Ma sœur pensait voler mon destin, je lui ai laissé les miettes

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Romance 现实主义-Realistic男频-Male Fiction重生-Reborn

Quand mon père a fait faillite, ma mère a immédiatement demandé le divorce. Je me tenais en retrait. J'ai vu ma sœur me bousculer violemment pour se jeter dans les bras de notre père : « Papa, ne sois pas triste ! Moi, je reste avec toi ! » Dans ma vie précédente, après leur rupture, ma sœur était partie vivre la grande vie avec notre mère fortunée, tandis que j'étais restée avec notre père ruiné. Mais ma mère s'était ensuite remariée avec un pervers manipulateur. Elle avait tout perdu, jusqu'au dernier centime. Ma sœur avait vécu un véritable enfer. Pendant ce temps, les affaires de mon père avaient fini par redémarrer et il était devenu un magnat de l'industrie. Folle de jalousie face à ma réussite, ma sœur avait manigancé un prétendu dîner de retrouvailles, qui s'était soldé par un accident de voiture mortel pour moi. Et voilà que nous venions toutes les deux de renaître, pile le jour où nos parents réglaient les derniers papiers du divorce. Cette fois, un rictus triomphant aux lèvres, ma sœur a proclamé : « J'aime papa plus que tout, je veux vivre avec lui. » Si elle savait à quel point son choix me réjouissait. Cette vie de cavale à fuir les huissiers et les créanciers ? Hors de question que je la revive ! Ma sœur s’accrochait au bras de mon père, minaudière au possible : « Papa, s'il te plaît, laisse-moi venir avec toi ! Tu es mon préféré au monde, et les épreuves ne me font pas peur. » Voir sa fille chérie, d'ordinaire si capricieuse, lui parler ainsi a profondément ému mon père aux larmes. Il n'a même pas remarqué le visage sombre de ma mère à côté. « Pas question, Mélissa va vivre dans la misère avec toi. C'est moi qui la prends », a insisté ma mère. Mélissa allait souffrir avec lui, disait-elle... mais moi alors ? Mes deux parents se battaient férocement pour obtenir la garde de ma sœur, comme si j'étais invisible. Finalement, incapable de faire changer ma sœur d'avis, ma mère s'est rabattue sur moi avec dépit. Je suis montée dans la berline de luxe de mon futur beau-père aux côtés de ma mère. Ma sœur, elle, s'éloignait en sautillant, la main serrée dans celle de mon père. Avant de disparaître, elle m'a lancé un regard chargé de mépris et de délectation. Je n'en avais que faire. Pour l'instant, c'était ma mère qui baignait dans l'opulence, tandis que la vie de mon père n'était qu'un champ de ruines. Dans mon ancienne vie, mon père et moi passions nos journées à nous cacher des usuriers. Impossible de me concentrer sur mes cours. Anéanti par son échec professionnel et le départ de sa femme, il avait baissé les bras, passant ses journées à s'enivrer dans un studio crasseux, indifférent à tout. Bien que j'aie été une élève brillante, je n'avais pas eu les moyens de payer mes études supérieures et j'avais dû abandonner le lycée pour nous faire vivre. Nous venions du même ventre, mais ma sœur avait toujours eu plus de chance. Elle était jolie, savait charmer ses parents, et ils la portaient aux nues. Puisque j'étais l'aînée, on exigeait constamment que je m'efface devant elle. Même au moment du divorce, ils ne se disputaient que pour elle. Mais dans cette vie, elle avait choisi papa, lui offrant une belle revanche d'amour-propre sous le nez de maman. Dans la voiture, ma mère s'est mise à me dénigrer sans attendre : « Tu as toujours été quelconque et insignifiante. On va s'installer chez Richard maintenant, alors tâche de ne pas me faire honte. » C'était presque risible : quelle mère osait parler ainsi de sa propre chair ? Peu importait. La voiture a franchi les grilles d'un domaine de villas ultra-sécurisé. Je savais mon beau-père fortuné, mais pas à ce point. Il m'a aussitôt inscrite dans la meilleure institution privée de la ville. Un chauffeur privé assurait mes trajets matin et soir. Pour rattraper le temps perdu de ma vie passée, je me suis jetée à corps perdu dans les études. Je figurais chaque année parmi les trois meilleurs élèves de ma promotion. Ma mère, qui m'ignorait d'ordinaire, se précipitait soudain aux réunions parents-professeurs. Elle savourait les regards jaloux des autres mères et les éloges des enseignants la qualifiant de mère modèle. Comme mon beau-père n'avait pas d'enfants, je m'épanouissais paisiblement dans cette maison. J'ai même commencé à préparer mon départ pour une prestigieuse université à l'étranger. « Une gamine n'a pas à rêver d'aller à l'étranger ! Ne te crois pas tout permis sous prétexte que tu as de bonnes notes ! » a craché ma mère avant même que mon beau-père n'ait pu donner son avis. J'ai compris plus tard qu'on n'a pas besoin de raison pour détester quelqu'un. Même entre une mère et sa fille.Mon beau-père n'avait rien à voir avec le monstre colérique, imprévisible et violent que ma mère et ma sœur m'avaient décrit jadis. C'était un homme brillant, fier et doté d'un profond respect de lui-même. Les premières tensions avec ma mère ont éclaté peu de temps après notre emménagement. Ma mère était une coquille vide, belle en surface, sans cervelle à l'intérieur. À vrai dire, elle et mon père biologique s'étaient parfaitement trouvés. Lui, pur héritier gâté, n'avait jamais brillé par son intelligence. Il l'avait épousée uniquement grâce à ses liasses de billets. Tant que mes grands-parents étaient en vie, ils finançaient leur train de vie. À leur mort, mon père s'était fait embarquer dans des investissements foireux par de faux amis, dilapidant en un rien de temps la fortune familiale. Ma mère s'était empressée de trouver une autre proie fortunée avant de divorcer. Mon projet d'études à l'étranger a donc été freiné par son opposition. Mais vu mon dossier, je pouvais intégrer n'importe quelle grande école du pays. « Mélissa est là ! » « Nora, ma mère est là ? » « Elle est partie faire les boutiques, mais ta sœur est en haut en train de réviser. » J'ai entendu les pas de Mélissa résonner dans le couloir. Sans même frapper, elle a poussé la porte de ma chambre. « Léane, pourquoi tu joues la comédie ? Y a personne ici. Tu cherches à impressionner qui avec tes bouquins ? » a-t-elle ricané en m'arrachant mes fiches. Même si elle vivait avec notre père, elle venait ici chaque mois réclamer de l'argent, des bijoux et des fringues de marque à maman. Elle repartait le coffre plein et revenait le mois suivant habillée comme une souillon. Mon père, devenu accro aux jeux d'argent, revendait toutes ces affaires au mont-de-piété pour financer ses délires. Ma mère ne supportait pas de voir sa fille chérie vivre dans la misère. Elle avait même supplié Richard de l'accueillir sous son toit. Il avait accepté, mais mon père avait catégoriquement refusé de la lâcher. Il comptait sur Mélissa pour siphonner les ressources de maman et entretenir son propre train de vie. « À force de trop réviser, tu deviens débile ma pauvre. À quoi ça te sert ? Tu seras jamais aussi jolie que moi, et ni papa ni maman ne peuvent te voir en peinture. » « Cette belle vie dorée, c'est uniquement parce que j'ai bien voulu te la laisser. Profites-en tant que ça dure. » Elle a commencé à fouiller mes tiroirs. Évidemment : dans notre vie antérieure, cette chambre était sa suite de princesse. Elle a retourné chacune de mes affaires. « Tss, tss, tu sais vraiment pas profiter de la vie. C'est quoi tous ces trucs nuls que tu t'achètes ? » « Tu passes juste ton temps le nez plongé dans tes bouquins poussiéreux. » J'ai préféré garder le silence. « Mélissa ? Mon petit trésor, c'est toi ? » J'ai assisté, impassible, à leur numéro de retrouvailles larmoyantes. Ma mère est entrée et a jeté un œil à ma chambre sans dessus dessous. « Tu ne trouveras rien de bien ici, ma chérie. Viens dans mon dressing. Je viens d'acheter de nouvelles tenues, des parures et des sacs. Prends tout ce qui te plaît. » Elle a entraîné ma sœur par le bras, sans m'adresser un seul regard ni un seul mot. Nora est entrée m'apporter un grand verre de jus d'orange frais avant de m'aider à ranger mes affaires. « Je n'ai jamais vu une mère aussi injuste... » a-t-elle murmuré, dépitée. Ça ne m'atteignait plus. Leurs beaux jours étaient comptés.Quelques jours plus tard, une violente dispute a éclaté au rez-de-chaussée. « Espèce de garce ! Tu vis à mes crochets et tu te payes des gigolos dehors ! » La voix de Richard a tonné, suivie d'une gifle monumentale. Ma sœur a couru pour s'interposer. Hors de lui, mon beau-père l'a repoussée au sol d'un geste sec. « Et je ne parle même pas de ta précieuse gamine ! On n'avait pas convenu de ne prendre qu'une seule fille à charge ? » « Pourquoi elle débarque ici tous les quatre matins pour vider la moitié de la maison ? » Ma mère a hurlé : « Elle prend mes affaires ! Ça ne te regarde pas ! » « Tes affaires ? Regarde-toi ! Qu'est-ce qui n'a pas été acheté avec mon argent ici ? Je me retrouve à entretenir toute ta clique de parasites ! » « Richard, tu as le culot de dire ça ? Si tu n'étais pas stérile, est-ce que j'aurais besoin d'aller voir ailleurs ? » Cette phrase a achevé de faire perdre tout contrôle à mon beau-père. Fou de rage, il a commencé à jeter les valises et les affaires de ma mère par la porte. Elle a essayé de l'en empêcher, mais il l'a violemment envoyée au tapis à son tour. Personne n'osait intervenir, tandis que ma sœur tremblait, tapie dans un coin. À l'origine, Richard avait épousé ma mère pour sa beauté et l'illusion d'une famille. Après le mariage, il avait investi en moi, voyant mon sérieux, pour faire de moi son héritière. Dans ma vie passée, ma mère avait profité de cette générosité pour flamber son patrimoine sans compter. Ma sœur avait beau être jolie, elle n'avait rien dans le crâne. Leur cupidité et leur stupidité n'avaient aucune limite. Ma mère entretenait un amant, et ma sœur clamait partout que tout ce domaine lui appartiendrait un jour. L'affaire était vite revenue aux oreilles de Richard. Il n'était même pas encore sous terre qu'elles lorgnaient déjà son héritage. Qui aurait toléré ça ? N'ayant aucun lien de sang avec elles, son affection s'était évaporée d'un coup. Il avait alors fait venir son neveu pour lui léguer ses affaires et les avait jetées à la rue. Dans cette vie, ma mère venait de se faire expulser exactement de la même manière. Mais cette fois, Richard ne m'a pas chassée. « Léane, suivre ta folle de mère ne t'apportera rien de bon. Reste ici. » Tous mes efforts n'avaient pas été vains. Mon beau-père savait que j'étais intelligente, ambitieuse et lucide. Je sollicitais toujours son avis avant de prendre la moindre décision importante. Nous avions même discuté en privé de la possibilité que je prenne légalement son nom. Ma mère, uniquement préoccupée par ses séances de shopping, n'avait jamais rien soupçonné. Elle refusait de quitter les lieux, jurant qu'elle préférerait mourir sur place. C'était bien mal connaître Richard. Un homme parti de rien pour bâtir un empire n'a rien à voir avec mon lâche et incompétent de père biologique. Il ne risquait pas de se laisser berner par ses caprices d'enfant gâtée. « Nora, préparez-lui quelques vêtements de rechange dans la chambre », a-t-il ordonné d'une voix glaciale. Il a appelé le service de sécurité de la résidence. En quelques minutes, ma mère et ma sœur ont été escortées et jetées dehors comme des malpropres. En passant devant ma chambre, Richard m'a posé une main rassurante sur l'épaule : « Léane, concentre-toi sur tes cours. Les histoires d'adultes ne te regardent pas. » J'ai hoché la tête. Les imbéciles restent des imbéciles, peu importe le nombre de vies qu'on leur accorde. Mon quotidien n'a pas changé d'un pouce. Au contraire, Richard m'accordait désormais toute sa confiance. Ma mère m'a secrètement harcelée pour que je plaide sa cause auprès de lui. Évidemment, je n'ai pas levé le petit doigt. Elle m'appelait tous les jours pour me cracher les pires insultes au visage. Sylvie l'a entendue une fois au téléphone et s'est demandé tout haut si j'étais vraiment sa fille biologique. Dans ses yeux à elle, seule ma sœur existait. Sans les subsides de maman, la vie de Mélissa est devenue un enfer. Ses notes étaient catastrophiques, et elle détestait les cours. Voyant cela, mon père a cessé de payer sa scolarité. Criblé de dettes, il vivait dans un taudis sordide. Je me préparais d'arrache-pied pour le bac et les concours d'entrée aux grandes écoles. Richard, accaparé par ses affaires, rentrait rarement. Peu de temps après, sur le chemin du lycée, un groupe de racailles m'a barré la route. Ce jour-là, la voiture était au garage pour révision, j'étais donc à pied. À peine sortie de l'enceinte de l'établissement, un gars m'a interpellée : « C'est toi, Léane ? » Avant que je puisse répondre, une main m'a plaqué un chiffon sur la bouche par-derrière. On m'a traînée de force dans un entrepôt désaffecté. Quand on m'a arraché le bandeau des yeux, un coup violent m'a projetée au sol. « Alors ma sœur, on profite bien de son petit château doré ? »Mélissa se tenait au-dessus de moi, me toisant avec un dégoût viscéral. Elle m'a asséné une gifle monumentale. « Espèce de traînée ! Je t'ai sous-estimée. Ce vieux débris te traite comme un joyau précieux, il a même osé virer maman, mais toi, tu es toujours affalée dans sa villa ! » « Montre-moi un peu tes tours de passe-passe, ou alors c'est ta sale gueule de sainte-nitouche qui lui plaît tant ? » Elle et maman n'avaient jamais misé que sur leur physique, s'imaginant que le monde entier fonctionnait ainsi ! Elle a sorti un cran d'arrêt de sa poche et s'est mise à le faire tournoyer devant mon visage. À la vue de la lame, les voyous ont commencé à s'agiter. « Rico, calme-la ! On avait dit qu'on lui mettait juste un coup de pression, pas qu'on la tailladait ! » Rico, c'était le mec de ma sœur, un petit malfrat local. Ses acolytes avaient encore une vague notion de ce qui relevait du grand banditisme ; ils ne voulaient pas finir aux assises pour une querelle de famille. Rico lui a fermement retenu le poignet. « Chérie, fais-lui juste peur. Ça reste ta sœur, merde. » « Pff, comme si une chienne pareille méritait ce titre ! » Elle m'a craché en plein visage. Mais elle a fini par ranger le couteau, cédant à son mec. Ils m'ont rouée de coups jusqu'à ce que je ne puisse plus tenir debout, puis ils m'ont abandonnée sur place. Je suis rentrée à la villa en boitant affreusement. Il n'y avait personne hormis Sylvie, qui s'est écriée, paniquée : « Mon Dieu, Léane ! Tu es partie en pleine forme ce matin, qu'est-ce qui t'est arrivé ? » J'étais couverte d'ecchymoses. Elle a nettoyé mes plaies avec une infinie délicatesse. Ce soir-là, Richard est enfin rentré, accompagné de ma mère, vêtue sur son trente-et-un. Ils s'étaient visiblement réconciliés. En voyant mon état lamentable, Richard m'a posé quelques questions avec une réelle inquiétude. Ma mère, en revanche, a ricané avec mépris : « Elle traîne encore avec n'importe qui dehors... Contrairement à ta sœur qui, elle, sait parfaitement se tenir. » Oui, ma sœur m'avait fait passer à tabac l'après-midi même et paradait tranquillement dans le salon le soir venu. « Maman, tu ne veux même pas savoir qui m'a fait ça ? » ai-je demandé d'une voix tremblante de rage. « Qui d'autre que les racailles que tu fréquentes ? Dieu sait quelles crasses tu fabriques dès qu'on a le dos tourné... » « Léane, explique-moi d'où viennent ces blessures », a coupé Richard d'un ton sec, interrompant les calomnies de ma mère. J'ai pointé un doigt accusateur vers ma sœur. « C'est elle. Elle a rameuté une bande de racailles pour m'attendre à la sortie du lycée et me tabasser. » « Mais t'es complètement tarée ! C'est quoi ce délire encore ? » Mélissa a fondu en larmes avec une théâtralité déconcertante, renversant aussitôt les rôles. J'ai sorti la clé USB où j'avais récupéré les enregistrements et j'ai lancé la vidéo sur l'écran du salon. Eh oui : après le passage à tabac, j'étais immédiatement allée récupérer les bandes de vidéosurveillance des caméras de la rue. Ma sœur n'était pas complètement idiote. On ne voyait que sa bande m'embarquer de force devant le lycée et sa silhouette à elle aux abords de l'usine abandonnée. Mais c'était largement suffisant pour reconstituer les faits. Richard n'en croyait pas ses yeux. Il n'arrivait pas à concevoir qu'une fille puisse faire kidnapper et tabasser sa propre sœur. « On appelle la police sur-le-champ. C'est d'une gravité inouïe, ce n'est pas un jeu. » « Qu'est-ce que ça prouve ? Léane, tu es vraiment une sans-cœur ! Je sais que je t'ai délaissée ces derniers temps, mais tu n'as pas besoin de monter un tel coup monté contre ta propre sœur ! » Ma mère a immédiatement retourné la situation pour m'accabler. « Mélissa, tu connais ce type sur la vidéo ? » a demandé Richard. Ma sœur a juré ses grands dieux qu'elle ne faisait que passer par là par hasard et qu'elle n'avait rien à voir avec tout ça. « Maman, il faut que tu me croies... » Jouant la victime persécutée jusqu'au bout, elle s'est précipitée vers moi pour me flanquer une gifle monumentale. Prise au dépourvu, je n'ai pas pu l'esquiver. Et aussitôt après m'avoir frappée, elle s'est effondrée au sol, feignant un évanouissement dramatique. Du début à la fin, c'est elle qui a joué les martyres, alors que c'était moi qui saignais encore. « Bravo, tu as rendu ta sœur malade ! Tu es un monstre de cruauté, Léane. Comment j'ai pu mettre au monde une fille pareille ? » Elle a porté ma sœur dans sa chambre et a exigé un médecin privé en urgence. On m'a laissée seule avec mes ecchymoses, sans un mot de réconfort.

Chapters (4)

第1章

Quand mon père a fait faillite, ma mère a immédiatement demandé le divorce. Je me tenais en retrait. J'ai vu ma sœur me bousculer violemment pour se jeter dans les bras de notre père : « Papa, ne sois pas triste ! Moi, je reste avec toi ! » Dans ma vie précédente, après leur rupture, ma sœur était partie vivre la grande vie avec notre mère fortunée, tandis que j'étais restée avec notre père ruiné. Mais ma mère s'était ensuite remariée avec un pervers manipulateur. Elle avait tout perdu, jusqu'au dernier centime. Ma sœur avait vécu un véritable enfer. Pendant ce temps, les affaires de mon père avaient fini par redémarrer et il était devenu un magnat de l'industrie. Folle de jalousie face à ma réussite, ma sœur avait manigancé un prétendu dîner de retrouvailles, qui s'était soldé par un accident de voiture mortel pour moi. Et voilà que nous venions toutes les deux de renaître, pile le jour où nos parents réglaient les derniers papiers du divorce. Cette fois, un rictus triomphant aux lèvres, ma sœur a proclamé : « J'aime papa plus que tout, je veux vivre avec lui. » Si elle savait à quel point son choix me réjouissait. Cette vie de cavale à fuir les huissiers et les créanciers ? Hors de question que je la revive ! Ma sœur s’accrochait au bras de mon père, minaudière au possible : « Papa, s'il te plaît, laisse-moi venir avec toi ! Tu es mon préféré au monde, et les épreuves ne me font pas peur. » Voir sa fille chérie, d'ordinaire si capricieuse, lui parler ainsi a profondément ému mon père aux larmes. Il n'a même pas remarqué le visage sombre de ma mère à côté. « Pas question, Mélissa va vivre dans la misère avec toi. C'est moi qui la prends », a insisté ma mère. Mélissa allait souffrir avec lui, disait-elle... mais moi alors ? Mes deux parents se battaient férocement pour obtenir la garde de ma sœur, comme si j'étais invisible. Finalement, incapable de faire changer ma sœur d'avis, ma mère s'est rabattue sur moi avec dépit. Je suis montée dans la berline de luxe de mon futur beau-père aux côtés de ma mère. Ma sœur, elle, s'éloignait en sautillant, la main serrée dans celle de mon père. Avant de disparaître, elle m'a lancé un regard chargé de mépris et de délectation. Je n'en avais que faire. Pour l'instant, c'était ma mère qui baignait dans l'opulence, tandis que la vie de mon père n'était qu'un champ de ruines. Dans mon ancienne vie, mon père et moi passions nos journées à nous cacher des usuriers. Impossible de me concentrer sur mes cours. Anéanti par son échec professionnel et le départ de sa femme, il avait baissé les bras, passant ses journées à s'enivrer dans un studio crasseux, indifférent à tout. Bien que j'aie été une élève brillante, je n'avais pas eu les moyens de payer mes études supérieures et j'avais dû abandonner le lycée pour nous faire vivre. Nous venions du même ventre, mais ma sœur avait toujours eu plus de chance. Elle était jolie, savait charmer ses parents, et ils la portaient aux nues. Puisque j'étais l'aînée, on exigeait constamment que je m'efface devant elle. Même au moment du divorce, ils ne se disputaient que pour elle. Mais dans cette vie, elle avait choisi papa, lui offrant une belle revanche d'amour-propre sous le nez de maman. Dans la voiture, ma mère s'est mise à me dénigrer sans attendre : « Tu as toujours été quelconque et insignifiante. On va s'installer chez Richard maintenant, alors tâche de ne pas me faire honte. » C'était presque risible : quelle mère osait parler ainsi de sa propre chair ? Peu importait. La voiture a franchi les grilles d'un domaine de villas ultra-sécurisé. Je savais mon beau-père fortuné, mais pas à ce point. Il m'a aussitôt inscrite dans la meilleure institution privée de la ville. Un chauffeur privé assurait mes trajets matin et soir. Pour rattraper le temps perdu de ma vie passée, je me suis jetée à corps perdu dans les études. Je figurais chaque année parmi les trois meilleurs élèves de ma promotion. Ma mère, qui m'ignorait d'ordinaire, se précipitait soudain aux réunions parents-professeurs. Elle savourait les regards jaloux des autres mères et les éloges des enseignants la qualifiant de mère modèle. Comme mon beau-père n'avait pas d'enfants, je m'épanouissais paisiblement dans cette maison. J'ai même commencé à préparer mon départ pour une prestigieuse université à l'étranger. « Une gamine n'a pas à rêver d'aller à l'étranger ! Ne te crois pas tout permis sous prétexte que tu as de bonnes notes ! » a craché ma mère avant même que mon beau-père n'ait pu donner son avis. J'ai compris plus tard qu'on n'a pas besoin de raison pour détester quelqu'un. Même entre une mère et sa fille.

第2章

Mon beau-père n'avait rien à voir avec le monstre colérique, imprévisible et violent que ma mère et ma sœur m'avaient décrit jadis. C'était un homme brillant, fier et doté d'un profond respect de lui-même. Les premières tensions avec ma mère ont éclaté peu de temps après notre emménagement. Ma mère était une coquille vide, belle en surface, sans cervelle à l'intérieur. À vrai dire, elle et mon père biologique s'étaient parfaitement trouvés. Lui, pur héritier gâté, n'avait jamais brillé par son intelligence. Il l'avait épousée uniquement grâce à ses liasses de billets. Tant que mes grands-parents étaient en vie, ils finançaient leur train de vie. À leur mort, mon père s'était fait embarquer dans des investissements foireux par de faux amis, dilapidant en un rien de temps la fortune familiale. Ma mère s'était empressée de trouver une autre proie fortunée avant de divorcer. Mon projet d'études à l'étranger a donc été freiné par son opposition. Mais vu mon dossier, je pouvais intégrer n'importe quelle grande école du pays. « Mélissa est là ! » « Nora, ma mère est là ? » « Elle est partie faire les boutiques, mais ta sœur est en haut en train de réviser. » J'ai entendu les pas de Mélissa résonner dans le couloir. Sans même frapper, elle a poussé la porte de ma chambre. « Léane, pourquoi tu joues la comédie ? Y a personne ici. Tu cherches à impressionner qui avec tes bouquins ? » a-t-elle ricané en m'arrachant mes fiches. Même si elle vivait avec notre père, elle venait ici chaque mois réclamer de l'argent, des bijoux et des fringues de marque à maman. Elle repartait le coffre plein et revenait le mois suivant habillée comme une souillon. Mon père, devenu accro aux jeux d'argent, revendait toutes ces affaires au mont-de-piété pour financer ses délires. Ma mère ne supportait pas de voir sa fille chérie vivre dans la misère. Elle avait même supplié Richard de l'accueillir sous son toit. Il avait accepté, mais mon père avait catégoriquement refusé de la lâcher. Il comptait sur Mélissa pour siphonner les ressources de maman et entretenir son propre train de vie. « À force de trop réviser, tu deviens débile ma pauvre. À quoi ça te sert ? Tu seras jamais aussi jolie que moi, et ni papa ni maman ne peuvent te voir en peinture. » « Cette belle vie dorée, c'est uniquement parce que j'ai bien voulu te la laisser. Profites-en tant que ça dure. » Elle a commencé à fouiller mes tiroirs. Évidemment : dans notre vie antérieure, cette chambre était sa suite de princesse. Elle a retourné chacune de mes affaires. « Tss, tss, tu sais vraiment pas profiter de la vie. C'est quoi tous ces trucs nuls que tu t'achètes ? » « Tu passes juste ton temps le nez plongé dans tes bouquins poussiéreux. » J'ai préféré garder le silence. « Mélissa ? Mon petit trésor, c'est toi ? » J'ai assisté, impassible, à leur numéro de retrouvailles larmoyantes. Ma mère est entrée et a jeté un œil à ma chambre sans dessus dessous. « Tu ne trouveras rien de bien ici, ma chérie. Viens dans mon dressing. Je viens d'acheter de nouvelles tenues, des parures et des sacs. Prends tout ce qui te plaît. » Elle a entraîné ma sœur par le bras, sans m'adresser un seul regard ni un seul mot. Nora est entrée m'apporter un grand verre de jus d'orange frais avant de m'aider à ranger mes affaires. « Je n'ai jamais vu une mère aussi injuste... » a-t-elle murmuré, dépitée. Ça ne m'atteignait plus. Leurs beaux jours étaient comptés.

第3章

Quelques jours plus tard, une violente dispute a éclaté au rez-de-chaussée. « Espèce de garce ! Tu vis à mes crochets et tu te payes des gigolos dehors ! » La voix de Richard a tonné, suivie d'une gifle monumentale. Ma sœur a couru pour s'interposer. Hors de lui, mon beau-père l'a repoussée au sol d'un geste sec. « Et je ne parle même pas de ta précieuse gamine ! On n'avait pas convenu de ne prendre qu'une seule fille à charge ? » « Pourquoi elle débarque ici tous les quatre matins pour vider la moitié de la maison ? » Ma mère a hurlé : « Elle prend mes affaires ! Ça ne te regarde pas ! » « Tes affaires ? Regarde-toi ! Qu'est-ce qui n'a pas été acheté avec mon argent ici ? Je me retrouve à entretenir toute ta clique de parasites ! » « Richard, tu as le culot de dire ça ? Si tu n'étais pas stérile, est-ce que j'aurais besoin d'aller voir ailleurs ? » Cette phrase a achevé de faire perdre tout contrôle à mon beau-père. Fou de rage, il a commencé à jeter les valises et les affaires de ma mère par la porte. Elle a essayé de l'en empêcher, mais il l'a violemment envoyée au tapis à son tour. Personne n'osait intervenir, tandis que ma sœur tremblait, tapie dans un coin. À l'origine, Richard avait épousé ma mère pour sa beauté et l'illusion d'une famille. Après le mariage, il avait investi en moi, voyant mon sérieux, pour faire de moi son héritière. Dans ma vie passée, ma mère avait profité de cette générosité pour flamber son patrimoine sans compter. Ma sœur avait beau être jolie, elle n'avait rien dans le crâne. Leur cupidité et leur stupidité n'avaient aucune limite. Ma mère entretenait un amant, et ma sœur clamait partout que tout ce domaine lui appartiendrait un jour. L'affaire était vite revenue aux oreilles de Richard. Il n'était même pas encore sous terre qu'elles lorgnaient déjà son héritage. Qui aurait toléré ça ? N'ayant aucun lien de sang avec elles, son affection s'était évaporée d'un coup. Il avait alors fait venir son neveu pour lui léguer ses affaires et les avait jetées à la rue. Dans cette vie, ma mère venait de se faire expulser exactement de la même manière. Mais cette fois, Richard ne m'a pas chassée. « Léane, suivre ta folle de mère ne t'apportera rien de bon. Reste ici. » Tous mes efforts n'avaient pas été vains. Mon beau-père savait que j'étais intelligente, ambitieuse et lucide. Je sollicitais toujours son avis avant de prendre la moindre décision importante. Nous avions même discuté en privé de la possibilité que je prenne légalement son nom. Ma mère, uniquement préoccupée par ses séances de shopping, n'avait jamais rien soupçonné. Elle refusait de quitter les lieux, jurant qu'elle préférerait mourir sur place. C'était bien mal connaître Richard. Un homme parti de rien pour bâtir un empire n'a rien à voir avec mon lâche et incompétent de père biologique. Il ne risquait pas de se laisser berner par ses caprices d'enfant gâtée. « Nora, préparez-lui quelques vêtements de rechange dans la chambre », a-t-il ordonné d'une voix glaciale. Il a appelé le service de sécurité de la résidence. En quelques minutes, ma mère et ma sœur ont été escortées et jetées dehors comme des malpropres. En passant devant ma chambre, Richard m'a posé une main rassurante sur l'épaule : « Léane, concentre-toi sur tes cours. Les histoires d'adultes ne te regardent pas. » J'ai hoché la tête. Les imbéciles restent des imbéciles, peu importe le nombre de vies qu'on leur accorde. Mon quotidien n'a pas changé d'un pouce. Au contraire, Richard m'accordait désormais toute sa confiance. Ma mère m'a secrètement harcelée pour que je plaide sa cause auprès de lui. Évidemment, je n'ai pas levé le petit doigt. Elle m'appelait tous les jours pour me cracher les pires insultes au visage. Sylvie l'a entendue une fois au téléphone et s'est demandé tout haut si j'étais vraiment sa fille biologique. Dans ses yeux à elle, seule ma sœur existait. Sans les subsides de maman, la vie de Mélissa est devenue un enfer. Ses notes étaient catastrophiques, et elle détestait les cours. Voyant cela, mon père a cessé de payer sa scolarité. Criblé de dettes, il vivait dans un taudis sordide. Je me préparais d'arrache-pied pour le bac et les concours d'entrée aux grandes écoles. Richard, accaparé par ses affaires, rentrait rarement. Peu de temps après, sur le chemin du lycée, un groupe de racailles m'a barré la route. Ce jour-là, la voiture était au garage pour révision, j'étais donc à pied. À peine sortie de l'enceinte de l'établissement, un gars m'a interpellée : « C'est toi, Léane ? » Avant que je puisse répondre, une main m'a plaqué un chiffon sur la bouche par-derrière. On m'a traînée de force dans un entrepôt désaffecté. Quand on m'a arraché le bandeau des yeux, un coup violent m'a projetée au sol. « Alors ma sœur, on profite bien de son petit château doré ? »

第4章

Mélissa se tenait au-dessus de moi, me toisant avec un dégoût viscéral. Elle m'a asséné une gifle monumentale. « Espèce de traînée ! Je t'ai sous-estimée. Ce vieux débris te traite comme un joyau précieux, il a même osé virer maman, mais toi, tu es toujours affalée dans sa villa ! » « Montre-moi un peu tes tours de passe-passe, ou alors c'est ta sale gueule de sainte-nitouche qui lui plaît tant ? » Elle et maman n'avaient jamais misé que sur leur physique, s'imaginant que le monde entier fonctionnait ainsi ! Elle a sorti un cran d'arrêt de sa poche et s'est mise à le faire tournoyer devant mon visage. À la vue de la lame, les voyous ont commencé à s'agiter. « Rico, calme-la ! On avait dit qu'on lui mettait juste un coup de pression, pas qu'on la tailladait ! » Rico, c'était le mec de ma sœur, un petit malfrat local. Ses acolytes avaient encore une vague notion de ce qui relevait du grand banditisme ; ils ne voulaient pas finir aux assises pour une querelle de famille. Rico lui a fermement retenu le poignet. « Chérie, fais-lui juste peur. Ça reste ta sœur, merde. » « Pff, comme si une chienne pareille méritait ce titre ! » Elle m'a craché en plein visage. Mais elle a fini par ranger le couteau, cédant à son mec. Ils m'ont rouée de coups jusqu'à ce que je ne puisse plus tenir debout, puis ils m'ont abandonnée sur place. Je suis rentrée à la villa en boitant affreusement. Il n'y avait personne hormis Sylvie, qui s'est écriée, paniquée : « Mon Dieu, Léane ! Tu es partie en pleine forme ce matin, qu'est-ce qui t'est arrivé ? » J'étais couverte d'ecchymoses. Elle a nettoyé mes plaies avec une infinie délicatesse. Ce soir-là, Richard est enfin rentré, accompagné de ma mère, vêtue sur son trente-et-un. Ils s'étaient visiblement réconciliés. En voyant mon état lamentable, Richard m'a posé quelques questions avec une réelle inquiétude. Ma mère, en revanche, a ricané avec mépris : « Elle traîne encore avec n'importe qui dehors... Contrairement à ta sœur qui, elle, sait parfaitement se tenir. » Oui, ma sœur m'avait fait passer à tabac l'après-midi même et paradait tranquillement dans le salon le soir venu. « Maman, tu ne veux même pas savoir qui m'a fait ça ? » ai-je demandé d'une voix tremblante de rage. « Qui d'autre que les racailles que tu fréquentes ? Dieu sait quelles crasses tu fabriques dès qu'on a le dos tourné... » « Léane, explique-moi d'où viennent ces blessures », a coupé Richard d'un ton sec, interrompant les calomnies de ma mère. J'ai pointé un doigt accusateur vers ma sœur. « C'est elle. Elle a rameuté une bande de racailles pour m'attendre à la sortie du lycée et me tabasser. » « Mais t'es complètement tarée ! C'est quoi ce délire encore ? » Mélissa a fondu en larmes avec une théâtralité déconcertante, renversant aussitôt les rôles. J'ai sorti la clé USB où j'avais récupéré les enregistrements et j'ai lancé la vidéo sur l'écran du salon. Eh oui : après le passage à tabac, j'étais immédiatement allée récupérer les bandes de vidéosurveillance des caméras de la rue. Ma sœur n'était pas complètement idiote. On ne voyait que sa bande m'embarquer de force devant le lycée et sa silhouette à elle aux abords de l'usine abandonnée. Mais c'était largement suffisant pour reconstituer les faits. Richard n'en croyait pas ses yeux. Il n'arrivait pas à concevoir qu'une fille puisse faire kidnapper et tabasser sa propre sœur. « On appelle la police sur-le-champ. C'est d'une gravité inouïe, ce n'est pas un jeu. » « Qu'est-ce que ça prouve ? Léane, tu es vraiment une sans-cœur ! Je sais que je t'ai délaissée ces derniers temps, mais tu n'as pas besoin de monter un tel coup monté contre ta propre sœur ! » Ma mère a immédiatement retourné la situation pour m'accabler. « Mélissa, tu connais ce type sur la vidéo ? » a demandé Richard. Ma sœur a juré ses grands dieux qu'elle ne faisait que passer par là par hasard et qu'elle n'avait rien à voir avec tout ça. « Maman, il faut que tu me croies... » Jouant la victime persécutée jusqu'au bout, elle s'est précipitée vers moi pour me flanquer une gifle monumentale. Prise au dépourvu, je n'ai pas pu l'esquiver. Et aussitôt après m'avoir frappée, elle s'est effondrée au sol, feignant un évanouissement dramatique. Du début à la fin, c'est elle qui a joué les martyres, alors que c'était moi qui saignais encore. « Bravo, tu as rendu ta sœur malade ! Tu es un monstre de cruauté, Léane. Comment j'ai pu mettre au monde une fille pareille ? » Elle a porté ma sœur dans sa chambre et a exigé un médecin privé en urgence. On m'a laissée seule avec mes ecchymoses, sans un mot de réconfort.

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