Ils voulaient tout me prendre je leur ai laissé ma mort

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现实主义-Realistic重生-Reborn魔幻-Magic

Un cancer en phase terminale. Mon unique chance d'intégrer le protocole de chimiothérapie qui aurait pu me sauver la vie m'a été arrachée par Céline. Elle l'a donnée à Bastien, qui n'en était pourtant qu'au tout début de la maladie. J'ai refusé l'acharnement thérapeutique proposé par le médecin. À la place, j'ai avalé une dose massive d'antidouleur expérimental. Le prix à payer ? Une défaillance générale de mes organes et une mort certaine dans trois jours. Durant ces soixante-douze heures, j'ai tout abandonné. Lorsque j'ai cédé tous les biens et les parts de mon entreprise à Bastien, mes parents ont souri de soulagement. Lorsque Céline m'a tendu les papiers du divorce et que j'ai signé sans broncher, elle a poussé un soupir et a dit que je devenais enfin raisonnable. Lorsque j'ai poussé Inès à appeler Bastien « papa », elle a sauté de joie en criant qu'il était le meilleur. Même au moment où j'ai transféré mes comptes et mes propriétés au nom de Bastien, personne n'a trouvé cela étrange. Ils m'ont simplement regardé avec bienveillance avant de lâcher : « Notre petit Julien a enfin mûri. » Mais au fond, je me pose une question : après ma mort, auront-ils ne serait-ce qu'une pensée pour moi ? *** Sous le regard plein de pitié de mon médecin, j'ai avalé les comprimés. Il me restait trois jours à vivre. Aussitôt après, je me suis rendu dans la chambre d'hôpital de Bastien. Mon père était en train de lui éplucher une orange, tandis que ma mère bavardait tendrement avec lui. Dès que j'ai franchi la porte, leurs sourires se sont évanouis. — Tu as fini de simuler pour venir gâcher le repos de Bastien ? a lancé mon père d'une voix glaciale. Julien, je te préviens, tant qu'on sera là, tu ne lèveras pas le petit doigt sur lui ! — On t'a pourtant élevé dans le respect, a renchéri ma mère en me pointant du doigt. Je ne sais pas où tu as appris à être aussi vicieux. Être jaloux de ton propre frère au point de vouloir lui voler sa place pour le protocole médical... Si j'avais su, je ne t'aurais jamais mis au monde ! Dans l'angle mort de mes parents, Bastien m'a fixé avec un demi-sourire plein de provocation. J'ai baissé les yeux. Ces reproches, je les avais entendus un millier de fois. Autrefois, j'aurais hurlé. J'aurais déchiré son masque de faux martyr devant eux. Même si mes parents n'avaient jamais cru un seul de mes mots. Mais aujourd'hui, j'étais épuisé. Trop las pour me battre. — C'est bien que tu sois là, a repris mon père. J'ai quelque chose à régler avec toi. J'ai esquissé un faible sourire : — Papa, moi aussi j'ai quelque chose à vous dire. Bastien veut mes boutiques et mon entreprise, n'est-ce pas ? J'y ai réfléchi. Il peut tout prendre. Mon père s'est figé. Ma mère m'a dévisagé avec stupeur. — Comment tu sais que je voulais te parler de ça ? Tu... tu acceptes vraiment ? J'ai forcé un rictus. Pas étonnant qu'ils soient surpris. Bastien convoitait mes affaires depuis des années. Mes parents avaient usé de toutes les pressions, douces ou brutales, pour me convaincre de lui céder les fruits de mon travail. Je n'avais jamais cédé. Mais face à la mort, que valent des boutiques et des comptes en banque ? Voyant mon air sérieux, ma mère s'est détendue. Elle s'est approchée et m'a tapoté la tête avec satisfaction : — Tu es enfin raisonnable ! — Bastien a toujours été plus brillant que toi à l'école. Même s'il est malade, il sait bien mieux gérer l'argent. On sera tellement plus tranquilles si c'est lui qui prend les rênes. J'ai gardé le silence et j'ai tendu les actes de cession à Bastien. Dès qu'il a apposé sa signature, mes parents m'ont pris les mains, me répétant en boucle que j'étais un « bon garçon ». Une vague d'amertume m'a submergé. Quelle ironie. Il suffisait que je me dépouille pour Bastien pour que ma mère daigne m'adresser un regard tendre. Je me demandais simplement : quand elle découvrira le vrai visage de Bastien, et quand elle apprendra que je suis mort... Est-ce qu'elle et mon père auront le moindre regret ? ***Le soir même, je suis rentré à la maison. Céline, ma femme, et Inès, notre fille, étaient dans la cuisine. À cause de mon cancer avancé, j'avais à peine la force de pousser la porte. Elle s'est refermée sans un bruit. Elles riaient si fort qu'elles ne m'ont même pas entendu entrer. Céline s'est retournée, un plat fumant entre les mains. Son sourire s'est pétrifié une seconde avant qu'elle ne reprenne contenance : — Julien ? Quand est-ce que tu es rentré ? Je ne t'ai pas entendu. J'ai regardé le plat dans ses mains : une poêlée de légumes aux épices douces. Le plat préféré de Bastien. À en juger par la présentation, cela ressemblait au travail d'un chef. Encore une douce ironie. J'étais sur le point de mourir, et c'est seulement maintenant que je découvrais que Céline, avec qui je vivais depuis cinq ans, savait cuisiner. Auparavant, elle se plaignait sans cesse de ce que je préparais. Et sous son influence, Inès s'était mise, elle aussi, à me mépriser. Je m'étais tué à la tâche pour cette famille. Pour ne récolter aucun respect. Quelques mois plus tôt, j'aurais explosé. Là, je me suis contenté de passer devant elles sans un mot pour m'asseoir sur le canapé et ranger quelques papiers dans ma sacoche. Troublée par mon mutisme, Céline a posé le plat sur la table avant de me rejoindre. — Julien... il faut qu'on parle. Elle s'est mordue la lèvre, l'air embarrassé. Elle a hésité, puis a lâché : — C'est à propos de ton frère, Bastien. Mon cœur s'est serré. Un mauvais pressentiment m'a envahi. Ses mots suivants m'ont littéralement assommé : — Depuis qu'il a commencé sa chimiothérapie, Bastien fait une dépression sévère. Tes parents ont pensé... qu'il faudrait que je l'épouse. Juste pour lui redonner envie de se battre. Mes oreilles se sont mises à siffler. J'ai mis de longues secondes avant de retrouver l'usage de la parole. — Et... tu as accepté ? Céline a soupiré : — Julien, même s'il n'est pas ton frère de sang, tes parents l'ont adopté. Il fait partie de la famille. Et puis, c'est juste temporaire, pour le stimuler ! Dès qu'il sortira de l'hôpital, on se remariera. Je serai toujours ta femme, et la mère d'Inès. Avant que je ne puisse répondre, Inès s'est immiscée : — Maman a raison, papa ! Tonton Bastien est super triste en ce moment. Tu pourrais être un peu compréhensif ! Je les ai regardées, l'une après l'autre. Voici la femme que j'avais aimée de toute mon âme. Voici l'enfant pour laquelle j'avais sacrifié mon sommeil et ma jeunesse. Je n'avais rien à me reprocher. J'avais été un époux dévoué, un père attentif, un fils loyal. Et voilà leur réponse : une trahison absolue. Mais peu importe, désormais. Si Bastien veut tout... qu'il prenne tout. ***Tout. Je ne voulais plus rien garder. J'ai levé les yeux vers Céline : — D'accord. Je signe. Une lueur de surprise a traversé son regard : — C'est vrai ? Sans perdre une seconde, elle a tiré de son sac les papiers du divorce, déjà rédigés. J'ai souri intérieurement, le cœur en miettes. Céline... tu n'as même pas pris la peine de cacher ton empressement. J'ai pris le stylo et j'ai paraphé chaque page d'un geste rapide. En voyant ma signature, son visage s'est détendu, affichant un masque d'affection rassurante : — Julien, dès qu'il ira mieux, on se remet ensemble. Je te le promets, je ne te laisserai pas tomber ! Elle a signé à son tour, puis a ajouté avec un soupir : — Tu vois, quand tu veux, tu es raisonnable. J'ai eu des torts moi aussi par le passé, mais quand tout sera fini, Inès et moi, on reviendra prendre soin de toi. — Oui, papa ! a renchéri Inès comme une grande. Tu es tellement gentil avec tonton Bastien. Je suis fière de toi ! En les observant, mon âme est devenue un champ de ruines. Jusqu'à cet instant, j'avais conservé un minuscule espoir pour elles. Désormais... C'était fini. En dehors de la mort, je n'attendais plus rien de ce monde. Je me suis levé pour rejoindre ma chambre. Un vertige violent m'a frappé de plein fouet. Mes jambes se sont dérobées, et je me suis effondré sur le parquet. Juste avant que mes yeux ne se ferment, j'ai aperçu l'air affolé de Céline. Une sensation de froid glacial m'a tiré de mon inconscience. Quand j'ai rouvert les paupières, j'étais toujours étendu sur le sol. Céline et Inès étaient au-dessus de moi, les bras croisés, le regard empreint d'un mépris agacé. — Maman, je te l'avais dit ! Papa fait encore la comédie ! a lancé Inès. — Julien, tu peux arrêter tes enfantillages ? a soupiré Céline d'un ton exaspéré. Tu nous mets en retard pour aller voir Bastien à l'hôpital. *La comédie ?* Céline a secoué la tête avec déception : — Tu n'as pas honte de faire des scènes pareilles ? Je t'ai dit que je t'aimais encore malgré le divorce. Tu n'as pas besoin de simuler des malaises pour tester mes sentiments ! En l'écoutant, j'ai enfin compris. Le bloqueur de douleur que j'avais pris masquait tous mes symptômes. Pendant trois jours, j'aurais l'air d'un homme en parfaite santé, avec un teint normal et aucune douleur apparente. Mais le revers de la médaille était fatal : à la fin du compte à rebours, mes organes cesseraient brutalement de fonctionner. Ce médicament était redoutablement efficace. ***Je me suis relevé péniblement en époussetant mon pantalon : — Ce n'était qu'une baisse de tension, rien de grave. Je viens avec vous à l'hôpital. Il reste des documents à signer avec Bastien. Céline a hoché la tête, sans la moindre surprise. Mes parents avaient visiblement déjà tout préparé. À l'hôpital, Bastien regardait la télévision dans son lit. — Julien, te voilà ! a-t-il dit. Son visage était pâle, mais son regard débordait d'une arrogance triomphante qu'il peinait à dissimuler. — Merci de me faire confiance pour gérer tes affaires. Promis, je ne te décevrai pas ! — Tu vois, Julien, c'est une excellente décision, est intervenue ma mère en souriant. Bastien va gérer tes commerces et ta boîte. Toi, tu pourras te reposer à la maison et toucher tes rentes tranquillement ! J'ai sorti le reste des dossiers de mon sac : — Dans ce cas, autant lui transférer l'intégralité de mes biens et de mes comptes. Comme ça, je n'aurai plus à m'en soucier du tout. Un silence de plomb s'est abattu sur la chambre. — Julien... tu es sérieux ? Tu lui donnes absolument tout ? a balbutié Céline en m'attrapant le bras. Cette fois, c'était à mon tour d'être déconcerté. Pendant des années, ils avaient systématiquement pris son parti, exigeant que je me sacrifie pour lui à la moindre occasion. Si je refusais, j'étais traité de monstre égoïste. Et maintenant que je leur servais tout sur un plateau d'argent... Ils trouvaient ça suspect ? Mon père a été le premier à reprendre ses esprits, les yeux pétillants de fierté : — Cet enfant a enfin compris la valeur de la famille ! Tu as enfin grandi. Nous n'avons pas fait tous ces sacrifices pour rien ! — C'est merveilleux que tu acceptes enfin ton frère, a ajouté ma mère. Vous allez avancer main dans la main, et nous, nous pourrons vieillir l'esprit tranquille ! L'esprit tranquille ?

Chapters (4)

第1章

Un cancer en phase terminale. Mon unique chance d'intégrer le protocole de chimiothérapie qui aurait pu me sauver la vie m'a été arrachée par Céline. Elle l'a donnée à Bastien, qui n'en était pourtant qu'au tout début de la maladie. J'ai refusé l'acharnement thérapeutique proposé par le médecin. À la place, j'ai avalé une dose massive d'antidouleur expérimental. Le prix à payer ? Une défaillance générale de mes organes et une mort certaine dans trois jours. Durant ces soixante-douze heures, j'ai tout abandonné. Lorsque j'ai cédé tous les biens et les parts de mon entreprise à Bastien, mes parents ont souri de soulagement. Lorsque Céline m'a tendu les papiers du divorce et que j'ai signé sans broncher, elle a poussé un soupir et a dit que je devenais enfin raisonnable. Lorsque j'ai poussé Inès à appeler Bastien « papa », elle a sauté de joie en criant qu'il était le meilleur. Même au moment où j'ai transféré mes comptes et mes propriétés au nom de Bastien, personne n'a trouvé cela étrange. Ils m'ont simplement regardé avec bienveillance avant de lâcher : « Notre petit Julien a enfin mûri. » Mais au fond, je me pose une question : après ma mort, auront-ils ne serait-ce qu'une pensée pour moi ? *** Sous le regard plein de pitié de mon médecin, j'ai avalé les comprimés. Il me restait trois jours à vivre. Aussitôt après, je me suis rendu dans la chambre d'hôpital de Bastien. Mon père était en train de lui éplucher une orange, tandis que ma mère bavardait tendrement avec lui. Dès que j'ai franchi la porte, leurs sourires se sont évanouis. — Tu as fini de simuler pour venir gâcher le repos de Bastien ? a lancé mon père d'une voix glaciale. Julien, je te préviens, tant qu'on sera là, tu ne lèveras pas le petit doigt sur lui ! — On t'a pourtant élevé dans le respect, a renchéri ma mère en me pointant du doigt. Je ne sais pas où tu as appris à être aussi vicieux. Être jaloux de ton propre frère au point de vouloir lui voler sa place pour le protocole médical... Si j'avais su, je ne t'aurais jamais mis au monde ! Dans l'angle mort de mes parents, Bastien m'a fixé avec un demi-sourire plein de provocation. J'ai baissé les yeux. Ces reproches, je les avais entendus un millier de fois. Autrefois, j'aurais hurlé. J'aurais déchiré son masque de faux martyr devant eux. Même si mes parents n'avaient jamais cru un seul de mes mots. Mais aujourd'hui, j'étais épuisé. Trop las pour me battre. — C'est bien que tu sois là, a repris mon père. J'ai quelque chose à régler avec toi. J'ai esquissé un faible sourire : — Papa, moi aussi j'ai quelque chose à vous dire. Bastien veut mes boutiques et mon entreprise, n'est-ce pas ? J'y ai réfléchi. Il peut tout prendre. Mon père s'est figé. Ma mère m'a dévisagé avec stupeur. — Comment tu sais que je voulais te parler de ça ? Tu... tu acceptes vraiment ? J'ai forcé un rictus. Pas étonnant qu'ils soient surpris. Bastien convoitait mes affaires depuis des années. Mes parents avaient usé de toutes les pressions, douces ou brutales, pour me convaincre de lui céder les fruits de mon travail. Je n'avais jamais cédé. Mais face à la mort, que valent des boutiques et des comptes en banque ? Voyant mon air sérieux, ma mère s'est détendue. Elle s'est approchée et m'a tapoté la tête avec satisfaction : — Tu es enfin raisonnable ! — Bastien a toujours été plus brillant que toi à l'école. Même s'il est malade, il sait bien mieux gérer l'argent. On sera tellement plus tranquilles si c'est lui qui prend les rênes. J'ai gardé le silence et j'ai tendu les actes de cession à Bastien. Dès qu'il a apposé sa signature, mes parents m'ont pris les mains, me répétant en boucle que j'étais un « bon garçon ». Une vague d'amertume m'a submergé. Quelle ironie. Il suffisait que je me dépouille pour Bastien pour que ma mère daigne m'adresser un regard tendre. Je me demandais simplement : quand elle découvrira le vrai visage de Bastien, et quand elle apprendra que je suis mort... Est-ce qu'elle et mon père auront le moindre regret ? ***

第2章

Le soir même, je suis rentré à la maison. Céline, ma femme, et Inès, notre fille, étaient dans la cuisine. À cause de mon cancer avancé, j'avais à peine la force de pousser la porte. Elle s'est refermée sans un bruit. Elles riaient si fort qu'elles ne m'ont même pas entendu entrer. Céline s'est retournée, un plat fumant entre les mains. Son sourire s'est pétrifié une seconde avant qu'elle ne reprenne contenance : — Julien ? Quand est-ce que tu es rentré ? Je ne t'ai pas entendu. J'ai regardé le plat dans ses mains : une poêlée de légumes aux épices douces. Le plat préféré de Bastien. À en juger par la présentation, cela ressemblait au travail d'un chef. Encore une douce ironie. J'étais sur le point de mourir, et c'est seulement maintenant que je découvrais que Céline, avec qui je vivais depuis cinq ans, savait cuisiner. Auparavant, elle se plaignait sans cesse de ce que je préparais. Et sous son influence, Inès s'était mise, elle aussi, à me mépriser. Je m'étais tué à la tâche pour cette famille. Pour ne récolter aucun respect. Quelques mois plus tôt, j'aurais explosé. Là, je me suis contenté de passer devant elles sans un mot pour m'asseoir sur le canapé et ranger quelques papiers dans ma sacoche. Troublée par mon mutisme, Céline a posé le plat sur la table avant de me rejoindre. — Julien... il faut qu'on parle. Elle s'est mordue la lèvre, l'air embarrassé. Elle a hésité, puis a lâché : — C'est à propos de ton frère, Bastien. Mon cœur s'est serré. Un mauvais pressentiment m'a envahi. Ses mots suivants m'ont littéralement assommé : — Depuis qu'il a commencé sa chimiothérapie, Bastien fait une dépression sévère. Tes parents ont pensé... qu'il faudrait que je l'épouse. Juste pour lui redonner envie de se battre. Mes oreilles se sont mises à siffler. J'ai mis de longues secondes avant de retrouver l'usage de la parole. — Et... tu as accepté ? Céline a soupiré : — Julien, même s'il n'est pas ton frère de sang, tes parents l'ont adopté. Il fait partie de la famille. Et puis, c'est juste temporaire, pour le stimuler ! Dès qu'il sortira de l'hôpital, on se remariera. Je serai toujours ta femme, et la mère d'Inès. Avant que je ne puisse répondre, Inès s'est immiscée : — Maman a raison, papa ! Tonton Bastien est super triste en ce moment. Tu pourrais être un peu compréhensif ! Je les ai regardées, l'une après l'autre. Voici la femme que j'avais aimée de toute mon âme. Voici l'enfant pour laquelle j'avais sacrifié mon sommeil et ma jeunesse. Je n'avais rien à me reprocher. J'avais été un époux dévoué, un père attentif, un fils loyal. Et voilà leur réponse : une trahison absolue. Mais peu importe, désormais. Si Bastien veut tout... qu'il prenne tout. ***

第3章

Tout. Je ne voulais plus rien garder. J'ai levé les yeux vers Céline : — D'accord. Je signe. Une lueur de surprise a traversé son regard : — C'est vrai ? Sans perdre une seconde, elle a tiré de son sac les papiers du divorce, déjà rédigés. J'ai souri intérieurement, le cœur en miettes. Céline... tu n'as même pas pris la peine de cacher ton empressement. J'ai pris le stylo et j'ai paraphé chaque page d'un geste rapide. En voyant ma signature, son visage s'est détendu, affichant un masque d'affection rassurante : — Julien, dès qu'il ira mieux, on se remet ensemble. Je te le promets, je ne te laisserai pas tomber ! Elle a signé à son tour, puis a ajouté avec un soupir : — Tu vois, quand tu veux, tu es raisonnable. J'ai eu des torts moi aussi par le passé, mais quand tout sera fini, Inès et moi, on reviendra prendre soin de toi. — Oui, papa ! a renchéri Inès comme une grande. Tu es tellement gentil avec tonton Bastien. Je suis fière de toi ! En les observant, mon âme est devenue un champ de ruines. Jusqu'à cet instant, j'avais conservé un minuscule espoir pour elles. Désormais... C'était fini. En dehors de la mort, je n'attendais plus rien de ce monde. Je me suis levé pour rejoindre ma chambre. Un vertige violent m'a frappé de plein fouet. Mes jambes se sont dérobées, et je me suis effondré sur le parquet. Juste avant que mes yeux ne se ferment, j'ai aperçu l'air affolé de Céline. Une sensation de froid glacial m'a tiré de mon inconscience. Quand j'ai rouvert les paupières, j'étais toujours étendu sur le sol. Céline et Inès étaient au-dessus de moi, les bras croisés, le regard empreint d'un mépris agacé. — Maman, je te l'avais dit ! Papa fait encore la comédie ! a lancé Inès. — Julien, tu peux arrêter tes enfantillages ? a soupiré Céline d'un ton exaspéré. Tu nous mets en retard pour aller voir Bastien à l'hôpital. *La comédie ?* Céline a secoué la tête avec déception : — Tu n'as pas honte de faire des scènes pareilles ? Je t'ai dit que je t'aimais encore malgré le divorce. Tu n'as pas besoin de simuler des malaises pour tester mes sentiments ! En l'écoutant, j'ai enfin compris. Le bloqueur de douleur que j'avais pris masquait tous mes symptômes. Pendant trois jours, j'aurais l'air d'un homme en parfaite santé, avec un teint normal et aucune douleur apparente. Mais le revers de la médaille était fatal : à la fin du compte à rebours, mes organes cesseraient brutalement de fonctionner. Ce médicament était redoutablement efficace. ***

第4章

Je me suis relevé péniblement en époussetant mon pantalon : — Ce n'était qu'une baisse de tension, rien de grave. Je viens avec vous à l'hôpital. Il reste des documents à signer avec Bastien. Céline a hoché la tête, sans la moindre surprise. Mes parents avaient visiblement déjà tout préparé. À l'hôpital, Bastien regardait la télévision dans son lit. — Julien, te voilà ! a-t-il dit. Son visage était pâle, mais son regard débordait d'une arrogance triomphante qu'il peinait à dissimuler. — Merci de me faire confiance pour gérer tes affaires. Promis, je ne te décevrai pas ! — Tu vois, Julien, c'est une excellente décision, est intervenue ma mère en souriant. Bastien va gérer tes commerces et ta boîte. Toi, tu pourras te reposer à la maison et toucher tes rentes tranquillement ! J'ai sorti le reste des dossiers de mon sac : — Dans ce cas, autant lui transférer l'intégralité de mes biens et de mes comptes. Comme ça, je n'aurai plus à m'en soucier du tout. Un silence de plomb s'est abattu sur la chambre. — Julien... tu es sérieux ? Tu lui donnes absolument tout ? a balbutié Céline en m'attrapant le bras. Cette fois, c'était à mon tour d'être déconcerté. Pendant des années, ils avaient systématiquement pris son parti, exigeant que je me sacrifie pour lui à la moindre occasion. Si je refusais, j'étais traité de monstre égoïste. Et maintenant que je leur servais tout sur un plateau d'argent... Ils trouvaient ça suspect ? Mon père a été le premier à reprendre ses esprits, les yeux pétillants de fierté : — Cet enfant a enfin compris la valeur de la famille ! Tu as enfin grandi. Nous n'avons pas fait tous ces sacrifices pour rien ! — C'est merveilleux que tu acceptes enfin ton frère, a ajouté ma mère. Vous allez avancer main dans la main, et nous, nous pourrons vieillir l'esprit tranquille ! L'esprit tranquille ?

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