Ils m’ont détruite pour elle, alors j’ai choisi de mourir

NovelMaster Completed
Romance 现实主义-Realistic男频-Male Fiction校园-School重生-Reborn

Sur un yacht de luxe, un ancien parrain de la mafia, fraîchement rangé, épousait la femme de sa vie. Quatre-vingt-dix-neuf autres femmes, de simples sosies de la mariée, étaient traitées comme des jouets et distribuées à ses hommes de main. Seule dans mon coin, rejetée par tous, je frissonnais sur le pont, n'aspirant plus qu'à la mort. J’avais été projetée dans ce monde avec une mission : sauver quatre hommes que l'héroïne de cette histoire avait rendus fous. Mais j’avais échoué. Le Système m’avait promis que si je mourais ici, je pourrais retourner dans mon vrai monde pendant trois jours pour dire adieu à ma grand-mère. Sans une hésitation, je me suis jetée dans l’eau glacée. La délivrance. Enfin. Mais alors que ma conscience s’éteignait, j’ai vu quelqu’un plonger désespérément vers moi... Les invités se pressaient autour de la mariée, leurs rires et leurs félicitations résonnant comme un bruit de fond insupportable. J'ai facilement trouvé un coin sombre à l'écart. Ma jambe cassée me lançait affreusement. Chaque mouvement était un supplice alors que je me hissais par-dessus la rambarde du yacht. Mais qu'importait la douleur, si cela me permettait de revoir Mamie ? Avec un sourire soulagé, j'ai sauté dans le vide. Dans l'étreinte glaciale de l'océan, j'ai repensé à mes quinze années d'existence absurde dans ce monde. On m'avait envoyée ici pour sauver les protagonistes masculins détruits par Victoria. Si je réussissais à en sauver ne serait-ce qu'un seul, j'évitais l'accident de voiture mortel qui m'attendait dans ma vraie vie. Mais j'avais échoué avec les quatre. À chaque fois que Victoria, la chouchoute du destin, réapparaissait, tous mes efforts pour les reconstruire étaient balayés en un instant. L'eau salée a envahi mes poumons. Je pensais enfin toucher au but. Mais soudain, un bras puissant m'a enserrée, me ramenant vers la surface. À travers le voile de l'inconscience, j'ai aperçu son visage déformé par la panique. Puis, le noir complet. Quand je me suis réveillée, ma gorge était en feu. En fixant le plafond blanc et impersonnel, j'ai compris que j'avais raté mon coup. Pourquoi même mourir devait être si difficile ? J'ai tourné la tête et je suis tombée sur un visage d'une beauté renversante. Il avait le regard baissé, l'air totalement absent. On aurait dit une statue de marbre, un dieu grec sorti d'un vieux mythe. C'était Raphaël. L'une de mes cibles. Ce même Raphaël qui m'avait dit un jour : « Sans toi, je serais déjà en enfer. » Comme hypnotisée, j'ai tendu la main pour effleurer le bracelet de perles en bois béni qu'il portait toujours au poignet. C'est moi qui le lui avais offert des années plus tôt. Ses yeux se sont ancrés dans les miens, glacials. « Adèle, tu joues à quoi, encore ? » J'ai retiré ma main d'un coup sec, le cœur serré. Il pensait que j'essayais encore de le manipuler pour mendier son attention. Mais il avait oublié. Il avait oublié qu'il y a quinze ans, c'est Victoria, la femme qu'il aimait éperdument, qui l'avait piégé et avait détruit sa famille. Il avait sombré, abandonné de tous. C'est *moi* qui étais restée à ses côtés, jour et nuit, à encaisser les menaces des créanciers et à l'aider à reconstruire sa vie, brique par brique. Il m'avait serrée dans ses bras en me jurant qu'il ne serait rien sans moi. Aujourd'hui, ses yeux ne reflétaient que du dégoût et du mépris. Tous mes sacrifices ne valaient plus rien. Raphaël a repris d'une voix traînante et glaciale : « Victoria a une santé fragile. » « Elle a été debout toute la journée pour le mariage. Elle ne se sent pas bien et a besoin d'une transfusion. Ton groupe sanguin correspond. » Le médecin à côté a tenté d'intervenir : « Monsieur, Mademoiselle Adèle vient de frôler la noyade, elle est extrêmement faible... » « Elle va très bien. Elle a la peau dure, perdre un peu de sang ne va pas la tuer », l'a coupé Raphaël, impitoyable. « C'est la seule façon pour elle d'être utile à Victoria. Elle devrait s'en estimer heureuse. » Je l'ai fixé, un goût amer dans la bouche. « Si tu l'aimes autant, pourquoi tu n'es pas avec elle ? » « Passer ta vie dans son ombre pendant qu'elle se marie avec Maxime... ça te convient vraiment ? » Le Système m'avait dit qu'il allait sombrer du côté obscur, que je devais le sauver. Mais cette soumission pathétique... en quoi était-ce de la noirceur ? C'était juste ridicule. « Victoria est différente », a-t-il murmuré, ses traits se radoucissant instantanément. « À l'orphelinat, elle a été la seule à m'apporter un peu de chaleur. » « Cette gentillesse-là, je ne l'oublierai jamais. »Encore cette histoire d'orphelinat. Je l'ai regardé, complètement vide. C'est vrai, le Système me l'avait dit : Victoria était l'héroïne de ce monde. Elle partageait un passé d'enfance tragique avec les quatre hommes. Même si elle les avait piégés et brisés plus tard, il lui suffisait de revenir, de verser deux larmes et de murmurer quelques mots doux pour que tout ce que j'avais fait pour eux soit effacé. Après m'avoir prélevé du sang, ma tête a recommencé à tourner. Sur le point de perdre connaissance, une pensée m'a traversée : et si je me laissais aller, cette fois ? Est-ce que je rentrerais enfin à la maison pour voir Mamie ? Mamie, tu me manques tellement... Tard dans la nuit, je me suis réveillée avec un peu plus de force. Foutu corps. Je n'arrivais pas à mourir. Même ça, c'était un parcours du combattant. J'ai observé les lieux. J'étais dans la villa isolée de Raphaël, sur les hauteurs de la côte. Je me suis souvenue des rumeurs : le sentier rocailleux derrière la propriété pullulait de vipères aspic à cette époque de l'année. Sans hésiter, je me suis traînée vers la sortie. Ma jambe cassée me faisait souffrir le martyre, mais je n'ai pas ralenti. Alors qu'une vipère s'apprêtait à m'attaquer dans les broussailles, une main m'a violemment tirée en arrière. « Adèle ! Tu es complètement malade ?! » C'était Raphaël. Encore lui. Il me serrait le bras à m'en briser les os. Son visage oscillait entre une colère noire et une panique que je ne lui avais jamais connue. « Tu cherches à crever, c'est ça ?! » a-t-il hurlé, les yeux injectés de sang. « D'abord tu sautes du yacht, et maintenant tu te jettes sur des serpents ! Tu es prête à tout pour que je te regarde, hein ?! » « Que tu me regardes ? » J'ai dégagé mon bras avec dégoût, un rire nerveux m'échappant de la gorge. « Si je meurs, tu seras débarrassé de moi. Je ne serai plus là pour menacer ta précieuse Victoria. » « Tu devrais sauter de joie ! » Je l'ai poussé pour retourner vers le sentier. La mort. Il fallait que je meure aujourd'hui. Il m'a rattrapée de force, ma peau s'écorchant contre la roche vive. « Arrête de faire ta victime ! » a-t-il pesté en me traînant vers la maison. « Tu vas aller te faire soigner ! » En le voyant me traîner, mes yeux se sont posés sur son poignet. Cela m'a rappelé le médaillon que Mamie m'avait donné. Heureusement que je ne l'avais pas offert à ce lâche à l'époque. Je devais le récupérer avant de partir pour de bon. Profitant d'un moment d'inattention des gardes, je me suis enfuie. Ce médaillon en tissu, Mamie l'avait brodé elle-même. Les fils d'or dessinaient deux oiseaux de paradis, symbole de bonheur et de protection. Elle avait toujours espéré que je trouve un homme bien qui prendrait soin de moi. À une époque, j'avais bêtement pensé que si je réussissais à sauver l'un d'eux, Je lui offrirais ce médaillon pour lui confier mon cœur et la bénédiction de ma grand-mère. Mais aucun d'eux ne le méritait. Je suis retournée chez mon oncle Damien pour récupérer mes affaires. Mais en arrivant, je l'ai trouvé dans le salon, contemplant un portrait de Victoria. Damien, un ancien capitaine d'élite de l'armée, aujourd'hui cloué dans un fauteuil roulant. Il s'était humilié pour protéger Victoria, et elle l'avait trahi, le laissant handicapé à vie. C'est moi qui étais restée, jour après jour, à l'aider pour sa rééducation, à l'encourager à se remettre debout. Je lui faisais à manger tous les jours. Au début, il me détestait. Puis, il s'était mis à me couver, m'interdisant de cuisiner pour prendre lui-même soin de moi. Mais quand Victoria est revenue et a mentionné, l'air de rien, qu'elle était allergique aux poils de chiens, Il n'a pas hésité une seconde. Il a pris le petit chiot qu'on avait adopté ensemble, celui qu'on considérait comme notre bébé, et l'a jeté du haut du balcon de l'immeuble. Ce chiot, c'était pourtant lui qui me l'avait offert. On s'était juré de rester unis. Mais pour un simple caprice de Victoria, il l'avait tué sans un battement de cils. Avant, j'avais peur qu'on m'abandonne. Aujourd'hui, je l'espérais de tout mon cœur. Ignorant mon oncle, je me suis dirigée vers ma chambre. Elle était vide. « Où sont mes affaires ? »J'ai réprimé ma colère en fixant Damien. « Victoria ne voulait pas voir tes affaires ici, alors j'ai tout jeté », a-t-il répondu d'une voix totalement détachée. « Je te trouverai un autre appartement. » Tout jeté. Comme si ce n'était rien. « Comme pour notre chien ? Tu te débarrasses de moi parce que je te dérange ? » ai-je lâché dans un souffle glacial. Au fond, j'avais toujours été celle de trop. « Toi... » Je l'ai coupé, la voix tremblante : « Le reste, je m'en fiche. Mais je veux ma boîte en bois ! » C'est là qu'était le médaillon de Mamie. Mon seul lien avec ma vraie vie. « Pourquoi faire ? » Le visage de Damien s'est durci, ses yeux devenant méfiants et hostiles. Il pensait sûrement que je voulais saboter le mariage de Victoria avec Maxime. « Tu ne l'arriveras jamais à la cheville de Victoria ! » « Maxime ne voudra jamais d'une fille aussi vicieuse et manipulatrice que toi ! » « Je te préviens, je ne te laisserai pas gâcher son mariage ! » Vicieuse ? À ses yeux, seule l'héroïne de ce monde était pure. Pourtant, j'avais parlé de cette boîte à Damien autrefois. Un soir, sous les étoiles, il m'avait dit avec une pointe de jalousie qu'il garderait cette boîte précieusement jusqu'à ce que je trouve l'homme de ma vie. Je lui avais répondu que si cet homme c'était lui, je lui donnerais la boîte. À l'époque, son regard était si tendre. Aujourd'hui, il me crachait ses menaces au visage. « Reste tranquille et ne t'avise pas d'approcher de Victoria ! » « Si tu ne me dis pas où est la boîte, j'ai hâte d'aller raconter à Victoria tout ce que tu penses d'elle ! » ai-je répliqué pour le pousser à bout. Et ça a marché. Damien est entré dans une rage folle. Il a sorti la boîte d'un placard et l'a fracassée au sol. Elle s'est brisée en mille morceaux, révélant le médaillon. Il s'est jeté dessus et l'a déchiré en morceaux sous mes yeux, éparpillant les bouts de tissu sur le tapis. « Adèle, tu es ingrate ! Je vais te donner une bonne leçon aujourd'hui ! » En regardant les restes du médaillon de Mamie, mon cœur s'est brisé. Voilà l'homme dont j'avais pris soin pendant des années. Sa cruauté naturelle n'avait jamais disparu. Tant mieux. C'est exactement ce qu'il me fallait pour en finir et retrouver Mamie. J'ai serré les lambeaux du tissu brodé dans mon poing, j'ai fixé le visage furieux de Damien, et j'ai souri. « On est quittes, maintenant. » Avant qu'il ne comprenne, je me suis jetée en avant, percutant de plein fouet ses jambes encore fragiles. La douleur de ma propre jambe m'a fait chanceler, mais j'y ai mis toutes mes forces. Le choc m'a fait cracher du sang, ma vue s'est brouillée. Je savais que toucher à ses jambes était son point sensible, le traumatisme laissé par Victoria. Je voulais juste qu'il me frappe, qu'il m'achève. Damien est resté pétrifié, choqué par mon geste. Pendant une seconde, j'ai cru voir de la culpabilité et de la détresse dans ses yeux. Mais la colère a vite repris le dessus. « Adèle ! Tu n'as pas réussi à séduire Maxime, alors tu t'en prends à moi ?! Tu n'as donc aucune décence ! » Mes forces m'abandonnaient, mais avant de sombrer, j'ai vu Raphaël passer la porte en courant. Quand je me suis réveillée, j'étais dans un sous-sol sombre et humide. Ce n'était pas la maison de Raphaël. Soudain, Victoria est apparue devant moi, un sourire triomphant aux lèvres. « Adèle, regarde-toi. Même dans cet état, tu refuses de les lâcher ? » Elle me dominait de toute sa hauteur, l'air moqueur. « Tu croyais vraiment qu'une moins que rien comme toi pouvait rivaliser avec moi ? » Avant que je puisse répondre, elle s'est penchée à mon oreille : « Aujourd'hui, je vais te montrer la réalité. » « Tous tes efforts n'ont été qu'une vaste plaisanterie. » « Mais comme je suis gentille, je vais te laisser une dernière chance de jouer. » Je n'ai rien compris à ses délires. Mais des bruits de lutte ont retenti dehors. La porte a été enfoncée et Maxime a hurlé : « Victoria, tu n'as rien ?! »

Chapters (3)

第1章

Sur un yacht de luxe, un ancien parrain de la mafia, fraîchement rangé, épousait la femme de sa vie. Quatre-vingt-dix-neuf autres femmes, de simples sosies de la mariée, étaient traitées comme des jouets et distribuées à ses hommes de main. Seule dans mon coin, rejetée par tous, je frissonnais sur le pont, n'aspirant plus qu'à la mort. J’avais été projetée dans ce monde avec une mission : sauver quatre hommes que l'héroïne de cette histoire avait rendus fous. Mais j’avais échoué. Le Système m’avait promis que si je mourais ici, je pourrais retourner dans mon vrai monde pendant trois jours pour dire adieu à ma grand-mère. Sans une hésitation, je me suis jetée dans l’eau glacée. La délivrance. Enfin. Mais alors que ma conscience s’éteignait, j’ai vu quelqu’un plonger désespérément vers moi... Les invités se pressaient autour de la mariée, leurs rires et leurs félicitations résonnant comme un bruit de fond insupportable. J'ai facilement trouvé un coin sombre à l'écart. Ma jambe cassée me lançait affreusement. Chaque mouvement était un supplice alors que je me hissais par-dessus la rambarde du yacht. Mais qu'importait la douleur, si cela me permettait de revoir Mamie ? Avec un sourire soulagé, j'ai sauté dans le vide. Dans l'étreinte glaciale de l'océan, j'ai repensé à mes quinze années d'existence absurde dans ce monde. On m'avait envoyée ici pour sauver les protagonistes masculins détruits par Victoria. Si je réussissais à en sauver ne serait-ce qu'un seul, j'évitais l'accident de voiture mortel qui m'attendait dans ma vraie vie. Mais j'avais échoué avec les quatre. À chaque fois que Victoria, la chouchoute du destin, réapparaissait, tous mes efforts pour les reconstruire étaient balayés en un instant. L'eau salée a envahi mes poumons. Je pensais enfin toucher au but. Mais soudain, un bras puissant m'a enserrée, me ramenant vers la surface. À travers le voile de l'inconscience, j'ai aperçu son visage déformé par la panique. Puis, le noir complet. Quand je me suis réveillée, ma gorge était en feu. En fixant le plafond blanc et impersonnel, j'ai compris que j'avais raté mon coup. Pourquoi même mourir devait être si difficile ? J'ai tourné la tête et je suis tombée sur un visage d'une beauté renversante. Il avait le regard baissé, l'air totalement absent. On aurait dit une statue de marbre, un dieu grec sorti d'un vieux mythe. C'était Raphaël. L'une de mes cibles. Ce même Raphaël qui m'avait dit un jour : « Sans toi, je serais déjà en enfer. » Comme hypnotisée, j'ai tendu la main pour effleurer le bracelet de perles en bois béni qu'il portait toujours au poignet. C'est moi qui le lui avais offert des années plus tôt. Ses yeux se sont ancrés dans les miens, glacials. « Adèle, tu joues à quoi, encore ? » J'ai retiré ma main d'un coup sec, le cœur serré. Il pensait que j'essayais encore de le manipuler pour mendier son attention. Mais il avait oublié. Il avait oublié qu'il y a quinze ans, c'est Victoria, la femme qu'il aimait éperdument, qui l'avait piégé et avait détruit sa famille. Il avait sombré, abandonné de tous. C'est *moi* qui étais restée à ses côtés, jour et nuit, à encaisser les menaces des créanciers et à l'aider à reconstruire sa vie, brique par brique. Il m'avait serrée dans ses bras en me jurant qu'il ne serait rien sans moi. Aujourd'hui, ses yeux ne reflétaient que du dégoût et du mépris. Tous mes sacrifices ne valaient plus rien. Raphaël a repris d'une voix traînante et glaciale : « Victoria a une santé fragile. » « Elle a été debout toute la journée pour le mariage. Elle ne se sent pas bien et a besoin d'une transfusion. Ton groupe sanguin correspond. » Le médecin à côté a tenté d'intervenir : « Monsieur, Mademoiselle Adèle vient de frôler la noyade, elle est extrêmement faible... » « Elle va très bien. Elle a la peau dure, perdre un peu de sang ne va pas la tuer », l'a coupé Raphaël, impitoyable. « C'est la seule façon pour elle d'être utile à Victoria. Elle devrait s'en estimer heureuse. » Je l'ai fixé, un goût amer dans la bouche. « Si tu l'aimes autant, pourquoi tu n'es pas avec elle ? » « Passer ta vie dans son ombre pendant qu'elle se marie avec Maxime... ça te convient vraiment ? » Le Système m'avait dit qu'il allait sombrer du côté obscur, que je devais le sauver. Mais cette soumission pathétique... en quoi était-ce de la noirceur ? C'était juste ridicule. « Victoria est différente », a-t-il murmuré, ses traits se radoucissant instantanément. « À l'orphelinat, elle a été la seule à m'apporter un peu de chaleur. » « Cette gentillesse-là, je ne l'oublierai jamais. »

第2章

Encore cette histoire d'orphelinat. Je l'ai regardé, complètement vide. C'est vrai, le Système me l'avait dit : Victoria était l'héroïne de ce monde. Elle partageait un passé d'enfance tragique avec les quatre hommes. Même si elle les avait piégés et brisés plus tard, il lui suffisait de revenir, de verser deux larmes et de murmurer quelques mots doux pour que tout ce que j'avais fait pour eux soit effacé. Après m'avoir prélevé du sang, ma tête a recommencé à tourner. Sur le point de perdre connaissance, une pensée m'a traversée : et si je me laissais aller, cette fois ? Est-ce que je rentrerais enfin à la maison pour voir Mamie ? Mamie, tu me manques tellement... Tard dans la nuit, je me suis réveillée avec un peu plus de force. Foutu corps. Je n'arrivais pas à mourir. Même ça, c'était un parcours du combattant. J'ai observé les lieux. J'étais dans la villa isolée de Raphaël, sur les hauteurs de la côte. Je me suis souvenue des rumeurs : le sentier rocailleux derrière la propriété pullulait de vipères aspic à cette époque de l'année. Sans hésiter, je me suis traînée vers la sortie. Ma jambe cassée me faisait souffrir le martyre, mais je n'ai pas ralenti. Alors qu'une vipère s'apprêtait à m'attaquer dans les broussailles, une main m'a violemment tirée en arrière. « Adèle ! Tu es complètement malade ?! » C'était Raphaël. Encore lui. Il me serrait le bras à m'en briser les os. Son visage oscillait entre une colère noire et une panique que je ne lui avais jamais connue. « Tu cherches à crever, c'est ça ?! » a-t-il hurlé, les yeux injectés de sang. « D'abord tu sautes du yacht, et maintenant tu te jettes sur des serpents ! Tu es prête à tout pour que je te regarde, hein ?! » « Que tu me regardes ? » J'ai dégagé mon bras avec dégoût, un rire nerveux m'échappant de la gorge. « Si je meurs, tu seras débarrassé de moi. Je ne serai plus là pour menacer ta précieuse Victoria. » « Tu devrais sauter de joie ! » Je l'ai poussé pour retourner vers le sentier. La mort. Il fallait que je meure aujourd'hui. Il m'a rattrapée de force, ma peau s'écorchant contre la roche vive. « Arrête de faire ta victime ! » a-t-il pesté en me traînant vers la maison. « Tu vas aller te faire soigner ! » En le voyant me traîner, mes yeux se sont posés sur son poignet. Cela m'a rappelé le médaillon que Mamie m'avait donné. Heureusement que je ne l'avais pas offert à ce lâche à l'époque. Je devais le récupérer avant de partir pour de bon. Profitant d'un moment d'inattention des gardes, je me suis enfuie. Ce médaillon en tissu, Mamie l'avait brodé elle-même. Les fils d'or dessinaient deux oiseaux de paradis, symbole de bonheur et de protection. Elle avait toujours espéré que je trouve un homme bien qui prendrait soin de moi. À une époque, j'avais bêtement pensé que si je réussissais à sauver l'un d'eux, Je lui offrirais ce médaillon pour lui confier mon cœur et la bénédiction de ma grand-mère. Mais aucun d'eux ne le méritait. Je suis retournée chez mon oncle Damien pour récupérer mes affaires. Mais en arrivant, je l'ai trouvé dans le salon, contemplant un portrait de Victoria. Damien, un ancien capitaine d'élite de l'armée, aujourd'hui cloué dans un fauteuil roulant. Il s'était humilié pour protéger Victoria, et elle l'avait trahi, le laissant handicapé à vie. C'est moi qui étais restée, jour après jour, à l'aider pour sa rééducation, à l'encourager à se remettre debout. Je lui faisais à manger tous les jours. Au début, il me détestait. Puis, il s'était mis à me couver, m'interdisant de cuisiner pour prendre lui-même soin de moi. Mais quand Victoria est revenue et a mentionné, l'air de rien, qu'elle était allergique aux poils de chiens, Il n'a pas hésité une seconde. Il a pris le petit chiot qu'on avait adopté ensemble, celui qu'on considérait comme notre bébé, et l'a jeté du haut du balcon de l'immeuble. Ce chiot, c'était pourtant lui qui me l'avait offert. On s'était juré de rester unis. Mais pour un simple caprice de Victoria, il l'avait tué sans un battement de cils. Avant, j'avais peur qu'on m'abandonne. Aujourd'hui, je l'espérais de tout mon cœur. Ignorant mon oncle, je me suis dirigée vers ma chambre. Elle était vide. « Où sont mes affaires ? »

第3章

J'ai réprimé ma colère en fixant Damien. « Victoria ne voulait pas voir tes affaires ici, alors j'ai tout jeté », a-t-il répondu d'une voix totalement détachée. « Je te trouverai un autre appartement. » Tout jeté. Comme si ce n'était rien. « Comme pour notre chien ? Tu te débarrasses de moi parce que je te dérange ? » ai-je lâché dans un souffle glacial. Au fond, j'avais toujours été celle de trop. « Toi... » Je l'ai coupé, la voix tremblante : « Le reste, je m'en fiche. Mais je veux ma boîte en bois ! » C'est là qu'était le médaillon de Mamie. Mon seul lien avec ma vraie vie. « Pourquoi faire ? » Le visage de Damien s'est durci, ses yeux devenant méfiants et hostiles. Il pensait sûrement que je voulais saboter le mariage de Victoria avec Maxime. « Tu ne l'arriveras jamais à la cheville de Victoria ! » « Maxime ne voudra jamais d'une fille aussi vicieuse et manipulatrice que toi ! » « Je te préviens, je ne te laisserai pas gâcher son mariage ! » Vicieuse ? À ses yeux, seule l'héroïne de ce monde était pure. Pourtant, j'avais parlé de cette boîte à Damien autrefois. Un soir, sous les étoiles, il m'avait dit avec une pointe de jalousie qu'il garderait cette boîte précieusement jusqu'à ce que je trouve l'homme de ma vie. Je lui avais répondu que si cet homme c'était lui, je lui donnerais la boîte. À l'époque, son regard était si tendre. Aujourd'hui, il me crachait ses menaces au visage. « Reste tranquille et ne t'avise pas d'approcher de Victoria ! » « Si tu ne me dis pas où est la boîte, j'ai hâte d'aller raconter à Victoria tout ce que tu penses d'elle ! » ai-je répliqué pour le pousser à bout. Et ça a marché. Damien est entré dans une rage folle. Il a sorti la boîte d'un placard et l'a fracassée au sol. Elle s'est brisée en mille morceaux, révélant le médaillon. Il s'est jeté dessus et l'a déchiré en morceaux sous mes yeux, éparpillant les bouts de tissu sur le tapis. « Adèle, tu es ingrate ! Je vais te donner une bonne leçon aujourd'hui ! » En regardant les restes du médaillon de Mamie, mon cœur s'est brisé. Voilà l'homme dont j'avais pris soin pendant des années. Sa cruauté naturelle n'avait jamais disparu. Tant mieux. C'est exactement ce qu'il me fallait pour en finir et retrouver Mamie. J'ai serré les lambeaux du tissu brodé dans mon poing, j'ai fixé le visage furieux de Damien, et j'ai souri. « On est quittes, maintenant. » Avant qu'il ne comprenne, je me suis jetée en avant, percutant de plein fouet ses jambes encore fragiles. La douleur de ma propre jambe m'a fait chanceler, mais j'y ai mis toutes mes forces. Le choc m'a fait cracher du sang, ma vue s'est brouillée. Je savais que toucher à ses jambes était son point sensible, le traumatisme laissé par Victoria. Je voulais juste qu'il me frappe, qu'il m'achève. Damien est resté pétrifié, choqué par mon geste. Pendant une seconde, j'ai cru voir de la culpabilité et de la détresse dans ses yeux. Mais la colère a vite repris le dessus. « Adèle ! Tu n'as pas réussi à séduire Maxime, alors tu t'en prends à moi ?! Tu n'as donc aucune décence ! » Mes forces m'abandonnaient, mais avant de sombrer, j'ai vu Raphaël passer la porte en courant. Quand je me suis réveillée, j'étais dans un sous-sol sombre et humide. Ce n'était pas la maison de Raphaël. Soudain, Victoria est apparue devant moi, un sourire triomphant aux lèvres. « Adèle, regarde-toi. Même dans cet état, tu refuses de les lâcher ? » Elle me dominait de toute sa hauteur, l'air moqueur. « Tu croyais vraiment qu'une moins que rien comme toi pouvait rivaliser avec moi ? » Avant que je puisse répondre, elle s'est penchée à mon oreille : « Aujourd'hui, je vais te montrer la réalité. » « Tous tes efforts n'ont été qu'une vaste plaisanterie. » « Mais comme je suis gentille, je vais te laisser une dernière chance de jouer. » Je n'ai rien compris à ses délires. Mais des bruits de lutte ont retenti dehors. La porte a été enfoncée et Maxime a hurlé : « Victoria, tu n'as rien ?! »

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