Papa en posant sa fourchette d'un geste sec. « Ce garçon a un avenir brillant. Tu devrais avoir l'esprit plus ouvert et inviter ta sœur à sortir avec vous pour qu'elle s'ouvre au monde. » Leurs allusions devenaient de plus en plus éhontées, sous-entendant sans arrêt que je ne méritais pas Maxence et que je devais céder ma place. En apparence, je pleurais comme si mon cœur se brisait. Mais au fond de moi, j'étais morte de rire. Tout se déroulait exactement selon mon plan. Une semaine plus tard, ma mère, rongée par la cupidité, n'a plus tenu. Elle a proposé d'organiser un grand dîner à la maison le week-end pour rencontrer « officiellement » Maxence. Elle a dit : « Tu ne peux pas continuer à cacher ton copain. Ta famille doit voir ce qu'il vaut. » Je savais parfaitement que la vedette de cette « évaluation » ne serait pas moi. Ce serait Manon. Oh, ce dîner, cela faisait tellement longtemps que je l'attendais.Le jour du dîner, Maman m'a tirée du lit aux aurores et m'a balancé une robe blanche. C'était un rare et « généreux » cadeau d'anniversaire qu'elle m'avait offert le mois précédent. Mais quand je me suis retournée, j'ai vu Manon sortir de sa chambre vêtue exactement de la même robe. Sauf que la sienne était taillée dans un tissu bien plus noble, avec une fine chaîne étincelante autour de la taille. « Maman, si Clara et moi on est habillées pareil, est-ce que Maxence va nous confondre ? » a roucoulé Manon en tournoyant. Maman la regardait avec une fierté immense, souriant jusqu'aux oreilles. « Mais pas du tout ! Notre Manon est tellement resplendissante que personne ne t'arrive à la cheville. » Je suis restée là, effacée comme une ombre. Maxence est arrivé dans l'après-midi, les bras chargés de cadeaux hors de prix. Il a offert à Papa une bouteille de vin grand cru à plus de mille euros, à Maman le dernier sac d'une marque de luxe, et à Manon un collier qui avait l'air de valoir une fortune. Pour moi, il s'était contenté d'une boîte de chocolats. Il n'avait même pas pris la peine de décoller entièrement l'étiquette de réduction. « Clara ne court pas après les trucs de luxe. Elle préfère les douceurs », a expliqué Maxence avec un sourire chaleureux. Quelle délicate attention. Mais il s'est bien gardé de préciser que cette boîte venait d'être achetée à la va-vite à l'épicerie en bas de la rue. À table, l'ambiance était si conviviale que j'avais l'air d'une intruse. Maman avait préparé une soupe de fruits de mer — alors que j'y suis violemment allergique depuis mon enfance. « Tiens, Maxence, reprends-en un peu. J'ai pris du homard frais, c'est excellent pour la santé », a-t-elle insisté en lui servant un bol fumant. Papa a débouché le vin apporté par Maxence et n'a cessé de porter des toasts, le couvrant d'éloges. « Manon, sers donc une belle part de bœuf à Maxence », a glissé Maman avec un clin d'œil. « Maxence, goûte cette viande. C'est Manon qui l'a cuisinée, c'est un vrai cordon-bleu », a enchaîné Papa, tentant désespérément de créer une étincelle. Manon a rougi timidement en déposant le morceau dans l'assiette de Maxence. « Maxence, dis-moi ce que tu en penses. » « Merci, Manon », a répondu Maxence d'une voix suave, mais ses yeux se sont posés sur moi. « Mais j'ai quand même plus l'habitude que ce soit Clara qui prenne soin de moi. » Sur ces mots, il a déposé un morceau de poisson dans mon assiette, en retirant lentement les arêtes avant de l'approcher de mes lèvres. « Pas vrai, bébé ? » Sa voix sonnait doux, mais son regard lançait un avertissement glacial. À cet instant, les visages de Maman et de Manon se sont décomposés. Une bouffée de plaisir malsain a envahi ma poitrine. J'ai docilement ouvert la bouche pour manger le poisson. « Maxence est toujours le plus gentil avec moi », ai-je murmuré. Manon a réagi au quart de tour. Ses yeux se sont embués de larmes, lui donnant un air fragile et vulnérable. « Maxence, tu trouves que j'ai mal fait ? Je suis désolée... J'étais tellement jalouse de Clara, je voulais juste faire quelque chose pour toi aussi. » Cette comédie de petite chose sans défense a instantanément réveillé le complexe du sauveur chez Maxence. Il a souri et a tapoté le dos de sa main avec une tendresse affichée. « Mais non, voyons. Tu es en réalité bien plus attentionnée que ta sœur. » Ce compliment a claqué comme une gifle en travers de ma figure. Maman m'a immédiatement lancé un regard triomphant. J'ai baissé la tête en serrant les poings. Après le dîner, Manon a apporté un plateau de fruits. Soudain, elle a trébuché et a « malencontreusement » renversé tout un verre de jus d'orange sur la chemise blanche de Maxence. « Oh mon Dieu, je suis tellement désolée ! Maxence, je ne l'ai pas fait exprès ! » s'est-elle affolée en frottant le tissu avec une serviette, ses mains frôlant son torse avec insistance. « Viens dans ma chambre pour nettoyer ça, j'ai un sèche-cheveux là-haut », a-t-elle insisté, l'air affolée. Assise sur le canapé, je les ai regardés monter à l'étage l'un après l'autre. J'ai volontairement traîné dans le salon quelques minutes, le temps d'encaisser les sarcasmes de mes parents. « Regarde un peu le charme de ta sœur ! Tu ferais bien d'en prendre de la graine ! » « Si tu n'as aucun talent pour garder un homme, ne t'en prends pas aux autres quand ils te volent la vedette », a ajouté Papa. Je me suis levée d'un coup sec, fonçant vers la chambre de Manon dans un accès de « fureur ». Sans frapper, j'ai ouvert la porte restée entrouverte avec fracas. La scène à l'intérieur m'a coupé le souffle. Manon était sur la pointe des pieds, ses lèvres frôlant presque la joue de Maxence. Et les mains de Maxence enlaçaient sa taille, la maintenant contre lui dans une étreinte intime et sans équivoque. Au bruit de la porte claquée, ils se sont écartés brusquement, l'air surpris. « Qu'est-ce que vous faites ?! » ai-je hurlé, la voix brisée par un tremblement violent. Manon a reculé « sous le coup de la panique », les joues écarlates. « Clara, laisse-moi t'expliquer... ce n'est pas ce que tu crois... » « Clara, c'est quoi ton problème à la fin ? » a grogné Maxence, le ton dégoulinant d'agacement. En voyant leurs visages — l'une jouant l'oie blanche, l'autre affichant un dégoût total —, toute la colère que j'avais accumulée pendant des mois a fini par « exploser ». J'ai éclaté en sanglots hystériques, j'ai claqué la porte et j'ai dévalé les escaliers. Mes cris déchirants et mes pas précipités ont résonné dans tout le couloir. J'ai couru jusqu'au coin de la rue. Ce n'est qu'après avoir vérifié que personne ne me suivait que j'ai ralenti le pas. J'ai pris une profonde inspiration, levé les yeux vers les lumières de la ville, et un sourire glacial a étiré mes lèvres. Papa, Maman, Manon, Maxence... Votre petit spectacle vient enfin de commencer.